Je remercie les  Editions Gallmeister  pour l'envoi de ce nouveau titre.

 Jake Hinson

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Biographie de l'auteur

Jake Hinkson est originaire de l'Arkansas. Né en 1975, ce fils de prêcheur baptiste découvre en cachette à quatorze ans le roman policier. Les deux obsessions de ses jeunes années ― la religion et le crime ― l'habitent encore aujourd'hui. Il vit à Chicago, où il passe le plus clair de son temps à écrire et à fréquenter les salles de cinéma.

 

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Présentation de l'éditeur

Billie Dixon sillonne les coins les plus reculés du Midwest des années 1940, où elle tente de vendre des films de seconde zone aux salles de cinéma locales. Il faut bien vivre. Jusqu'à ce que dans un bled paumé de l'Arkansas, un prédicateur fanatique s'en prenne à elle, bien décidé à bouter hors de la ville tout ce qui ressemble à du cinéma. Billie aimerait le convaincre de changer d'avis, mais les choses se compliquent lorsqu'elle commence à se sentir attirée par Amberly, l'épouse du pasteur. Un désir qui va la conduire à s'emmêler dans un filet de mensonges et de supercheries, jusqu'à l'inévitable point de non-retour.

 

Ma chronnique :

Le travail de Billie Dixon est d’essayer de vendre des films de secondes zones dans les petits cinémas des localités du Midwest qu’elle traverse au cours de sa tournée. Elle ne s’attendait pas à rencontrer l’animosité d’un prêcheur fanatique en arrivant  chez les  culs terreux de  l’Arkansas. Pourtant sa rencontre avec la femme du dit pasteur va se révéler dévastatrice, l’attirance est instantanée et semble réciproque. Tous les éléments sont là  pour que ce polar chaud et un rien pervers ne face qu’une bouchée de nous. Traiter de l’homosexualité au féminin n’est pas si courant mais la placer dans une communauté religieuse et conservatrice est un coup de maître. Le personnage de Billie est quasi héroïque, elle reste fidèle à ce qu’elle est une femme aimant les femmes et une briseuse de cœur.  Deux des personnages secondaires  m’ont  beaucoup plu, il s’agit du shérif Eustace et de sa sœur Lucy, ce duo improbable était le petit plus  de ce polar, la construction de leur relation avec Billie est très bien amenée. J’ai trouvé l’atmosphère des années 1947 tellement bien rendue que je me suis demandée si l’auteur ne les avaient pas vécues mais pas du tout, né en 1975 ce roman écrit en 2015 nous donne un parfait aperçu de ce que peut être la vie dans une petite communauté où la religion  a une grande importance. On conçoit aisément le calvaire que peut endurer la  jeune femme du prédicateur Amberly à jamais coincé dans un rôle de faux semblant que j’imagine être invivable.

J’ai aimé les deux première parties du livre qui nous emportent  sur les chapeaux de roues mais le ralentissement de la troisième partie m’a laissé au bord de la route, quel intérêt à poursuivre puisque l’on pressent ce que sera la fin. Mêler ainsi religion et crime est une recette parfaite pour une tragédie magnifiquement retranscrite. Bonne lecture.

Citation :

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Dans cette ville, le moindre employé jusqu'au plus petit , le moindre figurant se voit comme un tombeur parce qu'il peut s'offrir sa part de chatte d'actrice en herbe. Les rêves vont mourir sur le canapé des castings, mais que peuvent-elles faire, ces filles, à part se mettre à genoux ou rentrer dans l'Arkansas? Pas une seule jolie fille ne s'est jamais pointée à Hollywood en priant pour finir avec la queue de Bob Hope dans la bouche, mais nombre d'entre elles ont connu ce destin là.


Je me souviens de m’être dit ce matin-là, en quittant Kansas City, que mon boulot – ma vie, en fait – ne pouvait guère être pire. Quand j’y repense maintenant, ça me fait rire. Ça me fait vraiment rire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

gallmeister

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