Je remercie les Editions Héloïse d'Ormesson pour l'envoi de cette nouvelle lecture.

Pierre Pelot

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Un mot de l'auteur

Né en 1945, Pierre Pelot a signé plus d'une centaine de livres, du polar à la SF, en passant par la BD. Il est l'auteur notamment de L'Été en pente douceC'est ainsi que les hommes vivent (prix Erckmann-Chatrian), Méchamment dimanche (prix Marcel Pagnol), L'Ombre des voyageuses et Maria. Son dernier roman, Debout dans le tonnerre, a paru aux Eho en 2017.

 

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Présentation de l'éditeur

À travers l'histoire intimement liée des hommes et de leur vallée, Braves gens du Purgatoire nous entraîne dans le sillage d'une enquête envoûtante sur plusieurs époques. Portrait brut et foisonnant d'une ruralité, ce roman fresque offre un tribut vibrant à ces petites histoires qui peuplent les régions loin du bruit et des lumières. 
Balloté entre colère et compassion, le lecteur chancelant est comblé par ce voyage dans les mots d'un géant méconnu.

À Purgatoire, petit village au creux des sommets charnières entre Lorraine, Alsace, territoire de Belfort et Franche-Comté, Maxime Bansher et sa compagne sont retrouvés morts un matin. Si la thèse officielle est celle du suicide, les proches du couple peinent à y croire. Lorena, leur petite-fille, s'interroge et espère trouver des réponses auprès de celui qu'elle appelle " oncle Simon ". Ce dernier, un marginal vivant reclus dans une maison isolée, accepte de livrer à la jeune femme la mémoire de la famille. Elle embarque alors sur les chemins sinueux de la mémoire et les secrets enfouis du voisinage. Car à Purgatoire tout est affaire de colère et de vengeance. Mais encore faut-il en déterminer l'origine et dénouer les fils mêlés depuis des générations.

 

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Ma chronique :

Un retour dans le passé de tout un village afin de mieux comprendre le drame qui vient de s’y dérouler. Lorena apprend que son grand-père Maxime vient d’assassiner sa femme avant de mettre fin à ses jours, cela elle ne peut y croire pas plus que son père Adelin. Pourtant c’est la thèse officielle et aucune enquête ne sera menée au-delà des apparences aussi, elle décide de chercher à comprendre avec l’aide du vieux Simon. Pour nous Pierre Pelot fait parler « l’oncle Simon » l’écrivain qui a conservé la mémoire du village et de ses fondateurs. Un roman rural fort et taiseux dont on suit la piste sinueuse auprès de Lorena. C’est un peu comme remonter un arbre généalogique, aller de branche en branche et s’accrocher à l’écorce pour arriver à comprendre l’étendue et la singularité de la famille Bansher. Même si le rythme est lent, les événements s’enchainent et ne nous laisse pas indifférents car mettre en lumière les zones sombres du passé est tout un art que maitrise fort  bien l’auteur. Sa façon de décrire l’environnement est majestueuse, j’ai adoré découvrir la région en suivant le vélo de Zébulon ou en marchant aux côtés de la jument de Lorena. J’étais aussi rendu à espérer une belle histoire d’amour pour la dernière génération, tout autant j’ai apprécié découvrir les turpitudes de la famille Bansher.

Si j’en ai aimé le contenu je ne peux pas en dire autant de la forme, c’est un style particulier qui n’est pas des plus aisés à lire. J’ai eu très peur aux toutes premières pages alors que les phrases semblent ne jamais vouloir finir, tant les digressions sont nombreuses. Je me suis retrouvé plus d’une fois complètement perdue dans ma lecture à ne pas savoir de qui on parlait, à remettre en question ma faculté de compréhension. Pourtant j’ai persévéré parce que je voulais vraiment comprendre la mort des grands-parents de Lorena. J’ai bien fait parce que j’ai su apprivoiser au fur des phrases ce style incroyable d’où une poésie s’échappe et vient nous prendre comme par surprise. Au final ce fut une très belle lecture, une belle découverte et un roman noir familial que je n’oublierai pas tant il est riche de tout le cœur qui a mis son auteur. Bonne lecture.

Citation : 

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Et puis alors ? Vingt-quatre ans et moi trois fois cet âge, et la fille de mon sang, quelque part pas si loin entre les berges de la lignée- et puis alors? Tes yeux sombres qui s’allument aussi facilement qu’ils se glacent, et s’éteignent. Des yeux d’anges et de teigne. Je crois bien que ce sang qui nous lie a imprimé dans nos chairs les marques profondes de ses entraves.                                                                                   

 

 

 

 

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