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L'atelier de Litote

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2 novembre 2026

Dryade !

Je remercie les Editions Père Fouettard pour cette nouvelle lecture

 

 

Ana Sender

 

 

Ana Sender adore les animaux sauvages, les loups‐garous et les contes de fées.
Ana a commencé sa carrière en design textile. Elle habite à Barcelone.
Puisant son inspiration dans ses rêves, diplômée de l’école Masana de Barcelone, elle est à la croisée des genres et des influences graphiques.

 

 

 

Présentation de l'éditeur : 

 

 

Morée est l'esprit protecteur de la forêt. Depuis toujours, elle veille sur chaque être. Mais du cœur de son chêne, la dryade tremble. Le danger est là, tout près : les hommes arrivent et écrasent tout sur leur passage. Dans l'ombre, Morée les repousse. Mais ni les pluies torrentielles ni les myriades de moustiques n'empêchent les humains d'avancer. Pourtant, Morée ne tremble plus. Elle a compris comment faire. Aux premières lueurs de l'aube, la dryade a les traits d'une femme. Elle prend les hommes par la main, leur montre les secrets de la forêt. Ceux qui ne se dévoilent que lorsqu'on écoute vraiment. Et un à un, les hommes ouvrent les yeux, tombent amoureux et déposent les armes. Dans la forêt, le calme est revenu.

 

 

 

Ma chronique :

 

Je pensais feuilleter Dryade ! en dix minutes. J’y suis restée bien plus longtemps, et je ne regrette rien.

Juliette Brézian y raconte Morée, gardienne des bois, logée dans un chêne. Lorsque des hommes s’enfoncent dans la forêt pour tout abattre, elle tente de les chasser par les caprices du ciel et les piqûres de milliers de petites bêtes. En vain. Alors elle se fait femme, avance vers eux et les guide à travers ce qu’ils étaient sur le point d’anéantir.

Ce qui m’a le plus remuée, c’est ce que Morée fait après l’échec. Face à des gens sourds à ses colères, elle ne s’obstine pas : elle s’approche, et elle prend le temps de leur faire voir. J’ai pensé à toutes les fois où je n’ai pas su faire ça, où j’ai préféré élever la voix plutôt que d’ouvrir la porte. Le livre ne me l’a reproché à aucun moment. Il se contente de montrer que la découverte désarme mieux que la colère, et que la fable écologique n’a pas besoin de sermon pour toucher, ni chez l’enfant qui écoute, ni chez l’adulte qui lit.

Puis il y a l’univers d’Ana Sender, qui m’a happée. Trois couleurs seulement : un brun très sombre, du blanc, et de rares éclats rouges. Pourtant, jamais je n’ai senti de manque. Sa dryade est dessinée avec une tendresse infinie, plus encore lorsqu’elle prend apparence humaine au milieu des animaux. Les pages ont de la profondeur, comme si l’on marchait entre les troncs, et une clarté douce les traverse malgré tout. J’ai parcouru l’album deux fois, puis une troisième, uniquement pour les images. On y revient comme on retourne dans un lieu aimé.

Le texte, court, laisse beaucoup d’espace. Il fait confiance aux enfants, et aux grands aussi.

Un bel album conçu pour tous les âges. Je le lirais à voix haute, le soir, quand la lumière baisse et que le jardin prend des allures de présence.

Ce livre m’a conquise sans bruit, comme un coup de foudre tranquille.

 

 

 

 

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2 novembre 2026

Les Aventures incroyables de Freddie Sourisblanchep

Je remercie les Éditions de La Table Ronde collection Quai Voltaire

pour l'envoi de ce  nouveau titre.

Traduit de l'anglais : Valérie Rouzeau

Illustrations : Delphine jacquot

 

HOWARD-Elizabeth-Jane

 

 Elizabeth Jane Howard

 

Biographie de l'auteure  :

 

Née en 1923, Elizabeth Jane Howard est l’auteur de quinze romans. Les Cazalet Chronicles – The Light Years, Marking Time, Confusion et Casting Off – sont devenus des classiques modernes au Royaume-Uni et ont été adaptés en série pour la BBC et pour BBC Radio 4. Elle a également écrit son autobiographie, Slipstream. Elle est morte en janvier 2014, après la parution du 5e volume des Cazalet Chronicles, All Change.

 

 

 

 
 
 
Présentation de l'éditeur
 
 

Freddie Sourisblanche, résidant au no 16, La Plinthe Ouest, déteste être une souris, un point c'est tout. Les souris sont beaucoup trop petites, trop peureuses, n'ont jamais le droit de s'amuser. Il rêve d'être un tigre féroce, régnant sur le territoire de la jungle ; ou le chien adoré de quelqu'un, autorisé à courir et à jouer à longueur de journée. Quand un crapaud sorcier lui propose son aide, Freddie ne voit pas de raison de refuser. Pour mieux se décider, il passera une semaine dans la peau de chaque animal. Devenu tigre, impressionné par l'énormité de ses pattes, il apprendra que la vie d'un prédateur n'est pas de tout repos. Devenu chien, il apprendra qu'il n'est pas toujours maître de son destin... Et si la condition de souris n'était pas si terrible, après tout ?

Seul livre pour enfants de l'autrice de la saga des Cazalet, Les Aventures incroyables de Freddie Sourisblanche est le voyage fantastique d'une souris qui refuse d'être une souris. Un récit riche en images et en atmosphères, traduit par la poétesse Valérie Rouzeau et illustré par Delphine Jacquot.

 

 

 

Ma chronique : 
 

 

Je me méfie des livres qui promettent une métamorphose : on y devine souvent la morale dès le premier chapitre. Celui d’Elizabeth Jane Howard, que l’on connaît surtout pour ses grandes sagas familiales, m’a pourtant prise au piège de sa drôlerie tranquille.

Freddie est une souris qui s’ennuie dans son logis niché derrière un mur, entre des frères et sœurs à garder et une mère qui l’écoute à peine. Cette indifférence, évoquée avec légèreté, donne à son désir de fuite une vraie justesse. Sa condition lui pèse : trop menu, trop timoré, privé de tout jeu. Il envie la puissance d’un fauve libre de tout, ou le bonheur d’un chien aimé, libre de gambader tant qu’il veut. Un batracien aux pouvoirs surprenants capte ses soupirs et lui offre de les exaucer, à l’essai : sept jours dans chaque peau.

Le tigre m’a amusée sans me bouleverser. Freddie y garde son âme de rongeur, apprend les lois de la vie sauvage et gagne peu à peu en assurance, mais l’aventure reste assez prévisible.

Puis vient le chien, et tout change. Le ton s’adoucit, l’émotion sonne vrai : Freddie découvre l’affection, mais aussi la déception, la solitude et le désespoir, avant de retrouver un nouvel élan. J’ai tourné ces pages avec une pointe de regret, convaincue que ce chapitre aurait pu exister seul, tant il est plus abouti que l’histoire qui l’entoure. Les sentiments y sont plus profonds et les rencontres donnent à cette partie une véritable intensité.

Il faut également saluer les superbes illustrations de Delphine Jacquot, qui enrichissent la lecture et apportent une dimension esthétique supplémentaire à l'ensemble. Un très bel objet livre.

Reste une fable charmante sur l’estime de soi et le regard des autres, qui rappelle qu’on ne grandit pas en devenant un autre, mais en apprenant à habiter sa propre peau. Freddie redeviendra-t-il souris, et en sera-t-il heureux ? À vous de le découvrir, le temps d’une lecture agréable, inégale mais attachante.

 

 

Citations : 
 
 

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Muffin! Muffin?

Elle l'appelait. Il urina en vitesse et, après avoir laissé passer assez de temps pour qu'elle comprenne qu'il ne s'appelait pas Muffin, revint lentement vers la maison. «Bon toutou!>> dit-elle de sa voix sirupeuse.

Elle me parle comme si j'étais un bébé stupide, gémit-il amèrement. Poppy ne m'a jamais parlé comme ça. Ni Alphonse. Une nouvelle vague de détresse l'en-vahit en pensant à eux. Dès qu'il fut rentré, elle ferma la porte-fenêtre et quitta l'appartement. Il but de l'eau mais ne put rien avaler de son repas. Il enten-dit la voiture s'éloigner puis tout devint silencieux. Il regagna tristement son carton où, assis bien droit, il leva la tête et se mit à hurler.

_____________________________________

 

Elle lui laissa à manger et s'en alla. Il entendit sa voiture démarrer puis partir. Il était seul, dans cette prison silencieuse.

De longues heures s'écoulèrent avant qu'elle revienne lui mettre sa laisse et lui faire faire une courte promenade dans la rue, après quoi elle l'en-ferma à nouveau dans l'appartement et repartit au volant de sa voiture. De nouveau, elle resta des heures absente. Le soir, quand elle rentra, elle l'emmena faire une autre sinistre promenade. Il ne pouvait même pas courir, ce qui lui aurait mis du baume au cœur, parce qu'elle ne détachait jamais la laisse.

 

 

 

 

 

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2 novembre 2026

Les Crocs du Gévaudan

Je remercie les Editions Dandelion pour l'envoi de cette nouvelle lecture.

 

 

 

 

Biographie de l'auteure
 
 
 
Auteure, romancière, mangaka, scénariste… Elle écrit et scénarise des bande-dessinées depuis son adolescence. Actuellement consultante en communication, elle aide de jeunes entreprises du secteur culturel à se promouvoir. Sensible aux sujets d’égalité et d’écologie, membre du Low-Tech Lab, elle s’emploie à mettre sa plume au service de causes qui lui tiennent à cœur.
 

 

 

Présentation de l'éditeur
 

 

Alors que des morts inexpliquées secouent le Gévaudan, Élise Muret part enquêter, convaincue par la piste criminelle. Elle se heurte vite à trois camps : les défenseurs des loups, ceux qui veulent leur mort et les habitants, certains que la Bête est revenue.

Et si ces décès dissimulaient un secret bien plus ancien, où Histoire et enjeux écologiques s’entremêlaient ? 

« Les Crocs du Gévaudan » s’intègre dans la série de Raphaëlle Eviana « La voix des forêts », qui traite des différents enjeux qui touchent nos réserves naturelles, par le biais de mythes et légendes. Une lecture contemporaine du mythe de la Bête du Gévaudan mêlant folklore et réalités du XXIe siècle.

 

 

 

Ma chronique : 

 

 

Après Les Forêts de Dracula, Raphaëlle Eviana poursuit sa série « La voix des forêts », où mythes et légendes servent à éclairer les menaces pesant sur nos espaces naturels. Cette fois, elle nous emmène dans le Gévaudan, où le drame du XVIIIᵉ siècle semble se rejouer.

Une série de décès troublants ravive la peur de la Bête. Élise Muret, qui croit à une origine humaine, mène l’enquête. Sur son chemin, elle croise des protecteurs du loup, des partisans de son éradication, et une population persuadée d’avoir affaire à la créature d’autrefois. Que cachent vraiment ces drames ? Peut-être une histoire enfouie depuis des siècles, où le passé rejoint les débats écologiques d’aujourd’hui.

L’autrice dose ses révélations avec habileté et évite les ficelles habituelles du genre ; portée par une plume fluide, l’intrigue se lit presque sans pause. Elle maîtrise les effets dramatiques et sonde avec finesse la psychologie de ses personnages. La montagne, magnifiquement décrite, devient presque un personnage à part entière. Le livre refermé, une envie persiste : flâner en forêt sous les couleurs de l’automne, puis croquer des châtaignes grillées.

Ce qui m’a surtout intéressée, c’est ce qui se joue derrière l’enquête : l’éveil d’une jeune femme. Au fil des pages, Élise prend conscience de ce que nos choix politiques coûtent au monde vivant, et trouve dans le combat écologique une raison nouvelle d’agir. Le récit mêle songe, folklore, politique et défense de l’environnement sans jamais devenir pesant. La réflexion écologique trouve naturellement sa place dans l’intrigue, sans éclipser le suspense.

Un roman captivant, qui divertit autant qu’il interroge, et qui rappelle que les vieux mythes ont encore beaucoup à nous dire sur notre rapport à la nature. Un pari réussi pour Raphaëlle Eviana, dont la plume sait aussi émouvoir son lecteur avec justesse. Il donne envie de découvrir les futurs volumes de la série. Une lecture que je recommande vivement, à tous ceux qui aiment frissonner en pensant au monde de demain.

 

 

Citation : 

 

quote leftDerrière chaque mystère se cache une histoire qui ne demande qu'à être
découverte .
Quand la légende refait surface, la vérité n'est jamais bien loin.

 

 

 

 

 
30 octobre 2026

À la fin de l'hiver

Je remercie les Editions Albin Michel pour cette nouvelle lecture. 

 

Viveca Sten

 

Biographie de l'auteure
 

Viveca Sten vit près de Stockholm. Après une brillante carrière juridique, elle s'est lancée dans l'écriture et est devenue très vite une des reines du polar scandinave. À la fin de l'hiver est le cinquième tome de Meurtres à Are, une série adaptée et devenue n°1 sur Netflix. Une seconde saison sera diffusée fin 2026. Viveca Sten confirme la recette du succès des Meurtres à Sandhamn : des personnages forts et des paysages grandioses.

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

 

ATTENTION À QUI VOUS OUVREZ VOTRE PORTE...Alors que l’hiver touche à sa fin, l’inspectrice Hanna Ahlander est alertée par une femme : la mort de son père, un homme certes fragile, lui semble suspecte. Bientôt, un décès similaire est signalé.

Et si un inconnu rôdait dans la région et s’attaquait aux personnes âgées ?

L’affaire semble aussi incertaine que la météo capricieuse de mars, et le froid glacial qui règne entre Hanna et son coéquipier Daniel Lindskog nuit à l’enquête. Tandis que leur conflit s’envenime, les soupçons d’homicides se précisent. S’ils veulent arrêter l’assassin avant le prochain coup fatal, Hanna et Daniel vont devoir faire la paix et réapprendre à travailler ensemble.

À la fin de l’hiver est le cinquième tome de Meurtres à Åre, une série adaptée et devenue n°1 sur Netflix. Viveca Sten nous plonge dans une nouvelle enquête criminelle captivante avec des personnages complexes, attachants, et, pour décor, les paysages grandioses de la Suède.

 

 

 

 Ma chronique : 

 

Soyons honnêtes : j’ai ouvert ce cinquième tome des Meurtres à Åre pour retrouver deux amis. Or Hanna et Daniel ne s’adressent plus la parole. Plus de regards complices, plus de répliques qui font sourire. J’en ai été sincèrement contrariée, comme lorsque deux proches se brouillent sous vos yeux et que vous ne pouvez rien y faire.

Heureusement, il y a l’enquête. Une femme refuse d’admettre que son père soit mort tranquillement. Puis un deuxième décès, bien trop ressemblant. Et si quelqu’un rendait visite à des personnes âgées pour les faire disparaître en douceur ? Viveca Sten joue de ce doute avec malice : avant de traquer un coupable, il faut convaincre tout le monde qu’il existe.

Ce qui m’a le plus remuée, ce sont les chapitres vus par les victimes, peu avant leur mort. Ces aînés si seuls, qui guettent la moindre visite : je m’y suis attachée, et c’est précisément ce qui rend la suite difficile.

Le roman sait aussi mettre mal à l’aise sans lourdeur. Les services d’aide à domicile débordés, qui expédient toilette et repas, disent beaucoup de la place que nous faisons à nos anciens. Et une équipe qui ne se parle plus, chez les policiers comme à l’agence, perd un temps précieux, un temps qui se paie ici en vies humaines.

Côté intrigue, j’étais certaine d’avoir deviné. J’avais tort, ou presque : chaque nouveau suspect m’a fait changer d’avis, et j’adore être ainsi ballottée.

Le décor fait le reste. Mars s’accroche à l’hiver, la neige et les distances isolent, et le danger semble se tapir dans ce calme apparent. J’avoue que certains passages auraient gagné en rythme, quand les tensions entre les deux enquêteurs prennent trop de place.

Mais voilà un polar nordique qui fait autant réfléchir que frissonner. Il rappelle que les plus vulnérables ne sont pas toujours les mieux protégés, et cela, je ne l’ai pas oublié.

 

 Citations : 

 

 

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Des bruits de pas montent en direction de sa chambre. Ing-Marie se redresse dans son lit et laisse échapper un gémissement en sentant craquer les vertèbres lombaires de son dos raidi.

Il y a tant de gens qui vont et viennent chez elle qu’elle peine à retenir leurs noms aussi bien que leurs visages. La personne qui se tient désormais sur le seuil de la porte ne lui rappelle absolument rien. Mais elle ne peut pas lui demander de décliner son identité, ce serait trop gênant.


Karro s’efforce de sourire. Elle a bataillé dur pour élaborer des emplois du temps qui tiennent un tant soit peu la route, vu la pénurie de personnel. Avec des usagers dispersés aux quatre coins de la région, il n’est pas aisé de tenir le rythme des visites à domicile, et les trajets en voiture sont souvent harassants.
Mais que peut-elle y faire ?
S’ils veulent conserver leur précieux contrat, ils doivent satisfaire aux exigences de la commune. Karro n’ose pas penser à la réaction de ses responsables, depuis Östersund, s’il se trouvait résilié.
« Tu m’as mis beaucoup trop de visites les mardis et mercredis, se plaint Emina. Je n’ai absolument pas le temps de voir autant de bénéficiaires. »

 

 

Albin michel

29 octobre 2026

Les nuits de Montsouris

Je remercie les Editions Récamier pour ce nouvellelecture.

 

 

 

 

 

 

 

Solène Bakowski
 
 
 
 
Biographie de l'auteure

 

 
Solène Bakowski vit à Paris. Elle est notamment l'auteure de Rue du Rendez-vous (2021), Il faut beaucoup aimer les gens (2022), finaliste du prix Maison de la presse, de Ce que je n'ai pas su (2023), et de La plus jolie fin du monde (2025). Sensibles, profonds et lumineux, ses romans sont une invitation au rapprochement entre les êtres.
 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

 

 

Un conte de noël sensible et lumineux, une histoire d'amour hors du commun.

On raconte que les cygnes restent ensemble toute leur vie, et que ce lien continue après la mort...

Raphaël Toulemonde tient le manège du parc Montsouris avec sa mère. Il mène une existence heureuse, rassurante, prévisible. Jusqu'à ce matin de novembre où l'un des deux cygnes du parc est tué sous ses yeux.
Bouleversé par la solitude qui attend désormais le cygne survivant, Raphaël décide de pénétrer dans le parc après la fermeture.
Mais il n'est pas seul : près du lac, une jeune femme caresse l'oiseau.
Intrigué par cette mystérieuse apparition, Raphaël revient la nuit suivante. Et toutes celles qui vont suivre.
Chaque nuit, ils se retrouveront. Mais le temps leur est compté : le 31 décembre, la jeune femme disparaîtra.

 

 

 

 

 

Ma chronique :

 

Certains romans nous accueillent d’emblée, d’autres demandent un peu de temps pour qu’on s’y sente chez soi. Avec Les nuits de Montsouris, Solène Bakowski m’a ouvert sa porte délicatement, mais je n’ai pas tout à fait franchi le seuil.
Raphaël Toutlemonde (oui, c'est bien son nom !) fait tourner, aux côtés de sa mère, le carrousel du parc Montsouris, à Paris. L’attraction m’a rappelé les manèges de mon enfance et le petit bonheur d’attraper la queue de la peluche: un souvenir tendre, qui m’a accompagnée plus longtemps que l’intrigue.

Son quotidien est réglé comme une horloge : rien n’y varie, ni les objets, ni les repas, ni la parties de petits chevaux du soir. Quelque chose s’est brisé autrefois, on le pressent sans qu’on nous le dise, et chacun s’est réfugié dans la répétition. Raphaël, par commodité autant que par tempérament, se montre aimable avec tout le monde, ce qui lui évite de trop s’interroger.

Le déclic vient de la mort d’un cygne, attaqué par un chien. Inquiet pour l’oiseau resté seul, Raphaël se glisse dans le parc après la fermeture et croise une inconnue qui s’adresse à l’animal. Il retournera la voir, soir après soir.

J’ai apprécié l’atmosphère de ces escapades : le parc de nuit, ses sons, ses odeurs, presque un protagoniste. La métaphore du manège, qui tourne sans avancer, est juste, et l’on se demande si Raphaël en descendra.

Pourtant, je n’ai pas été touchée comme je l’espérais. Tout me semblait trop poli, trop bienveillant ; les personnages manquent de relief et les épreuves restent à distance.

Il est écrit avec soin, et je devine le plaisir qu’il procurera à qui cherche une lecture apaisante pour les soirées d’hiver. Mais je cherchais davantage de contraste, une émotion qui me retienne. Une lecture agréable, tout simplement.

 

 

Citations :

 

 

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Raphaël aimait le parc et ceux qui le peuplent, gardiens, jardiniers, glaciers et marionnettistes. Il aimait l'odeur du sucre chaud et de la pelouse. Il aimait la nature et les gamins. Il aimait les oiseaux, les canards et ce couple de cygnes noirs qui nageaient paisiblement sur l'étang. Il aimait le printemps, l'été, l'automne et l'hiver, puis le printemps de nouveau.
Il aimait voir l'année mourir et renaître, tout entière contenue dans ce parc. Il n'en demandait pas plus à la vie  

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En surface, rien n'avait changé. Pour tous, Raphaël se montrait consciencieux, concentré sur la joie et la sécurité de ses petits voyageurs. Mais ses yeux, arrimés au cygne, trahissaient la direction de ses pensées. Qu'avait-il réellement vu la nuit dernière ? Prodige ou illusion ? Admettons que ce fût réel : se pouvait-il que cette scène se renouvelât cette nuit encore ?

 

 

 
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28 octobre 2026

L'intimité, ça se respecte un peu, beaucoup, énormément...

JE REMERCIE LES EDITIONS DU RICOCHET POUR CETTE NOUVELLE LECTURE. 

 

 

 

 

Rhéa Dufresne

Auteure

 

Après des études en psychologie infantile, Rhéa Dufresne a choisi de laisser libre cours à sa passion pour la littérature de jeunesse. Touche-à-tout et désireuse de tout connaître, elle exerce, dans un joyeux désordre, les métiers d’animatrice, de lectrice et de critique, de directrice éditoriale, de formatrice et d’auteure.
Stimulée par une curiosité sans borne, plusieurs de ses livres sont nés d’une question qui a, à un moment, traversé son esprit.

 

 

 
Sébastien Chebret
Illustrateur

 

Après avoir obtenu une maîtrise d’arts plastiques, Sébastien Chebret poursuit en 2007 un DEA d’Arts et Sociétés actuelles à Bordeaux, avec pour thème l’illustration jeunesse.

Illustrateur touche à tout, il mêle différentes techniques : peintures diverses et variées en passant par la gouache, l’acrylique, l’aquarelle ; il aime travailler le collage (surtout à partir de papiers récupérés un peu partout dans des brocantes). Ses illustrations sont marquées par la présence grandissante de l’outil numérique.

 

 

 

Présentation de l'éditeur

 

 

Grandir, c'est aussi apprendre à préserver sa bulle d'intimité !

Dès le plus jeune âge, il est important de reconnaître ses besoins, de préserver son intimité, mais aussi respecter celle des autres... Dire non à un bisou, demander la permission avant d'entrer, refuser de montrer son corps, parler d'un secret lourd... Des situations choisies avec finesse pour amener l'enfant à mieux écouter son ressenti et celui des autres.

 

 

 

 
Ma chronique : 
 

 

 

Comment apprendre aux enfants à respecter leur corps et celui des autres ? Ce joli livre aborde avec justesse une question essentielle : celle de l’intimité et des limites que chacun a le droit de poser.

Tout commence par les bisous. Même si mamie a très envie d’embrasser son petit-enfant, celui-ci peut refuser. Il existe d’autres façons de se dire bonjour, et un câlin, ça se demande ! À travers des situations du quotidien, les auteurs montrent que le consentement s’apprend dès le plus jeune âge : on peut dire non et faire respecter ses choix.

L’intimité, c’est aussi frapper avant d’entrer dans une pièce, pouvoir se changer sans se sentir observé ou comprendre pourquoi un examen médical nécessite parfois de se déshabiller. Les parties intimes appartiennent à chacun et personne ne doit les regarder sans permission. La curiosité est naturelle, mais elle ne donne pas tous les droits : observer quelqu’un aux toilettes ne se fait pas.

J’ai également apprécié la place accordée à l’autonomie. Un enfant peut vouloir faire certaines choses seul, sans intervention systématique d’un adulte. Et si vivre ensemble est important, il faut aussi respecter le besoin de solitude de chacun.

Le livre rappelle enfin qu’en cas de malaise, de geste déplacé ou de parole dérangeante, il est essentiel d’en parler à une personne de confiance. Un message précieux, transmis avec simplicité et sans dramatiser.

J’aime beaucoup cette approche concrète, qui aborde des sujets délicats à partir d’exemples familiers. L’intimité y est joliment représentée comme une petite bulle personnelle, un espace où l’on doit se sentir bien et en sécurité.

Si le texte a toute sa place, les illustrations apportent beaucoup : vives, enjouées, elles sont tout simplement belles.

Un bel ouvrage pour ouvrir le dialogue avec les enfants et leur montrer que le respect commence par de petits gestes du quotidien.

 

 

 

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26 octobre 2026

Artefact

Je remercie les Éditions Récamier pour ce nouveau partenariat.

 

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 Laure Rollier 

 

 

Biographie de l'auteure
 

Originaire d'Agen, dans le Sud-Ouest de la France, Laure Rollier est illustratrice et autrice. Elle a publié six romans : Hâte-toi de vivre! (2018, prix Mazarine Book Day), Nous étions merveilleuses (2019), LeDisparu de Nantucket (2021), L'Ombre du lac (2022), 19, River Street (2024, prix Découverte de l'Iris noir) et Ligne Rouge (2025).

 

 

 
Présentation de l'éditeur
 
 
 

Le nouveau thriller psychologique de Laure Rollier.
Et si quelqu'un vous observait depuis des mois sans que vous le sachiez ?

Adèle, mère célibataire de deux adolescents, croyait avoir enfin trouvé un semblant de paix, jusqu'au jour où elle découvre, sur sa boîte aux lettres, un colis anonyme. À l'intérieur : des centaines de photos d'elle, prises à son insu. La dernière porte un message glaçant :

" Celle-ci est la dernière parce que tu vas mourir. "

Très vite, les soupçons d'Adèle se tournent vers son mystérieux voisin, Jérémy. Mais plus elle s'approche de la vérité, plus celle-ci semble lui échapper. Alors que les blessures du passé refont surface, la peur s'immisce à nouveau dans chaque recoin de son quotidien.


Entre paranoïa et réalité, Laure Rollier signe un thriller psychologique
sombre et troublant où la frontière entre la survie et la folie se brouille
jusqu'à la dernière page.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma chronique : 

 

 

Un colis anonyme dans une boîte aux lettres : voilà le point de départ du roman. À l’intérieur, une centaine de photographies d’Adèle, réalisées pendant plus d’un an sans qu’elle s’en doute, et une promesse de mort. Cette mère de deux adolescents, qui se relevait péniblement d’un burn-out et d’une séparation à Bordeaux, voit son fragile équilibre voler en éclats.
Ses soupçons se portent rapidement sur Jérémy, son voisin, aussi énigmatique que dérangeant. Mais Laure Rollier prend plaisir à égarer son lecteur : les points de vue se relaient, les époques s’entremêlent, et la confiance ne trouve plus aucun appui. Danger réel, paranoïa ou emprise ? Ce flou vertigineux constitue la grande force du livre.
Ce qui saisit d’abord, c’est le climat. L’autrice installe une tension sourde, oppressante, où le moindre silence éveille la méfiance. La plume nerveuse et délicate à la fois, fait naître l’inquiétude à partir de gestes ordinaires. Le rythme ne faiblit jamais, et l’on poursuit sa lecture avec l’envie d’éclaircir ce qui se cache derrière cette menace.
Les personnages constituent l’autre atout. Adèle émeut par sa vulnérabilité et ses hésitations, tandis que Jérémy, marqué lui aussi par son histoire, conserve ses mystères jusqu’à la fin. Sous le suspense, Laure Rollier traite avec justesse de l’emprise, des violences conjugales, de l’isolement d’une mère et du deuil. Au fil du récit, la question n’est plus seulement « qui ? », mais « quelle histoire se cache derrière ce regard ? ». Cette interrogation donne au dénouement une résonance particulière.
Tout n’est pourtant pas parfait. J’ai trouvé certaines révélations prévisibles, et quelques personnages secondaires auraient gagné à être davantage creusés. L’effet de surprise est moins fort que dans les précédents romans de l’autrice.

Malgré ces réserves, Artefact demeure un thriller sombre et prenant, qui rappelle combien la violence peut se dissimuler derrière les apparences. Une très bonne lecture pour celles et ceux qui aiment les intrigues psychologiques qui brouillent les pistes et font vaciller toutes les certitudes.

 
 
Citations : 
 
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L'emprise, ce n'est pas une chaîne qu'on vous passe autour du cou du jour au lendemain. C'est une toile d'araignée qui se tisse fil après fil, avec minutie et précaution. Pour pouvoir en sortir, il faut déjà se rendre compte qu'on est coincé à l'intérieur. Mais ça, lorsqu'on le réalise, il est déjà trop tard. On est collé à la toile, sans air, sans issue. Naïvement, on croit souvent être libre parce qu'on ne voit pas les nœuds au début. Et ce n'est pas de la faiblesse de notre part, c'est une ruse de la sienne. L'autre vous fait croire que vous avez le choix tandis que chaque décision que vous prenez lui appartient. Il vous vole vos pensées. Il glisse ses mots dans votre bouche.

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Son regard s'assombrit et je comprends que si, cela va prendre une autre tournure. À l'intérieur de moi, quelque chose se fend. Ce n'est pas de la peur, pas encore, mais une sorte de lucidité douloureuse. Pour la première fois, je m'aperçois que la sérénité peut se volatiliser lorsque l'amour change de visage sans prévenir.

 

 

 

 

 

 

25 octobre 2026

Poireaux: 1 légume de saison, 50 recettes

Je remercie les Editions DeBorée pour ce partenariat.

 

 

 

 

 

Laurent Occelli

 

Biographie de l'auteur

 

Initié à la nature par ses parents d'origine italienne, féru de cuisine, un univers où il excelle, Laurent Occelli aime explorer et faire découvrir le végétal, les plantes sous toutes leurs formes, sauvages comme cultivées. Après des études de botanique, il part quelques années en Chine où il découvre une autre alimentation, saine et inspirante, et des ingrédients exotiques. Installé depuis 2006 en Margeride cantalienne, il anime des ateliers de cuisine, organise des balades botaniques et propose des conférences.
 
 

 

 

Présentation de l'éditeur : 

 

 

 

Soupe aux poireaux et poireaux vinaigrette, oui... mais pas seulement ! Présent tout l'hiver sur les étals à prix modique, ce légume familier peut aussi vous surprendre avec bien d'autres propositions savoureuses, plus ou moins classiques, et même avec une touche d'exotisme : beignets, clafoutis, grande variété de tartes ou de cakes, savoureux avec l'agneau ou le poisson, ... gratinés ou fondants, les poireaux savent tout faire. Et ne sous-estimez pas les bienfaits sur votre santé de ce légume à reconquérir... Rassasiant, riche en vitamine A, en composés soufrés et en fibres, c'est une promesse à la fois gourmande et diététique !

 

 

 

 

 

Ma chronique :

 

On cantonne souvent le poireau à la soupe ou à la vinaigrette, et pourtant, il mérite mieux. C'est ce que démontre Laurent Occelli dans ce livre, qui m'a fait découvrir de nombreuses façons de le cuisiner.

J'ai beaucoup aimé l'introduction historique, qui rappelle que le poireau figurait déjà dans le Décaméron, au XIVe siècle. On y découvre aussi des variétés aux noms surprenants : le monstrueux d'Elbeuf, le géant d'hiver de Saint-Victor, le bleu de Solaise ou le long de Mézières. Modeste en apparence, le poireau est pourtant peu calorique et riche en vitamines : il a toute sa place dans nos assiettes.

Les cinquante recettes sont classées par catégories : entrées, soupes, tartes, quiches, cakes, plats principaux, légumes et accompagnements. De quoi renouveler ses menus sans manquer d'idées.

Les photographies sont magnifiques et mettent les plats en valeur. La présentation est très claire : ingrédients, étapes, nombre de personnes, temps de préparation et de cuisson, tout est indiqué pour se lancer sans hésiter.

Les classiques sont là, mais le livre réserve aussi de belles surprises : mini-nems de poireaux, soupe aux châtaignes, pizza blanche, tajine de poulet, spaghettis aux poireaux et aux noisettes. Le risotto, la polenta et le pesto vert de poireaux m'ont aussi beaucoup intriguée.

Ma curiosité va surtout au crumble de poireaux et pommes : un crumble salé où la pomme apporte une pointe de douceur. Une association que j'ai très envie de goûter, un dimanche d'automne, avec une bonne salade verte !

Jusqu'ici, je cuisinais surtout les poireaux en tarte avec du chèvre. Ce livre m'a donné envie de sortir de mes habitudes. Une belle source d'inspiration pour redécouvrir ce légume de saison.

Je le recommande à celles et ceux qui, comme moi, pensent connaître le poireau sur le bout des doigts. Après cette lecture, je suis certaine de ne plus le cuisiner tout à fait de la même façon !

 

 

 

 

 

de borée logo

 

24 octobre 2026

Avant d'aller mourir

Je remercie les Editions Sonatine pour ce partenariat.

 

 

 

 

S.J. Watson

 

 

 

Biographie de l'auteur

 

 

S. J. Watson est né en 1971 à Stourbridge, en Angleterre. Après Avant d'aller dormir, Une autre vie et Disparues, Avant d'aller mourir est son quatrième roman publié chez Sonatine Éditions.

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur
 
 
 

Dans Avant d'aller dormir, Christine Lucas a bouleversé quatre millions de lecteurs. Elle est de retour.

Après avoir subi une violente agression qui a affecté sa mémoire, Christine Lucas a été victime d'une terrible injustice : l'homme qui a essayé de la détruire a été acquitté en la faisant passer pour une affabulatrice. Sept ans plus tard, elle vit sous une nouvelle identité, isolée dans une maison perdue au coeur de la campagne anglaise. Son traumatisme s'est atténué mais elle connaît ces derniers temps de nouveaux épisodes d'amnésie partielle, de confusion. Seraient-ils liés à la réapparition de son agresseur ? Celui-ci est en effet devenu un personnage public, un documentaire vient de lui être consacré, il est partout sur les réseaux sociaux, se faisant passer pour une victime, réécrivant l'histoire à sa façon : celle d'un homme innocent brisé par les mensonges d'une femme malade et manipulatrice. Des milliers d'inconnus le croient, le soutiennent, en font un héros. Christine sent la peur revenir, la paranoïa la menacer. Et si le cauchemar recommençait ? Sa meilleure amie, Claire, vient la rejoindre pour l'aider. Mais à qui faire confiance quand on ne peut plus se fier à soi-même ?

Il y a des livres qu'on n'oublie pas. Et des personnages qui ne cessent de hanter la mémoire. S. J. Watson retrouve ici son héroïne d'Avant d'aller dormir et nous offre un suspense glaçant sur le harcèlement, la culpabilité et la mémoire, où rien – ni les identités, ni les souvenirs – n'est jamais tout à fait certain.

 

 

 

 

 

 

Ma chronique : 

 

 

Une maison isolée, une identité d’emprunt, et des souvenirs qui s’effacent à nouveau. Que reste-t-il de la mémoire quand on a tout fait pour l’oublier ? C’est la question que pose Avant d’aller mourir, , suite d’Avant d’aller dormir, devenu culte il y a quinze ans.

Sept ans ont passé. Christine Lucas s’est coupée du monde, à la campagne, sous un nom qui n’est plus le sien. Mike Lynford, lui, a échappé à la justice et s’est fait une place en vue sur les réseaux. En ligne, il donne sa propre version des faits et retourne les rôles : la détraquée, c’est elle.C’en est trop pour Christine Les cauchemars reviennent, la mémoire flanche, son couple se délite. Elle ne sait plus ce qu’elle a rêvé, vécu ou imaginé. Claire, une amie de longue date, tente de la raccrocher au réel.

Watson nous entraîne dans ce brouillard avec une redoutable maîtrise. On doute des souvenirs de Christine, de ses perceptions, de ce qu’on croyait avoir compris, et l’on referme chaque chapitre sans certitude. Le roman interroge ce que devient une femme quand on lui conteste jusqu’à sa propre version des faits, à une époque où une réputation se défait en quelques publications. Le récit passe de Christine à Claire, deux regards qui font progressivement monter la tension.

Tout n’est pas parfait. Le démarrage m’a paru long, et le rythme ralentit par moments. Une suite ne peut de toute façon pas rejouer la surprise du premier roman. Mais une fois l'histoire installée, je me suis davantage laissé prendre par l'atmosphère inquiétante et les incertitudes qui entourent Christine.

Un conseil : lisez d’abord Avant d’aller dormir, dont ce roman dévoile de nombreux ressorts.

Une suite sombre et efficace, qui ne détrône pas le premier tome mais saura séduire les amateurs de thrillers psychologiques.

 

Citations : 

 

quote left

Claire est mon vrai prénom. Il m’arrive de l’oublier. Ce n’est pas plus mal.
Ce prénom devait disparaître. Il était dangereux, risquait de me trahir. Des gens me voulaient du mal.

____________________________

Une nouvelle vidéo. De Lynford.
Je sais que je ne devrais pas la regarder, mais c’est plus fort que moi. Les sévices auto-infligés peuvent prendre des formes multiples.

 

 

 

 

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23 octobre 2026

Le Murmure du feu

Je remercie les Editions Albin Michel pour cette nouvelle lecture. 

 

 

 

Javier Castillo

 

 

Biographie de l'auteur
 

Phénomène mondial du thriller, Javier Castillo est l’auteur de La Petite fille sous la neige (série n°1 sur Netflix) et Le Jeu de l’âme. Avec ce nouveau roman, il mêle brillamment suspense redoutable et émotion profonde, le tout dans un paysage à couper le souffle.

 

 

 

Présentation de l'éditeur

 

 

La mort peut-elle raviver la flamme de la vie ?

Tenerife, ses volcans, ses falaises, ses plages de sable noir et ses eaux turquoise. C'est ce décor sublime qu'a choisi Laura pour célébrer avec son frère jumeau Mario la fin du combat qu'il a livré contre le cancer. Mais à peine arrivé, Mario doit être hospitalisé. À sa sortie, nulle trace de Laura. Géolocalisée au pied du volcan Teide, elle est retrouvée assassinée.

Animé par la rage et la douleur, son frère se lance dans une course folle pour trouver le coupable, tandis que l'île semble se refermer sur lui, menaçant ses certitudes et ses souvenirs les plus précieux.

Phénomène mondial du thriller, Javier Castillo est l'auteur de La Petite fille sous la neige (série n°1 sur Netflix) et du Jeu de l'âme. Avec ce nouveau roman, il mêle brillamment suspense et émotion, le tout dans un paysage à couper le souffle.

 
 

 

 Ma chronique : 

 

Laura vit à Tenerife, où elle étudie l'astrophysique. Elle y invite son frère jumeau Mario, tout juste sorti d'un cancer, pour lui rendre l'envie de vivre. Mais il est hospitalisé dès son arrivée et, à sa sortie, personne ne l'attend. La localisation du téléphone de Laura le conduit jusqu'au Teide, près de l'observatoire où elle travaillait. Il y découvre son corps sans vie.

L'enquête revient à la sergente Candela Oramas et au caporal Álex Quintana, tandis que Mario, narrateur de l'histoire, assiste aux événements sans pouvoir agir sur leur déroulement. C'est, selon moi, l'une des idées les plus intéressantes du roman : on partage l'impuissance d'un homme qui vient d'échapper à la mort et doit déjà affronter celle de sa sœur. Côté policier, l'intrigue reste bien menée, mais prévisible, et je n'ai jamais vraiment retenu mon souffle.

Ce qui m'a touchée, c'est la relation entre les jumeaux. Ils ont leurs propres mots et un serment échangé enfants, sous une cabane de draps, qui revient comme un mot de passe capable d'apaiser leurs disputes. Les retours sur leur enfance et la perte de leurs parents donnent de l'épaisseur à ce lien, mais ils coupent l'élan de l'intrigue au moment où l'on voudrait avancer.

Tenerife est omniprésente. Javier Castillo cite des lieux réels, du sentier de Los Sentidos aux falaises de Los Gigantes. Mais certaines pages prennent des airs de guide touristique. Mario compare les paysages à ceux de Mars, une remarque plus singulière qui m'a davantage marquée. Le ciel nocturne du Teide laisse entrevoir une réflexion sur notre place dans l'univers. L'auteur l'effleure sans l'approfondir, et j'aurais aimé qu'il ose davantage.

Le murmure du feu est autant une enquête qu'une histoire de deuil, de maladie et de fraternité. La plume est fluide et la lecture rapide, mais je retiens surtout la relation entre les jumeaux. Un roman qui m'a davantage émue que surprise, et dont l'enquête ne m'a pas totalement convaincue.

 

 Citations : 

 

 

quote left

La chimio. Tu n'as plus de défense. Tu peux mourir à cause d'une simple infection. Je ne veux pas te perdre, tu entend ? On a déjà trop perdu. Je ne peux pas te perdre toi aussi répéta-t'elle. À cet instant, je n'aurais pu imaginer que tout basculerait et que ce serait moi qui la perdrais.

 


La vie n'essayait pas de nous enseigner des leçons, elle se déroulait simplement, et ce sont les gens qui la parcouraient en quête de sens dans les malheurs.


S'il est authentique, l'amour fonctionne au-delà de tous les défis qui se présentent.

 

Albin michel

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