Je remercie les Editions  Rivages/Noir pour l'envoi de ce nouveau titre.

 Pascal Dessaint

 

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Biographie de l'auteur

Pascal Dessaint partage sa vie entre le nord de la France où il est né en 1964 et Toulouse où il vit aujourd'hui, deux univers qui nourrissent son inspiration. Ses romans ont été récompensés par plusieurs prix importants dont le Grand Prix de littérature policière (Du bruit sous le silence), le Grand Prix du roman noir français de Cognac (Loin des humains) et le Prix Mystère de la critique qu'il a reçu deux fois (Bouche d'ombre et Cruelles natures). Sensible aux questions environnementales, marcheur et militant dans l'âme, Pascal Dessaint décrit depuis Mourir n'est peut-être pas la pire des choses (2003) les rapports complexes et parfois ambigus entre l'Homme et la Nature.

 

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Présentation de l'éditeur

Entre Gravelines et Calais, dans un espace resté sauvage en dépit de la présence industrielle, trois personnages sont réunis par les circonstances : Anatole, le retraité qui rêve d'une chasse mythique, Lucille, l'institutrice qui s'est dévouée pour les migrants de la jungle et se retrouve désabusée depuis le démantèlement, et Loïk, être imprévisible mais déterminé, qui n'a pas toujours été du bon côté de la loi, peut-être parce que dans son ascenseur social, il n'y avait qu'un bouton pour le sous-sol. Laissés pour compte ? Pas tout à fait. En marge ? C'est sûr. En tout cas, trop cabossés pour éviter le drame. Pascal Dessaint nous ramène dans le Nord avec ce trio de personnages qui aiment Jean Gabin, mais qu'on verrait bien chez Bruno Dumont. Il signe un roman noir où la violence n'exclut pas la tendresse.

 

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Ma chronique :

 

 J’ai bien failli passer à côté de ce livre, cela aurait-été dommage car je viens de découvrir un auteur que je ne connaissais pas et dont le style et la narration m’ont enchanté. Dans ce roman noir nous faisons la connaissance de trois marginaux, trois personnages, de trois destinées et d’une rencontre qui tissera des liens tant dans l’adversité que dans l’amitié naissante. Anatole est retraité, il vit sur un petit terrain en bord de mer dans son mobil home et loue une caravane à Lucille et une baraque à frite transformée en habitat à Loïk. Lucille institutrice, c’était investi dans l’aide aux migrants et en ressort profondément blasée pour ne pas dire blessée. Loïk arrive un beau matin avec un lourd passé de criminel derrière lui  et un caractère imprévisible. Ces trois là se sont bien trouvés, ils auront des choses à vivre ensemble et c’est ce que nous conte l’auteur avec un savoir écrire sur la dure réalité de la jungle de calais et de son démantèlement tout en subtilité. Il conserve des trésors de tendresse et de réminiscences partagées au sujet du grand Gabin et de ses réparties cinématographiques qui viennent ponctuer et alléger le récit. L’ambiance ainsi crée est à la fois triste et réaliste mais les personnages arrivent à nous faire voir les choses de leur point de vue et l’on en retire une douce chaleur humaine. Il y a de superbes scènes de nature sur les plages entre Gravelines et Calais, de belles descriptions de la faune et de la flore. Quand au blockhaus de la seconde guerre mondiale, il abrite encore leur lot de mystère et de secret. Avec ce livre j’ai ressenti ce que cela pouvait être de vivre dans l’instant présent, en partant à la chasse où à la pèche pour se nourrir. Vivre petitement certes, retrouver des valeurs d’écoute, de non jugement et de partage entre humains et voir aussi de quelle façon les choses peuvent mal tourner, un livre riche d’enseignement. Bonne lecture.

 

Citation : 

 

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Après un silence à nous jauger, avec un sérieux exagéré, il ajoutait pour conclure, et là-dessus il irait se coucher:
- Quand un gars récidive, c'est pas qu'il est plus con qu'un autre. C'est seulement qu'il est con plus souvent. Nuance.


 

Anatole aurait fait confiance à un pitbull. Il me dirait un peu plus tard: « La vie m’a appris qu’il ne peut y avoir toutes les qualités en une seule personne, ni tous les défauts. » Ça rendait charitable.

 

 

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