Je remercie les Editions Gallmeister pour cette nouvelle lecture.

JON BASSOFF 

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Biographie de l'auteur

JON BASSOFF est né en 1974 à New York. Prof d’anglais dans un établissement où il est connu comme “l’écrivain dérangé”, il vit aujourd’hui dans le Colorado avec sa femme et ses deux enfants. Son deuxième roman, Les Incurables sort en France en 2018.

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Présentation de l'éditeur

Un vétéran d’Irak au visage mutilé tombe en panne au milieu de nulle part et se dirige droit vers le premier bar. Peu après, un homme entre avec une femme, puis la passe à tabac. L’ancien soldat défiguré s’interpose, et ils repartent ensemble, elle et lui. C’était son idée, à elle. Comme de confier ensuite au vétéran le montant de l’assurance-vie de son mari qui la bat. Ce qu’elle n’avait pas réalisé, c’était qu’à partir de là, elle était déjà morte.
Ma chronique : 


Ce n'est pas tous les jours que l’on peut lire un roman noir  "psycho". Avec corrosion, j’ai enfin compris ce cela pouvait être. C’est bien plus que seulement bon c’est décapant et torride, il y a de la perversité et c’est dérangeant, c’est sombre et beau à la fois bref cela ne m’a pas laissée indifférente. Une rencontre avec une femme va le faire pencher définitivement du côté obscur en passant par la violence extrême et  la dépravation absolue. Jon Bassoff nous emporte dans un sombre duel entre Joseph Downs, vétéran de la guère d’Irak, défiguré et incontestablement perturbé pour ensuite  se concentrer sur la fragilité de la psyché de Joseph après avoir été trahi et en seconde partie on découvre l’histoire de Benton Faulks un adolescent solitaire et brisé par la mort de sa mère et la folie de son père. On verra aussi ce que peut devenir une obsession pour une femme plus âgée lorsqu’elle n’est pas payée en retour. La terrible et lente descente aux enfers de Benton  dans une sorte de folie qui nous ferait presque penser que son père est sain d’esprit atteint un pic lorsque Benton se met à réaliser ses fantasmes de soldat super-héros et à ce moment là c’est vraiment horrible. Il ne faudrait pas oublier non plus le rôle du prédicateur masqué au terrible secret.

J’ai adoré le moment où j’ai pris conscience de la connexion entre les deux récits. C’est vraiment quelque chose qui me fascine, cette ingéniosité de l’auteur, la manière dont il s’y prend pour jouer avec ses personnages et relier petit à petit les fils entre eux pour tisser un motif qui tournerait sur lui-même.

C’est la première fois que je lis un livre aussi noir et perturbant, il m’a fallu un certain temps pour entrer dedans et m’habituer à l’étrangeté de la situation mais une fois que j’y suis arrivée, je n’ai pas pu m’arrêter de lire la suite. C’est ce qui explique qu’il m’a fallu quelques jours de pause avant d’écrire cette chronique, un temps de digestion nécessaire. Bonne lecture.

 

Citation : 

Et le garçon, huit ans, peut-être neuf, des épis dans les cheveux, souriant maladroitement, loin d’imaginer le futur, loin d’imaginer la mort et le désespoir qui l’entoureraient pour le restant de ses jours, loin d’imaginer la maladie qui allait détruire sa mère, la corrosion de son corps, la corrosion de l’esprit de son père, la corrosion de son âme à lui.


C'est bon de pouvoir parler.
Ca aide à exorciser ses démons, tu vois? Si tu gardes tout à l'intérieur... 
Bref, on se retrouve le mercredi soir à 7 heures.
A l'Américan Légion. Comme je vois les choses, personne peut comprendre un soldat comme un soldat.


 Le dernier jour d’un chrétien est, mes amis, son plus beau jour, un jour de triomphe et d’exaltation, un jour de liberté et de consolation, un jour de repos et de satisfaction ! Et, inclinant la tête, baissant la voix, le Pasteur dit : Et maintenant, prions.

Et j’inclinai la tête, tout comme les autres, mais je ne priai pas même une seconde. Au lieu de quoi, je pensais à quel point tout ça était un ramassis de conneries, jusqu’au dernier mot...

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