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Je remercie les Editions Les Arènes pour l'envoi de cette nouvelle lecture.

Sylvain Kermici

 

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Présentation de l'éditeur : 

Un huis clos tragique entre bourreaux et victime. Chacun finit par vaciller. 

Relecture viscérale et pessimiste du thème. O combien classique dans la littérature noire du sérial Killer? Ce roman dense et fort est un huis clos dont personne ne sort vainqueur. 

Dans la première partie, le lecteur est placé du côté de la victime. Dans la deuxième il voit le monde par les yeux des bourreaux. Les deux sont glaçantes. Ces bourreaux ne sont même pas des monstres, juste des âmes errantes enfermées dans leur gestes et leurs rituels. Victimes de leurs pulsions sans jamais parvenir à les assouvir. 

Kermici écrit comme un cœur bat, comme un boxeur frappe : avec la régularité inexorable de la détermination. 

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Ma chronique : 

 

Je n’ai jamais lu un livre comme celui-ci, il faut avoir le cœur bien accroché, je n’en reviens toujours pas de cette noirceur, de cette violence et de ce désespoir. Dans ce livre assez court 170 pages seulement, nous allons vivre un huis-clos entre une victime et ses deux bourreaux. Une première partie est vue du point de vue de la victime et une seconde partie est celle du bourreau soumis au bourreau dominant et enfin nous auront les pensées du bourreau dominant comme si on était dans sa tête.  L’auteur a un talent incroyable pour nous faire toucher du doigt l’inhumanité de certains hommes mais lire ce qui arrive à la famille de la victime à son mari, à son bébé et dans une moindre mesure mais tout aussi horrible aux chiens des bourreaux est une horreur absolue.

Je n’étais pas préparée à une telle lecture  mais, comment aurais-je pu m’y préparer. Cela m’a rappelé le côté sombre de ce que l’on appelle la dark romance mais en bien pire, dans dark romance, il y a romance hors ce n’est pas le cas ici, rien pour rattraper le lecteur qui tombe au fond de l’abîme. Il y est question de sexe, de défoulement, d’esclavage, de domination.  Bienvenue en enfer. J’étais aussi pas mal déstabilisée de ne pas pouvoir situer l’action, dans quel pays ? Il est fait mention de tapas, du coup je suis partie sur un pays d’Amérique du Sud, un pays sans foi ni loi.  A qui a-t-on affaire ? Les bourreaux sont nommés « le barbu » et « l’asiatique » quand à la victime elle n’a pas de prénom (si ce n’est le titre pour nous aiguiller) on l’appelle la proie, la victime. Le fait de ne pouvoir les nommer cela fait qu’ils n’ont plus de personnalités, qu’ils ne sont plus humains. Aucune identification possible pour moi à aucun des personnages même à celui de la victime.

 On a vraiment le sentiment d’un no mans land, une terre brûlée où la loi des hommes ne s’exerce plus.  Un livre étrange comme tiré d’une œuvre plus importante  que nous ne lirons jamais et du coup on ne sait rien de ce qui été avant et de ce qui sera après. Une réelle qualité d’écriture qui en fait une histoire courte mais d’une intensité incroyable à découvrir sans nul doute. Bonne lecture.

 

Citation : 

 

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Il essaie de se souvenir des jours précédents, des autres proies, de leurs visages vidés par l’imminence de la mort, de leur odeur, leur odeur de lait et de méthane, de leur tétanie. Rien n’émerge. Jamais. Et c’est bien pourquoi il va recommencer...

 

 

 

 

 

les arènes

 

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