Jacques Saussey

 

 Jacques Saussey

 

Biographie :


Jacques Saussey est un écrivain et un auteur de romans policiers. Il a commencé à écrire ses premières nouvelles à 27 ans, en 1988. Deux nouvelles ont été primées dans des concours ("Quelques petites taches de sang" en 2002 aux Noires de Pau, et "Alfred Jarry est mort" en 2007) et une éditée en BD ("Le joyau du Pacifique", en 2007).  "La Mante Sauvage" est son premier polar. Son deuxième thriller "De Sinistre Mémoire" est paru en 2010 aux Éditions des Nouveaux Auteurs. Actuellement il travaille comme cadre technique dans une grosse société. Il a pratiqué le tir à l'arc de compétition pendant dix ans, de 1985 à 1995, avec à la clef un titre national individuel en 95 et un par équipe en 92. Il vit dans l’Yonne.

le blog de l'auteur:
http://jacques-saussey.over-blog.com/


Source : www.jacques-saussey-auteur.com

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Muté au pays basque pour insubordination, le commandant Magne s’est aussi éloigné de sa compagne, la lieutenant Lisa Heslin. Alors qu’il noie
son ennui dans une consommation d’alcool au-delàdes limites autorisées, il est par hasard témoin d’un gigantesque attentat en gare de Biarritz. Un wagon entier est soufflé par une explosion, laissant plusieursdizaines de victimes. Lancé à la poursuite d’un suspect, Magne tombe dansun piège et se retrouve kidnappé dans un lieu inconnu. Lisa est alertée et décide de rejoindre Biarritz pour participer à l’enquête.

"Le train roulait de plus en plus vite. II passa sur un aiguillage qui le fit tanguer comme un navire pris dans les vagues d'un chenal agité par le vent. Les yeux écarquillés de Karine s'abaissèrent vers le plancher. Sous le siège 66, la poignée du sac avait basculé en pleine lumière. Elle s'accroupit et le tira vers elle, et ce fut soudain comme si elle avait pu voir au travers du tissu. Comme si cette forme oblongue qui le déformait lui avait murmuré quelques mots funestes à l'oreille. Elle eut juste le temps de prendre une profonde respiration pour pousser un hurlement. Et puis le monde s'éteignit dans un grand éclair blanc." Ne prononcez jamais leurs noms est la sixième enquête du Capitaine Daniel Magne et du Lieutenant Lisa Heslin. Certainement la plus dangereuse...

 

a lire absolument

Ma chronique : 

 

Je découvre Jacques Saussey à travers de ce roman « Ne prononcez jamais leurs noms » j’ai appris qu’il faisait suite à « la Pieuvre » mais cela n’empêche absolument  sa compréhension et sa lecture même si nous retrouvons des personnages récurrents comme celui des deux enquêteurs principaux Daniel Magne et Lisa Heslin. Nous découvrons ici un polar noir qui se trame sur fond d’attentat comme la France à pu en connaître avec Charlie Hebdo, on se souvient de l’attentat terroriste de la gare de Madrid ou encore de la folie meurtrière dont peut faire preuve une seule personne en assassinant des innocents. Très vite on est pris dans les engrenages de l’horreur et page après page, on ne peut plus reposer son livre. L’action se situe au pays basque avec son lourd passé d’indépendantistes qui sera merveilleusement bien exploité comme soutient à l’intrigue. J’ai beaucoup aimé le rythme de cette écriture qui ne perd pas son temps pour ne rien dire, très rapidement on se retrouve dans le grand bain et à nous de ne pas couler sous l’horreur grandissante qui se profile à l’horizon. J’ai aimé le style de l’écriture avec des chapitres où c’est le tueur qui parle, ce sont mes préférés, on sent venir quelque chose d’énorme, rien qu’en lisant ça fait froid ans le dos. Et puis il y les chapitres où Daniel parle et ou je n’ai eu aucun mal à éprouver de l’empathie pour le personnage cabossé mais fort  à ses côtés j’ai souffert, et j’ai vraiment eu peur pour lui. Ceux concernant Lisa  sont très émouvants en tant que femme et que mère, il était facile pour moi de m’identifier à elle, alors autant vous dire que je n’aurai pas été capable de vire le quart du tiers de ce que l’auteur lui fait vivre. Il y a une série de personnages secondaires qui prennent une belle grande place dans l’histoire  Henri l’ancien co-équipier de Magne protecteur vis à vis de Lisa est absolument craquant, j’adore cette figure paternelle qui sait soutenir, encourager et est d’une loyauté à toute épreuve. Le nouveau collègue de Daniel à Hendaye, le capitaine Denis Larralde est un policier fabuleux au fil de l’histoire il prend une place de plus en plus importante et se révèle être quelqu’un de bien ce qui contrebalancera avec un peu de positif toute la noirceur du scénario. De toutes les interactions entre les différents personnages, celles entre le tueur et Daniel Magne m’ont vraiment bluffé. Et puis vers la fin du livre, il y a un évènement qui m’a mis à terre, vraiment un sale moment, un écœurant moment mais qui donne une profondeur et une amplitude de dingue à ce thriller et qui fait que je ne suis pas prête de l’oublier. La fin arrive enfin et j’ai enfin pu reprendre mon souffle. Bonne lecture. 

 

Citation : 

C’est curieux, parfois, lorsqu’une situation dégénère en une urgence extrême, comme la perception du temps peut revêtir une certitude plus que relative. Il s’étire sous nos pas comme un énorme morceau de chewing-gum dans lequel notre corps tout entier serait empêtré, et donnerait aux secondes une durée que l’on ne peut mesurer qu’à l’aune de l’angoisse qui nous étreint. Certains instants filent comme des comètes dans un ciel d’été, d’autres se traînent sur le sol en se décomposant en d’innombrables fragments englués dans le bitume. Une vie entière peut s’écouler ainsi, alors que le monde tournoie dans un maelström duquel nous avons été extraits par la magie d’une espèce d’apesanteur générée par la terreur qui nous broie le cerveau. 

la litote