Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'atelier de Litote

Publicité
16 septembre 2026

Début de printemps

Je remercie les éditions La Table Ronde

 

collection La petite vermillon pour cette nouvelle lecture.

 

 

 

Traduction (Anglais) : Michèle Lévy-Bram

 

 

© Photo12/Alamy/Fanny Dubes

 

Penelope Fitzgerald

 

Biographie de l'auteure :
 
 

Titulaire des plus hautes récompenses littéraires britanniques, considérée dans son pays comme une romancière et biographe de premier ordre, Penelope Fitzgerald est célèbre pour son humour froid et sa prose raffinée. Ce n’est qu’à soixante ans qu’elle a commencé sa carrière littéraire. Auparavant elle a été journaliste à la BBC, a créé une revue littéraire avec son mari, puis a animé une librairie. Elle est l’autrice de neuf romans et de trois biographies. Elle est morte en 2000 à quatre-vingt-trois ans.

 

 

 

 

 
Présentation de l'éditeur
 

 

Rien ne semble troubler la paix de Hardborough, aimable bourgade de l'East Anglia. Mais Florence Green, une jeune veuve, a décidé d'y ouvrir une librairie, ce qui déplaît aux notables de la ville. Florence voulait créer innocemment un lieu de sociabilité inédit ; elle découvre l'enfer feutré des médisances. Puis l'ostracisme féroce d'une partie de la population. Surtout lorsqu'elle s'avise de mettre en vente Lolita, le sulfureux roman de Nabokov. Alors, la guerre est déclarée, les clans s'affrontent, les personnages révèlent leur acrimonie. Florence sera très seule pour affronter le conformisme ambiant.

 

 

 
 
Ma chronique : 
 

À Moscou, en 1913, Frank Reid mène une vie entre son imprimerie, ses trois enfants et une maison animée par les domestiques. Pourtant, tout bascule lorsque sa femme Nellie disparaît, laissant trois enfants qu’elle finit par lui rendre. Frank doit alors composer avec cette nouvelle réalité, tandis qu’une jeune gouvernante, Liza, entre dans leur quotidien.

Avec Début de printemps, Penelope Fitzgerald propose un roman qui semble raconter une histoire familiale simple. Pourtant, sous cette apparente tranquillité, les non-dits, les tensions et les bouleversements rendent le récit plus profond.

J’ai particulièrement aimé les enfants, dont les réactions et les paroles révèlent énormément sur les adultes qui les entourent. La petite Annushka, réclamant tout haut son affection pour l’oncle Charlie venu d’Angleterre, en dit plus sur l’enfance et le besoin d’approbation paternelle que des pages entières d’analyse psychologique. Les enfants Reid, dépeints avec justesse, ont une place importante dans le roman, et l’on regrette que Fitzgerald ne s’y attarde pas davantage.

Mais ce qui m’a surtout impressionnée, c’est la Russie que l’autrice fait revivre. Moscou apparaît à travers les odeurs, les repas, les relations sociales et les détails du quotidien. Derrière cette vie ordinaire se profilent les bouleversements historiques qui approchent. Le roman se déroule à la veille de la révolution russe, et cette connaissance de ce qui va arriver donne à chaque page une tension.

Avec une écriture précise, sobre et riche, elle en dit beaucoup avec peu de mots et laisse une large place au lecteur.

L’essentiel se joue aussi dans l’attirance muette entre Frank et Liza, la gouvernante. Deux mondes coexistent qui s’ignorent et pourtant se répondent : celui des hommes, de leurs affaires et de leurs rivalités, et celui, plus secret, du désir, des domestiques et des silences.

Au fond, ce foyer qui s’effondre annonce l’effondrement plus vaste qui menace la ville entière. Un roman dense sous son apparente simplicité, porté par une prose économe et une connaissance du cœur humain.

 
 
 
Citations :
 

quote left

 


 

 

 

 

Capture d’écran 2022-04-22 135421

 

Publicité
15 septembre 2026

Les Rakaï de la récré

Je remercie Alice Jeunesse pour l'envoi de ce titre.

 

Jérôme Camil

 

Jérôme Camil imagine et illustre des albums hauts en couleurs, loufoques, bourrés d’humour avec des chutes surprenantes qui ne laisseront pas indifférents petits et grands.

Il quitte la Côte d’Ivoire en 1991 et pose ses valises à Marseille où il développe et s’implique dans de nombreux projets associatifs, des projets culturels, puis, de santé communautaire.

Avant d’intervenir dans les écoles et bibliothèques pour ses livres, il anime des séances de théâtre forum et des groupes de paroles sur les relations filles-garçons et sur les assignations de genre pour les enfants de 6 à 16 ans

 

 

Présentation de l'éditeur : 

 

 

 

Un album qui aborde avec humour les assignations de genre chez les garçons et les filles.

Le chef de la bande des Rakaï c'est Timothé... pardon T-Rex. Mais pour
imposer le respect dans la cour de récréation, il faut des muscles. Pour
ça, ils ont Igor. Sauf qu'aujourd'hui c'est le jour du carnaval, et le
moins que l'on puisse dire, c'est que le déguisement d'Igor ne va pas
faire l'unanimité.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma chronique :

 

 

 

Dès les premières pages, cette histoire m’a fait sourire avec son petit groupe de garçons qui se donne des airs de gros durs. À leur tête, Timothée, alias T-Rex, et ses copains se sont autoproclamés « les Rakaï ». Ils ont même leur banc attitré dans la cour, celui des « nuls » devenu, par la magie du marqueur, celui des Rakaï. Une petite bande qui semble très sûre d’elle… du moins en apparence !

Parmi eux, il y a les jumeaux Dark et Vador, Black Panther et surtout Igor, arrivé en cours d’année et encore peu à l’aise avec le français. Et puis il y a Myriam. Elle, évidemment, ne peut pas faire partie de la bande : c’est une fille ! Cette idée, qui paraît évidente aux garçons, permet à l’histoire d’aborder avec humour les stéréotypes entre filles et garçons, les différences et la façon dont on peut facilement mettre les autres à l’écart.

Le carnaval de l’école va pourtant venir bousculer les certitudes de cette petite bande. Les Rakaï ont décidé de se déguiser en personnages inquiétants, tout de noir et de rouge. Tous respectent la consigne… sauf Igor, qui arrive dans un tutu parce qu’il a tout simplement envie de se déguiser en danseuse. Et finalement, ce choix inattendu va contribuer à faire tomber quelques barrières.

J’ai aimé la manière dont Camil Jérôme aborde des sujets importants sans donner de leçon. L’humour, les illustrations et les situations de cour de récré rendent le message accessible aux enfants. Les différences, les préjugés, l’exclusion, mais aussi le droit d’être soi-même trouvent naturellement leur place dans cette histoire.

Et quand une balle perdue permet finalement de réunir tout le monde autour d’une partie de foot, on comprend que les règles peuvent parfois être beaucoup plus simples qu’on ne le pense : jouer ensemble, tout simplement !

 

 

 

 

 

 

15 septembre 2026

L'empire de l'automne - Livre 1 Le clan des feuilles mortes

Je remercie les Editions Gallmeister pour cette nouvelle lecture. 

 

 

A.S. TAMAKI

 

Biographie de l'auteur
 
 

A.S. TAMAKI est un auteur américain d’origine japonaise. Il peut retracer son ascendance jusqu’aux clans mêmes qui ont combattu durant l’une des guerres civiles ayant émaillé l’histoire de l’Empire japonais, source d’inspiration de son oeuvre. Son premier roman, Le Clan des feuilles mortes, et le premier tome d'une trilogie intitulée L'Empire de l'automne.

 

 

 
Présentation de l'éditeur
 
 

On dit que l’empire a retrouvé la paix. On dit que les luttes fratricides sont terminées. Mais ce qui a été brisé à Azemichi ne veut pas mourir. Aujourd’hui, dieux et démons marchent parmi les hommes. Et une tempête se prépare.

Sen est un prince en exil, rare survivant d’un clan qui a été décimé quand son père s’est rebellé contre l’empire dix-sept ans plus tôt. Privé de son héritage, il est déterminé à réparer les crimes du passé, quel qu’en soit le prix. Rui est une paysanne dont le sort est inextricablement lié à celui de Sen depuis qu’elle lui a sauvé la vie. À la dérive, elle ne parvient pas à trouver sa place dans un monde qui semble ne pas vouloir d’elle – jusqu’au jour où un acte irréparable la force à affronter son destin.

À présent, les intrigues politiques, la guerre civile naissante et l’ombre d’une vengeance divine menacent de plonger l’empire dans le chaos. Sen et Rui se lancent alors dans une quête qui leur permettra de restaurer leur honneur perdu.

 
 

 

 
 
Ma chronique : 
 

 

Préparez-vous à plonger dans une fantasy épique aux accents de Japon féodal, où les rivalités entre clans, les luttes de pouvoir et les anciennes rancœurs annoncent une guerre imminente. Moines guerriers, samouraïs, nobles, paysans, esprits et démons se côtoient dans un univers sombre où la violence n’est jamais très loin.

Ce qui m’a plu d’emblée, c’est cette immersion dans un Japon médiéval réinventé. L’histoire et les conflits du passé ne servent pas simplement de décor : ils continuent de peser sur le présent et donnent à cet univers une véritable profondeur. Les tensions entre les grandes familles, les questions de pouvoir, de naissance et de loyauté composent un échiquier politique complexe.

Le récit repose sur plusieurs points de vue, notamment ceux de Sen, héritier banni qui n'a jamais renoncé à laver le nom de sa famille, et de Rui, simple fille de la terre, dont le chemin croise le sien au fil d'événements qui les dépassent tous les deux. Ce choix permet d’observer les bouleversements depuis différentes strates de la société. J’ai aimé voir les conséquences des décisions des puissants sur ceux qui les subissent, et découvrir des personnages confrontés à des choix difficiles entre vengeance, devoir et bien commun.

En revanche, cette richesse a parfois été un frein. La multitude de personnages, de noms, de familles et de factions m’a demandé beaucoup d’attention, et certains points de vue manquent parfois de profondeur. Le démarrage m’a également semblé assez lent, l’intrigue prenant véritablement de l’ampleur dans la seconde moitié.

Malgré ces réserves, les derniers chapitres ont réveillé ma curiosité, notamment avec l’importance grandissante de la mythologie et des forces surnaturelles. Un premier roman ambitieux, dense et prometteur, qui m’a surtout donné envie de voir jusqu’où Tamaki emmènera cet univers.

 

 

 
Citations
 

quote left

Les anciens disaient que le passé ne disparaissait jamais ; peut-être avaient-ils raison. Il vit encore en nous, pensa-t-il. Chaque jour apporte son lot de fantômes. Chaque jour, les blessures se rouvrent.

____________________________________________

 

Libère toi des murs de ton propre esprit. Ne pense pas car tout est fugace et rien n'est réel. C'est notre esprit qui nous apporte de la souffrance et notre esprit l'absorbe en nous. Sors de ton esprit. Trouve la vérité

 

gallmeister

 

15 septembre 2026

Le goût de l'amitié

 

Je remercie les Editions Père Fouettard pour ce nouvel album.

 

Jesuso Ortiz

Jesuso Ortiz est un designer, illustrateur et photographe espagnol. Il adore mener des expériences, ce qui l’a conduit à ouvrir plusieurs comptes Instagram sur lesquels il s’adonne à différents exercices de style. Grâce à ses illustrations qui mêlent dessins et photo-graphies de fleurs, fruits et objets du quotidien, il invite ses deux cent trente mille abonnés à plonger dans son univers où les poires deviennent des pandas, les kiwis des parapluies et les roses des éléphants.

 

 

Louna Demir

Pour Louna Demir, la liberté a le goût d’un fruit mûri sous le soleil.
Elle en sent le parfum dès qu’elle joue les équilibristes lors des ateliers de cirque pour enfants qu’elle anime, quand elle milite pour le droit des femmes ou encore lorsqu’elle réalise son fameux entremets pêche verveine.
Avec Le goût de la liberté elle publie son premier album.

 

Présentation de l'éditeur : 

 

 

Quel goût a l'amitié ? Elle peut être... douce comme les pétales d'une fleur quand on rit aux éclats. Explosive comme l'orage quand elle gronde ou aussi duveteuse que la laine d'un mouton quand on en prend soin !

 
 

 

 

 

 

Ma chronique :

 

 

 

 

 

15 septembre 2026

La librairie

Je remercie les éditions La Table Ronde

 

collection La petite vermillon pour cette nouvelle lecture.

 

 

 

Traduction (Anglais) : Michèle Lévy-Bram

 

 

© Photo12/Alamy/Fanny Dubes

 

Penelope Fitzgerald

 

Biographie de l'auteure :
 
 

Titulaire des plus hautes récompenses littéraires britanniques, considérée dans son pays comme une romancière et biographe de premier ordre, Penelope Fitzgerald est célèbre pour son humour froid et sa prose raffinée. Ce n’est qu’à soixante ans qu’elle a commencé sa carrière littéraire. Auparavant elle a été journaliste à la BBC, a créé une revue littéraire avec son mari, puis a animé une librairie. Elle est l’autrice de neuf romans et de trois biographies. Elle est morte en 2000 à quatre-vingt-trois ans.

 

 

 

 

 
Présentation de l'éditeur
 

 

Rien ne semble troubler la paix de Hardborough, aimable bourgade de l'East Anglia. Mais Florence Green, une jeune veuve, a décidé d'y ouvrir une librairie, ce qui déplaît aux notables de la ville. Florence voulait créer innocemment un lieu de sociabilité inédit ; elle découvre l'enfer feutré des médisances. Puis l'ostracisme féroce d'une partie de la population. Surtout lorsqu'elle s'avise de mettre en vente Lolita, le sulfureux roman de Nabokov. Alors, la guerre est déclarée, les clans s'affrontent, les personnages révèlent leur acrimonie. Florence sera très seule pour affronter le conformisme ambiant.

 

 

 
 
Ma chronique : 
 
 

En 1959, à Hardborough, petite ville côtière du Leicestershire où tout semble figé, Florence Green décide d’ouvrir une librairie. Veuve depuis peu, elle investit le peu d’argent dont elle dispose dans une vieille maison que personne ne semble vraiment vouloir, notamment parce qu’elle serait hantée. Florence ne se doute pas encore que les fantômes ne seront pas forcément les obstacles les plus difficiles à affronter.

Car dans cette petite ville, chacun semble avoir son mot à dire. Florence dérange, sans vraiment comprendre pourquoi. Son projet fait de l’ombre à certains habitants et surtout à Mme Gamart, femme influente qui aurait d’autres projets pour la vieille maison. Les petites manœuvres, les non-dits et les pressions vont peu à peu se multiplier autour de cette libraire qui ne demande pourtant qu’à faire vivre son commerce.

J’ai aimé l’humour très britannique de Penelope Fitzgerald et son regard parfois mordant sur cette petite communauté où les apparences et les convenances comptent beaucoup. Florence m’a touchée par son courage et sa ténacité. Elle avance avec une certaine naïveté, mais aussi avec cette capacité à continuer malgré les difficultés. J’ai également aimé les personnages qui viennent l’aider, notamment la jeune Christine et l’étrange Edmund Brundish, deux personnalités très différentes mais attachantes.

Puis il y a l’arrivée de Lolita, le roman de Nabokov, qui va donner une nouvelle dimension à la librairie. Le livre devient soudain l’objet de toutes les attentions et Florence se retrouve au centre d’une agitation qu’elle n’avait certainement pas imaginée.

La Libraire est un court roman qui parle finalement moins de livres que de pouvoir, de conformisme et de liberté. Je ne m’attendais pas à un dénouement aussi radical. Fitzgerald ne cherche visiblement pas à nous offrir la fin que l’on espère, mais plutôt à montrer jusqu’où une petite communauté peut aller lorsqu’une personne ose sortir du rang. 

 
 
 
Citations :
 

quote left

Cher M. Thornton,
Un bon livre est l'élément vital et précieux d'un esprit supérieur ; il est embaumé et chéri pour attendre une vie située au-delà de la vie. En tant que tel, on peut sûrement le considérer comme une denrée de première nécessité, non ?
Sincèrement vôtre,
Florence Green.


Elle avait le cœur tendre, ce qui ne sert guère l’instinct de conservation. Déjà entre deux âges, elle vivait depuis plus de huit ans à Hardborough, sur la petite somme d’argent que lui avait laissée son défunt mari. Récemment, elle en était venue à se demander si elle n’avait pas le devoir de se convaincre, et peut-être d’en convaincre les autres, qu’elle existait à part entière. La survie, voilà, souvent, tout ce à quoi on aspirait dans l’air pur et froid de l’East Anglia. Mourir ou guérir : c’était la devise des autochtones – soit on vivait très vieux, soit on était vite expédié sous la tourbe salée du cimetière.

 

 

 

Capture d’écran 2022-04-22 135421

 

Publicité
15 septembre 2026

Visez la lune !

 Je remercie les Editions du Ricochet pour cette nouvelle lecture. 

 

 

Nicolas Beck

Après sa formation en Sciences de la Terre et de l’Univers, Nicolas Beck s’est tourné vers la médiation scientifique pour partager la science avec un large public et rester en contact avec le monde de la recherche. Il aime partager sa passion de l’exploration spatiale sous forme d’ateliers et de conférences. Auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation sur la planète Mars et la Lune, il aime l’idée selon laquelle les sciences et les livres peuvent parfaitement se combiner !

 

Céline Manillier

 

Diplômée des Beaux-arts de Saint-Étienne, Céline Manillier est passionnée de dessins de presse, de BD et d’illustrations jeunesse. Elle est sous le charme des dessins qui bougent ! Avec ses mots, elle donne à ses personnages une grande force émotionnelle. Côté illustrations, elle aime travailler avec les matériaux qui lui tombent sous la main : peinture, aquarelle, café…

 

 

 

Présentation de l'éditeur
 
 
 
 
 

Décollage immédiat, vers la Lune !

Elle apparaît chaque soir dans le ciel et disparaît au petit matin... Parfois ronde comme un ballon, parfois fine comme un croissant... La Lune cache bien des secrets ! Née il y a 4,5 milliards d'années de débris de roches rassemblés dans l'espace, elle a longtemps nourri l'imagination et les fantasmes des scientifiques !

 

 

 

 

 
Ma chronique : 
 
 

Un livre qui m'a donné envie de sortir observer le ciel dès la dernière page tournée. C'est le genre de livre qu'on ouvre pour les enfants et qu'on finit par lire en entier, happé malgré soi.

Dès le départ, on sent que les auteurs ne veulent pas nous asséner un cours magistral. Ils partent d'un constat tout simple : cette Lune qu'on croise chaque soir, ronde ou filiforme, on ne sait finalement pas grand-chose d'elle. Puis on remonte le temps jusqu'à cette collision cosmique un peu folle qui, il y a 4,5 milliards d'années, aurait vu un caillou percuter une Terre encore en fusion, projetant dans l'espace les débris à l'origine de notre satellite. Racontée ainsi, la naissance de la Lune prend des allures de récit d'aventure.

J'ai beaucoup aimé le petit détour par les noms qu'on lui a donnés à travers les cultures, Séléné, Hina, Hécate. Ça rappelle que la Lune a toujours fasciné, bien avant qu'on sache comment elle s'est formée. Le livre décrit ensuite sa surface avec beaucoup de précision, ces massifs baptisés Alpes ou Pyrénées par des astronomes un brin nostalgiques, ses mers lunaires, ses volcans endormis, tout un paysage silencieux qu'on imagine sans peine grâce aux illustrations. Et cette histoire d'attraction entre la Terre et la Lune, ce ballet où l'une ne montre jamais qu'une seule face à l'autre, est expliquée avec une simplicité qui parle autant aux petits qu'aux grands curieux.

Mention spéciale aux illustrations de Céline Manillier, tout simplement magnifiques. Ses teintes argentées et ses clairs-obscurs donnent à chaque page cette atmosphère feutrée et un peu mystérieuse qu'on associe à l'espace, sans jamais alourdir le propos.

Bref, un documentaire jeunesse qui se dévore avec plaisir et qui donne, une fois refermé, une folle envie de lever le nez vers le ciel.

 

 

 

 

 

 

 

editions du ricochet

 

14 septembre 2026

Imperium

 

Un mot des auteurs

 

 

Marc Voltenauer

 

 

Né en 1973 à Genève, Marc Voltenauer se destinait à être pasteur. Après des études de théologie, il réoriente sa carrière vers la banque puis l’industrie pharmaceutique et écrit son premier roman, Le Dragon du Muveran qui a obtenu le Prix SPG au Salon du livre de Genève. Ce « polar nordique au cœur des Alpes vaudoises», publié chez Slatkine & Cie en 2016, remporte immédiatement un immense succès, confirmé par Qui a tué Heidi ? (Slatkine & Cie, 2017). Ces deux premiers romans sont disponibles en version poche chez Pocket. Dans son troisième roman, L’Aigle de sang (2019), paru chez le même éditeur, on retrouve l’inspecteur Auer sur ses terres d’origines.

 

 

 Nicolas Feuz

 

 

Né en 1971 à Neuchâtel en Suisse, Nicolas Feuz a étudié le droit, obtenu le brevet d’avocat et exercé comme juge d’instruction. Aujourd’hui procureur de la République, il s’est lancé dans l’écriture de romans noirs en 2010.

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur
 
 

 

Un homme projeté sous un train en gare de Neuchâtel.
Une violente altercation dans le tunnel du Gothard.
Deux incidents en apparence isolés mais qui vont entraîner le procureur Jemsen et l'inspecteur Auer au cœur d'un empire criminel d'une ampleur insoupçonnée.

Derrière ces faits divers se cache Imperium, une organisation structurée comme un État, infiltrée au sein des CFF, qui fait circuler à travers toute la Suisse un produit stupéfiant d'une violence inédite –; le Crackmeth.
Ses ramifications s'étendent jusqu'aux Ports-Francs de Genève et aux cercles opaques du marché de l'art.

Chaque pas en avant des enquêteurs déclenche une riposte. Des témoins disparaissent. Des preuves s'évaporent. Et dans l'ombre, une exécutrice surnommée Le Faucon veille à ce que l'Empire reste intouchable.

Un thriller haletant où la frontière entre serviteurs de l'État et serviteurs de l'Empire s'avère plus poreuse qu'on ne l'imagine.

 
 
Ma chronique
 

 

Avec Imperium, Marc Voltenauer et Nicolas Feuz me remettent sur les rails là où Ultimatum m'avait laissée en gare, et croyez-moi, le train ne reste pas longtemps à quai. Sous un orage qui n'annonce rien de bon, le corps d'un homme est retrouvé sous une rame à Neuchâtel. Au même instant, un convoi bloqué dans le tunnel du Gothard vire à la prise d'otages. Deux catastrophes, un seul horaire : celui d'Andreas Auer et Norbert Jemsen, sommés une fois de plus de faire équipe. L'alchimie entre eux n'a pas pris une ride, et les seconds rôles semblent n'avoir attendu que ça pour reprendre du service.

Dès les premières pages, impossible de descendre en marche. Chapitres courts, points de vue qui s'enchaînent, intrigues qui filent en parallèle sans jamais se percuter : ce roman a le sens de l'aiguillage. Drogue, art volé, criminalité organisée, coulisses des CFF, tout roule à vive allure, et j'avoue m'être surprise à dévorer les pages comme on rate volontairement sa correspondance.

Le duo a manifestement potassé son sujet, et ça se sent : infiltration policière, médecine légale, sécurité ferroviaire, tout sonne juste. Si juste, parfois, que j'ai eu l'impression qu'on me faisait visiter le poste d'aiguillage plutôt que de me raconter une histoire. La précision confine par moments à la leçon magistrale, comme si les auteurs avaient tant à partager qu'ils oubliaient de lâcher un peu la rampe.

Le « Crackmeth », cette drogue tout droit sortie de leur imagination, fait froid dans le dos. Un choix qui leur permet d'évoquer les ravages bien réels de l'addiction sans s'appuyer sur une substance existante.

Reste que ce tome se referme sur un vrai clou planté dans la porte, avec en prime une nouvelle qui donne un tout autre relief à la lecture : Nicolas Feuz a quitté ses habits de procureur le 31 août pour ne plus vivre que de sa plume. De quoi se demander si son écriture, déjà solide, ne va pas encore prendre de la vitesse.

Verdict : j'ai pris le train, je suis arrivée au bout sans voir passer les kilomètres, et j'attends déjà la prochaine destination.


 

 

 
Citations :
 

 

Comment tu te sens?

Mon cœur bat très vite... et j'ai du mal à reprendre mon souffle. Je suis complètement secoué.

C'est tout à fait normal. Respire. Prends ton temps.

Un court silence s'installa, haché par le souffle irré-gulier à l'autre bout de la ligne.

- J'ai peut-être mal vu, mais au moment du frej-nage... il y avait du mouvement sur le quai. Pas seule ment la victime, je veux dire...

- Explique-moi.

C'est comme si quelqu'un l'avait poussé. Mais ça s'est passé tellement vite...
 


 

...nouvelle drogue de synthèse, connue sous le nom de crackmeth et surnommée la "roche de l'enfer". Cette substance attire l'attention des autorités en raison de sa puissance exceptionnelle d'un cocktail instable de stimulants, associant du crack parfois coupé avec des substances telles que la caféine et de sa dangerosité immédiate. Elle se composerait (cocaïne-base) et de la méthamphétamine en cristaux, ou l'éphédrine.

Les premiers effets surviennent en quelques secondes à peine», explique un spécialiste des substances psychoac-observe une euphorie intense, une agitation extrême et tives de l'École des sciences criminelles de Lausanne. «On un sentiment de toute-puissance. Mais très rapidement, le consommateur bascule vers une paranoïa aiguë, des hallucinations et des comportements agressifs ou impulsifs.

 

 

 

 

 

 

 

13 septembre 2026

Qui es-tu Mary ?

Je remercie les Editions Taurnada

 pour l'envoi de cette nouvelle lecture.

 

 

 

Christian Pernoud

 

 

Biographie de l'auteur
 

 

 

Christian Pernoud est l'auteur de plusieurs romans sous le pseudonyme de Chris Loseus. « Pour nous » est le premier publié sous son vrai nom, explorant une facette moins sombre de son genre de prédilection.

 
 

 

 

 
Présentation de l'éditeur

 

 

Les âmes pures cachent aussi des ténèbres.

Automne 1973, Lake George.
Alan mène une existence paisible à l'écart du monde.
Mary surgit dans sa vie. Elle vient d'un New York gangrené par la violence.
Une histoire naît. La leur.
Mais très vite, des zones d'ombre apparaissent.
Des incohérences. Des silences.
Lorsque Mary disparaît brutalement dans d'étranges circonstances, la vie d'Alan se transforme en cauchemar.
Qu'est-il arrivé à la femme de sa vie ?
Dès lors, il n'a plus qu'une idée en tête.
Découvrir la vérité.

 

 

 

 

Ma chronique : 

 

 

J'ai refermé ce roman un dimanche soir, avec cette sensation particulière de ne plus très bien savoir où je me trouvais. Lake George, ses eaux calmes, sa lumière d'été indien qui vire au gris de neige : le décor s'est installé en moi bien avant que je comprenne ce qui s'y tramait.

Alan, je l'ai d'abord trouvé presque trop tranquille. Un peu seul, un peu naïf, de ceux qui préfèrent la forêt aux gens. Puis Mary est arrivée, avec cette gêne diffuse que je n'arrivais pas à nommer. Elle débarque, repart, revient, puis disparaît encore. Elle vient de New York, on devine un passé compliqué derrière elle, mais rien n'est jamais vraiment clair. Ses silences, ses absences, les zones d'ombre qui l'entourent : j'ai essayé de la cerner tout au long du roman et je n'y suis jamais arrivée. Je crois que c'est justement le but.

C'est la voix d'Alan qui m'a le plus marquée. À 73 ans, il raconte ce qui lui est arrivé lorsqu'il en avait vingt. On sent qu'il connaît déjà l'issue de cette histoire, mais il prend son temps pour la raconter. Cela m'a donné l'impression qu'il me confiait quelque chose de lourd, qu'il avait longtemps gardé pour lui.

L'auteur ne mise pas sur les scènes choc ni sur la violence. Il travaille plutôt les silences, les regards, tout ce que les personnages ne disent pas. Le roman avance, et chaque partie resserre un peu plus l'étau : l'ambiance, douce et intime au départ, devient peu à peu suffocante sans qu'on sache vraiment à quel moment le basculement a eu lieu. C'est ce glissement lent qui rend le livre impossible à lâcher.

Et la fin ! Je ne dirai évidemment rien, mais j'ai dû relire les dernières pages une seconde fois. Je ne l'avais vraiment pas vue venir.

Un roman qui parle bas, tout en tension, et qu'on n'a pas envie de reposer avant d'avoir compris qui était Mary.

 

 

 

Citations : 

 

quote left

Notre histoire ressemblait à une partition romantique jouée par un mauvais orchestre. Une douce mélodie gâchée par des fausses notes.
Le drame arriva quelques jours après ma demande en mariage. La température remontait. Un ultime sursaut avant l'hiver. Mary lisait sur le canapé, je me préparais un sandwich avant de rejoindre le musée.


Tu vois le topo, Alan. Je te parle d'un monde qui n'est plus. Tu n'as pas connu cette époque. T'étais gosse. On travaillait sans qu'on nous mette des bâtons dans les roues. Ce camion roule à toute berzingue sans se soucier de ceux qui vivent là depuis toujours. Les repreneurs de la scierie se moquent de la sécurité et du bien-être des riverains. Ce qu'ils veulent c'est faire du fric. Les arbres les intéressent ; enfin, le pognon qu'ils représentent, le reste rien à foutre ! C'est comme ça que les choses fonctionnent aujourd'hui, Alan. On délocalise les productions dans des pays lointains pour de la main-d'œuvre low cost en se fichant des milliers d'emplois perdus. On vend sa petite boîte à des groupes financiers sans scrupules plutôt que de la transmettre à ses gosses... Monde de merde !

 

 

 

taurnada

11 septembre 2026

Jakob

Je remercie les Editions du Seuil  pour cette nouvelle lecture.

Traduit du finnois par Aleksi Moine

 

Satu Rämö

 

 
 
Biographie de l'auteure
 
 
 


Satu Rämö est née en 1980 en Finlande. Après un voyage d’études en Islande, elle a choisi de s’y installer. Autrice de plusieurs livres de non-fiction, elle a fait sensation avec Hidlur, située dans la petite ville où elle réside aujourd’hui, Ísafjörður, déjà adaptée en série TV.

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

 

 

L’inspectrice islandaise Hildur Rúnarsdóttir est enfin réunie avec Björk, l'une de ses petites sœurs disparues vingt-cinq ans plus tôt. Même si Rósa, elle, semble volatilisée, la joie de ces retrouvailles permet à Hildur de supporter tant bien que mal son nouveau supérieur odieux, Jónas, qui remplace Beta, en poste à la capitale. C'est sous les ordres de ce capitaine que Hildur et Jakob, son stagiaire finlandais, ouvrent une enquête lorsqu’un corps mutilé est retrouvé dans un étang de pisciculture des Fjords occidentaux.
À peine ont-ils le temps d’entamer leurs recherches qu’un autre meurtre, au moins aussi étrange, leur est signalé, appelant Hildur au côté de Beta. Mais leur travail est entravé : Jakob doit, lui, retourner au plus vite en Finlande, mener la bataille légale pour la garde de son fils, qui risque de tourner au cauchemar…

 

 

 

Ma chronique : 

 

Avec Jakob, Satu Rämö poursuit sa série consacrée à Hildur et place cette fois son collègue finlandais au premier plan. Après deux tomes où j'ai appris à connaître ce stagiaire discret, calme et passionné de tricot, j'ai découvert une facette beaucoup plus tourmentée de sa personnalité. Le roman s'ouvre d'ailleurs sur un prologue saisissant situé en Laponie en 1988, avant de nous ramener dans l'ambiance feutrée d'un Noël islandais en 2021.

De retour en Finlande, Jakob se heurte à Léna : la question de la garde de leur fils, qu'il voit si peu, tourne au conflit ouvert. Les choses dégénèrent vite et Jakob n'a bientôt plus d'autre choix que de solliciter le soutien d'Hildur. J'ai trouvé cette partie particulièrement intéressante, notamment parce qu'elle permet de mieux comprendre Jakob, son passé et certaines blessures qu'il dissimule derrière son apparente tranquillité.

Pendant ce temps, Hildur enquête sur plusieurs meurtres et agressions mystérieuses : tout commence lorsqu'un corps sans vie est découvert dans les bassins d'une ferme piscicole. Les investigations la conduisent vers des pratiques islandaises dont j'ignorais tout jusque-là, en particulier ces troublantes exploitations où l'on prélève le sang des juments. Ce volet de l'histoire m'a un peu perdue par moments, même si l'autrice sait créer une atmosphère inquiétante et multiplier les fausses pistes.

Ce que j'ai apprécié, c'est la place accordée aux personnages. Hildur, Jakob et Beta gagnent en profondeur au fil des tomes et leurs relations donnent une véritable dimension humaine à l'intrigue. La plume de Satu Rämö me plaît toujours par sa simplicité et sa justesse. Elle prend le temps de faire vivre ses personnages et leurs relations, tout en installant une atmosphère particulière entre l'Islande et la Finlande.

Ce troisième tome m'a un peu moins emportée que les deux précédents ; j'ai eu l'impression, par moments, que l'intrigue forçait un peu la note. Mais le suspense fonctionne, les révélations sont nombreuses et le dénouement réserve un véritable choc. Cette fin, particulièrement surprenante, me donne déjà envie de poursuivre l'aventure avec Rakel, le prochain tome.

 

Citations : 

 

quote left

La nuit était si claire et l'environnement si obscur que les étoiles brillaient intensément. […] Hildur reconnut en tout cas la Grande Ourse. Elle laissa son regard vagabonder. Elle repéra la constellation des Gémeaux, rappelant deux personnes se tenant la main. […] On pouvait fabriquer toute sorte de figures dans le ciel, si on reliait les points qui scintillaient. Repérer les constellations, c'était un peu comme une enquête. Il fallait faire des observations, regarder avec attention de près et de loin, se demander quels étaient les liens entre les différents éléments et comprendre la constellation dans son ensemble.


La vie n'a jamais été en noir et blanc. Elle comportait d'innombrables nuances de gris, et Beta l'avait bien compris.

.

 

 

 

 

logo-seuil

 

10 septembre 2026

Nous, avant l'innocence

Je remercie les Editions Plot Twist pour cette nouvelle lecture. 

 

 

Ella Berman

 

Biographie de l'autrice
 
 

 

Ella Berman a grandi à Los Angeles et à Londres, où elle a étudié la psychologie avant de travailler chez Sony Music. Son premier roman, The Comeback, a été sélectionné par le club de lecture Read with Jenna, et son deuxième roman, Nous, avant l’innocence, a été choisi par le Reese’s Book Club. Élevée par deux anciens hippies passionnés par la musique et l’art des années 1960 et 1970, elle vit à Londres avec son mari, leur vieux chien et leur fille.

 

 
Présentation de l'éditeur
 
 

 

Dix ans après un drame qui a bouleversé leur vie, deux amies que tout oppose se retrouvent. Chacune a désormais sa version de la vérité... et beaucoup à perdre.

Après la mort d’Evangeline dont elles ont été innocentées, cet été-là, en Grèce, Bess et Joni ont pris leurs distances. Cette disparition a terni leur réputation et chacune a géré différemment cette célébrité douteuse. Bess vit en recluse et travaille de chez elle, tandis que Joni a décidé d’en faire son fonds de commerce.

Un jour, après dix ans de silence, Joni demande une faveur à Bess : lui fournir un alibi. Bess n’a pas le choix. Après tout, elle lui doit bien ça.
Ella Berman a grandi à Los Angeles et à Londres, où elle a étudié la psychologie avant de travailler chez Sony Music. Son premier roman, The Comeback, a été sélectionné par le club de lecture Read with Jenna, et son deuxième roman, Nous, avant l’innocence, a été choisi par le Reese’s Book Club. Élevée par deux anciens hippies passionnés par la musique et l’art des années 1960 et 1970, elle vit à Londres avec son mari, leur vieux chien et leur fille.

 

 

 

 
 
Ma chronique : 

 

Nous, avant l'innocence n'est pas un thriller, contrairement à ce que sa présentation laisse penser. C'est plutôt un roman contemporain à dimension policière, centré sur les personnages et sur ce que le passé laisse derrière lui. Je m'attendais à du suspense ; ce n'est pas ce que j'ai trouvé.

L'histoire se construit sur deux temporalités. Dix ans plus tôt, Bess, Joni et Evangeline, inséparables, passent l'été en Grèce après le lycée. À la fin du voyage, seules Bess et Joni rentrent aux États-Unis. Dix ans plus tard, alors que leurs vies ont pris des directions opposées, Joni réapparaît chez Bess, mêlée à une nouvelle disparition et en quête d'un alibi.

Les chapitres courts et l'alternance des deux époques donnent une certaine dynamique au récit, avec une atmosphère qui rappelle parfois une affaire criminelle réelle. L'auteure maintient plusieurs zones d'ombre, sans toujours parvenir à les exploiter pleinement. La relation entre les trois jeunes femmes reste l'élément le plus solide du roman : elle montre comment une amitié adolescente peut être à la fois fusionnelle et destructrice, même si le traitement reste parfois en surface.

Le rythme est inégal. La première partie prend son temps pour installer les enjeux, sans que cela soit toujours justifié. La seconde s'essouffle nettement : les révélations tardent, certaines pistes semblent abandonnées en cours de route, et le récit donne souvent l'impression d'annoncer un basculement qui ne vient jamais. J'attendais aussi davantage de profondeur dans l'exploration des relations toxiques. Quant à la fin, résolument ouverte, elle m'a laissée sur ma faim plutôt que sur une note de mystère assumé.

Il reste un roman en demi-teinte. Ce n'est pas un livre à lire pour ses retournements, ni véritablement pour la finesse de son analyse psychologique, mais plutôt pour son portrait de deux femmes encore rattrapées par un été qui a bouleversé leur existence. Une histoire d'amitié, de culpabilité et de secrets, dont l'ambition n'est qu'à moitié tenue.


 

 
Citations
 

quote left

J'étais désorientée et fébrile au moment où j'ai apposé ma signature sur ma déposition officielle, et j'ai attendu Joni sur une chaise en plastique dans le hall, les cuisses baignant dans une mare de ma propre sueur. J'ai eu le souffle coupé tellement j'ai été soulagée de la voir enfin sortir à grands pas de la salle d'interrogatoire avec son éternel air assuré, ses lunettes de soleil sur la tête.

____________________________________________

 

- Notre dispute ne te concernait pas...Pas vraiment. Elle nous concernait, elle, Joni et moi.
Au moment où je prononce ces mots, je prends conscience de leur vérité : Théo n'avait rien à voir avec tout ça. Il s'agissait du pouvoir que nous exercions toutes les trois les unes sur les autres en tant que meilleures amies, en tant que sœurs de cœur - le pouvoir d'apaiser, de guérir et de nous soutenir mutuellement, certes, mais aussi le pouvoir de nous faire du mal, voire de nous détruire.

 

 

Publicité
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>
À propos

avatarv2

Bienvenue sur L'atelier de Litote !

Le plaisir de lire et de partager nos lectures, c'est ici.

Publicité
Recherche
-
Social

facebook icontwitter iconInstagram iconemail icon

Publicité
Newsletter
Catégories

Policier thrillerRomanRoman Noir
Natural WrittingBiographie
FantasyHistoriqueHumour
PhilosophiePoesie
SagasAlbum JeunesseYoung Adult
Bande DessineeMangas
Bilan du moisChallengeConcours
faitsreelsempty

Je lis avec....

 Il est bien ce livre
Badge Lecteur professionnel25 chroniques de livre
Challenge NetGalley France 2018Badge 80%
Badge Critiques à la Une

Archives
Visiteurs
Depuis la création 223 116
Publicité