Je remercie les Editions JC Lattès  ainsi que NetGalley pour ce livre

Karen Dionne 

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Biographie de l'auteur

Karen Dionne a vécu avec son mari et sa fille de six semaines, plusieurs années prés des grands lacs au nord du Michigan, dans une cabane isolée qu’ils ont construits eux-mêmes et s’inspire de cette expérience proche de la nature dans son roman.

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Présentation de l'éditeur

Enfin, Helena a la vie qu’elle mérite  ! Un mari aimant, deux ravissantes petites filles, un travail qui occupe ses journées. Mais quand un détenu s’évade d’une prison de sa région, elle mesure son erreur  : comment a-t-elle pu croire qu’elle pourrait tirer un trait sur son douloureux passé  ?
Car Helena a un secret  : elle est l’enfant du viol. Sa mère, kidnappée adolescente, a été retenue prisonnière dans une cabane cachée au fond des marais du Michigan, sans électricité, sans chauffage, sans eau courante. Née deux ans plus tard, Helena aimait cette enfance de sauvageonne. Et même si son père était parfois brutal, elle l’aimait aussi… jusqu’à ce qu’elle découvre toute sa cruauté.
Vingt ans après, elle a enfoui ses souvenirs si profondément que même son mari ignore la vérité. Mais aujourd’hui son père a tué deux gardiens de prison et s’est volatilisé dans les marais, une zone qu’il connaît mieux que personne. Malgré la chasse à l’homme lancée par les autorités, Helena sait que la police n’a aucune chance de l’arrêter. Parce qu’elle a été son élève, la seule personne capable de retrouver cet expert en survie, que la presse a surnommé Le Roi des Marais, c'est sa fille.

Traduit de l’anglais par Dominique Defert
Ma chronique : 

Quel livre fabuleux, à certain moment j’étais entre l’enfant sauvage de Truffaut et Nell de Michael Apted. J’ai ressenti un grand sentiment d’isolement au fil des pages, être ainsi coupée du monde extérieur, vivre dans cette cabane rendrait n’importe qui claustrophobe. Nous savons tous combien sont importantes nos premières années, c’est un peu la clé de voute de notre personnalité, nous nous construisons petit à petit grâce à nos rencontres, famille, amis, école si cette base de construction n’existe pas ou bien est réduite à son minimum comment faire pour combler les écarts et boucher les fissures ? Comment Helena pourra-telle y parvenir ?

Peu de liens avec l’extérieur, uniquement un tas de vieilles revues du National Geographic que la jeune fille garde comme un trésor, de temps en temps un avion qui passe dans le ciel. Il est fait référence à la tribu des yanomamis à laquelle Helena peu facilement s’identifier et qui n’ont aucun contact avec le monde extérieur et vivent dans les profondeurs de la forêt amazonienne, le parallèle entre sa situation et la leur est vite fait, sans parler de leur tatouage ou de leur coutume pour prendre femme.

L’intrigue est vraiment passionnante et très bien traitée. Karen Dionne m’a fait voyager dans le marais de la péninsule supérieure du Michigan avec la magie poétique des mots mais aussi ses fabuleuses descriptions.  Les nombreux détails sur la faune et la flore du marais m’ont permis de me projeter et d’être en parfaite empathie avec Helena. Il ne fait aucun doute qu’Helena aime son père même dans les moments les plus durs. Elle ne connait par d’autre façon de vivre que celle du marais sous la férule de son père. Le personnage du père omnipotent est complexe et très intéressant et même s’il apparaît comme un psychopathe narcissique, la façon dont Karen Dionne le construit nous donne à voir des éclats d’amour pour sa fille. L’auteur fait un superbe travail d’équilibriste entre les relations père-fille, mère –fille. Un excellent thriller psychologique qui fait froid dans le dos et dont on ne peut s’arrêter de lire une fois la première ligne commencée. Bonne lecture.

Citation : 
Je pourrais vous dire que j’avais douze ans et ma mère vingt-huit quand on a échappé à son ravisseur, que j’ai passé ces années à vivre, comme le dit la presse, au secret d’une ferme délabrée au milieu des marais dans la péninsule supérieure du Michigan. J’ai appris à lire grâce à une collection de National Geographic des années 1950 et à un vieux recueil de poèmes de Robert Frost aux pages jaunies, je ne suis jamais allée à l’école, je n’ai jamais fait de bicyclette, je n’ai connu ni l’électricité ni l’eau courante. Les seules personnes à qui j’ai parlé pendant cette période ont été ma mère et mon père. J’ignorais qu’on était captives jusqu’à ce que je découvre la liberté.

JC Lattès

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