Je remercie les Editions Taurnada pour l'envoi de cette nouvelle lecture.

 

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 Tito Desforges

 

Biographie de l'auteur

Tito Desforges, après une vie de bourlingue à travers le monde et les mots, amoureux du verbe, signe aujourd'hui avec brio un thriller sous haute tension.

 

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Présentation de l'éditeur

Mac Murphy est un soldat d'élite. Mac Murphy est fort. Mac Murphy est dur. Mac Murphy est fou. Mac Murphy trimbale dans sa tête une épouvantable machine à brouillard qui engloutit ses souvenirs, sa raison et l'essentiel de son âme, morceau après morceau. Quand les habitants de Grosvenore-Mine, ce village perdu dans les profondeurs de l'Australie, se hasardent à enlever la fille de Mac Murphy, ils ne savent pas à quel point c'est une mauvaise idée. Une époustouflante plongée dans l'amour d'un père pour sa fille et dans les tréfonds de la démence d'un homme. Inlâchable. Attention : cauchemar.

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Ma chronique : 

 

Entrer dans la folie d’un homme, celle de Mac Murphy ancien soldat d’élite. Suivre le parcours atypique de ce baroudeur qui finit par péter les plombs lorsque les habitants de Grovesnore-Mine, Australie kidnappe se fille Louise. C’est ce que nous propose l’auteur,  un homme prêt à tout pour sa fille même le pire. Dès le départ on sait que le personnage principal est aujourd’hui un patient traité et médicamenté dans un Centre de [confidentiel défense] qui fait  penser à un hôpital psychiatrique, par le Docteur Zimmers et son assistant. La narration se veut comme un journal de bord raconté par le patient  avec questions- réponses retranscrites par l’assistant du Docteur Zimmers. Ainsi va nous être dévoilé la vie de cet homme, son passé professionnel, sa vie familiale et l’on va comprendre ce titre mystérieux de «  la machine à brouillard ». Ce père qui perd la mémoire se focalise et met ses dernières forces dans sa volonté de sauver sa fille, on sent l’amour inconditionnel qu’il lui porte et l’on voit venir la catastrophe annoncé de la démence qu’elle porte le nom d’Alzheimer ou de sénilité , le résultat est le même. Mais Mac Murphy n’est pas un patient comme  les autres et les stratégies qu’il a mises en place pour lutter contre cette dégénérescence sont étonnantes. Pour apprécier  pleinement l’intrigue imaginée par l’auteur, il faut à mon sens avoir vu le film «  Vol au dessus d’un nid de coucou » car nombreuses sont les références qui permettent de mieux comprendre ce qui se joue. Lorsque Mac Murphy commence à ne plus parler correctement et s’embrouille dans son vocabulaire, les mots vides de sens sont encore plus poignants et viennent toucher le lecteur. Heureusement qu’il y a de l’humour qui vient alléger le récit. On ne ressort pas indemne de thriller qui parle de la perte  de mémoire, perte de repère, perte de tout ce qui fait que l’on est soit. Effrayant et déstabilisant, challenge réussi. Bonne lecture.

  

 

Citations : 

 

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C’est à ce moment-là que j’entendis, à l’extérieur, un rire que j’aurais reconnu entre mille, celui de Louise. Une voix masculine que j’identifiai comme étant celle du rouquin dit quelque chose que je ne compris pas. Louise éclata de nouveau de rire.
Je sentis la machine à brouillard redémarrer. J’eus l’impression de l’entendre, une brève toux électrique, comme un raclement de gorge, puis un ronronnement régulier, faible mais audible, qui rappelait le ronflement d’une roue de vélo quand on l’a posé à l’envers et qu’on actionne la pédale à la main.Je pus quasiment voir le nuage de brume s’avancer vers moi, dans mon cerveau, alors que je m’étais immobilisé, penché sur la porcelaine, les deux mains écartées, dans la position d’un spectateur qui s’apprête à applaudir, tandis que me parvenait de très loin le bruit du ruissellement de l’eau par le robinet ouvert à fond.
Le brouillard pulsé par la machine qui déferlait sur moi, lente houle, vague inexorable, vapeur animée d’une vie propre et déterminée à m’engloutir.


Seigneur, que c'est bon d'écrire.
J'aime ça. Vraiment.
Ou bien c'est le produit, là, le métamachin.


 

J'ai écrit plus haut qu'il y avait eu un moment où j'étais devenu fou. Eh bien, docteur, retenez ça : la folie est un abîme et qui y plonge n'en voit jamais le fond.

 

taurnada

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