Titulaire des plus hautes récompenses littéraires britanniques, considérée dans son pays comme une romancière et biographe de premier ordre, Penelope Fitzgerald est célèbre pour son humour froid et sa prose raffinée. Ce n’est qu’à soixante ans qu’elle a commencé sa carrière littéraire. Auparavant elle a été journaliste à la BBC, a créé une revue littéraire avec son mari, puis a animé une librairie. Elle est l’autrice de neuf romans et de trois biographies. Elle est morte en 2000 à quatre-vingt-trois ans.
Présentation de l'éditeur
Rien ne semble troubler la paix de Hardborough, aimable bourgade de l'East Anglia. Mais Florence Green, une jeune veuve, a décidé d'y ouvrir une librairie, ce qui déplaît aux notables de la ville. Florence voulait créer innocemment un lieu de sociabilité inédit ; elle découvre l'enfer feutré des médisances. Puis l'ostracisme féroce d'une partie de la population. Surtout lorsqu'elle s'avise de mettre en vente Lolita, le sulfureux roman de Nabokov. Alors, la guerre est déclarée, les clans s'affrontent, les personnages révèlent leur acrimonie. Florence sera très seule pour affronter le conformisme ambiant.
Ma chronique :
À Moscou, en 1913, Frank Reid mène une vie entre son imprimerie, ses trois enfants et une maison animée par les domestiques. Pourtant, tout bascule lorsque sa femme Nellie disparaît, laissant trois enfants qu’elle finit par lui rendre. Frank doit alors composer avec cette nouvelle réalité, tandis qu’une jeune gouvernante, Liza, entre dans leur quotidien.
Avec Début de printemps, Penelope Fitzgerald propose un roman qui semble raconter une histoire familiale simple. Pourtant, sous cette apparente tranquillité, les non-dits, les tensions et les bouleversements rendent le récit plus profond.
J’ai particulièrement aimé les enfants, dont les réactions et les paroles révèlent énormément sur les adultes qui les entourent. La petite Annushka, réclamant tout haut son affection pour l’oncle Charlie venu d’Angleterre, en dit plus sur l’enfance et le besoin d’approbation paternelle que des pages entières d’analyse psychologique. Les enfants Reid, dépeints avec justesse, ont une place importante dans le roman, et l’on regrette que Fitzgerald ne s’y attarde pas davantage.
Mais ce qui m’a surtout impressionnée, c’est la Russie que l’autrice fait revivre. Moscou apparaît à travers les odeurs, les repas, les relations sociales et les détails du quotidien. Derrière cette vie ordinaire se profilent les bouleversements historiques qui approchent. Le roman se déroule à la veille de la révolution russe, et cette connaissance de ce qui va arriver donne à chaque page une tension.
Avec une écriture précise, sobre et riche, elle en dit beaucoup avec peu de mots et laisse une large place au lecteur.
L’essentiel se joue aussi dans l’attirance muette entre Frank et Liza, la gouvernante. Deux mondes coexistent qui s’ignorent et pourtant se répondent : celui des hommes, de leurs affaires et de leurs rivalités, et celui, plus secret, du désir, des domestiques et des silences.
Au fond, ce foyer qui s’effondre annonce l’effondrement plus vaste qui menace la ville entière. Un roman dense sous son apparente simplicité, porté par une prose économe et une connaissance du cœur humain.
Jérôme Camil imagine et illustre des albums hauts en couleurs, loufoques, bourrés d’humour avec des chutes surprenantes qui ne laisseront pas indifférents petits et grands.
Il quitte la Côte d’Ivoire en 1991 et pose ses valises à Marseille où il développe et s’implique dans de nombreux projets associatifs, des projets culturels, puis, de santé communautaire.
Avant d’intervenir dans les écoles et bibliothèques pour ses livres, il anime des séances de théâtre forum et des groupes de paroles sur les relations filles-garçons et sur les assignations de genre pour les enfants de 6 à 16 ans
Présentation de l'éditeur :
Un album qui aborde avec humour les assignations de genre chez les garçons et les filles.
Le chef de la bande des Rakaï c'est Timothé... pardon T-Rex. Mais pour
imposer le respect dans la cour de récréation, il faut des muscles. Pour
ça, ils ont Igor. Sauf qu'aujourd'hui c'est le jour du carnaval, et le
moins que l'on puisse dire, c'est que le déguisement d'Igor ne va pas
faire l'unanimité.
Ma chronique :
Dès les premières pages, cette histoire m’a fait sourire avec son petit groupe de garçons qui se donne des airs de gros durs. À leur tête, Timothée, alias T-Rex, et ses copains se sont autoproclamés « les Rakaï ». Ils ont même leur banc attitré dans la cour, celui des « nuls » devenu, par la magie du marqueur, celui des Rakaï. Une petite bande qui semble très sûre d’elle… du moins en apparence !
Parmi eux, il y a les jumeaux Dark et Vador, Black Panther et surtout Igor, arrivé en cours d’année et encore peu à l’aise avec le français. Et puis il y a Myriam. Elle, évidemment, ne peut pas faire partie de la bande : c’est une fille ! Cette idée, qui paraît évidente aux garçons, permet à l’histoire d’aborder avec humour les stéréotypes entre filles et garçons, les différences et la façon dont on peut facilement mettre les autres à l’écart.
Le carnaval de l’école va pourtant venir bousculer les certitudes de cette petite bande. Les Rakaï ont décidé de se déguiser en personnages inquiétants, tout de noir et de rouge. Tous respectent la consigne… sauf Igor, qui arrive dans un tutu parce qu’il a tout simplement envie de se déguiser en danseuse. Et finalement, ce choix inattendu va contribuer à faire tomber quelques barrières.
J’ai aimé la manière dont Camil Jérôme aborde des sujets importants sans donner de leçon. L’humour, les illustrations et les situations de cour de récré rendent le message accessible aux enfants. Les différences, les préjugés, l’exclusion, mais aussi le droit d’être soi-même trouvent naturellement leur place dans cette histoire.
Et quand une balle perdue permet finalement de réunir tout le monde autour d’une partie de foot, on comprend que les règles peuvent parfois être beaucoup plus simples qu’on ne le pense : jouer ensemble, tout simplement !
A.S. TAMAKI est un auteur américain d’origine japonaise. Il peut retracer son ascendance jusqu’aux clans mêmes qui ont combattu durant l’une des guerres civiles ayant émaillé l’histoire de l’Empire japonais, source d’inspiration de son oeuvre. Son premier roman, Le Clan des feuilles mortes, et le premier tome d'une trilogie intitulée L'Empire de l'automne.
Présentation de l'éditeur
On dit que l’empire a retrouvé la paix. On dit que les luttes fratricides sont terminées. Mais ce qui a été brisé à Azemichi ne veut pas mourir. Aujourd’hui, dieux et démons marchent parmi les hommes. Et une tempête se prépare.
Sen est un prince en exil, rare survivant d’un clan qui a été décimé quand son père s’est rebellé contre l’empire dix-sept ans plus tôt. Privé de son héritage, il est déterminé à réparer les crimes du passé, quel qu’en soit le prix. Rui est une paysanne dont le sort est inextricablement lié à celui de Sen depuis qu’elle lui a sauvé la vie. À la dérive, elle ne parvient pas à trouver sa place dans un monde qui semble ne pas vouloir d’elle – jusqu’au jour où un acte irréparable la force à affronter son destin.
À présent, les intrigues politiques, la guerre civile naissante et l’ombre d’une vengeance divine menacent de plonger l’empire dans le chaos. Sen et Rui se lancent alors dans une quête qui leur permettra de restaurer leur honneur perdu.
Ma chronique :
Préparez-vous à plonger dans une fantasy épique aux accents de Japon féodal, où les rivalités entre clans, les luttes de pouvoir et les anciennes rancœurs annoncent une guerre imminente. Moines guerriers, samouraïs, nobles, paysans, esprits et démons se côtoient dans un univers sombre où la violence n’est jamais très loin.
Ce qui m’a plu d’emblée, c’est cette immersion dans un Japon médiéval réinventé. L’histoire et les conflits du passé ne servent pas simplement de décor : ils continuent de peser sur le présent et donnent à cet univers une véritable profondeur. Les tensions entre les grandes familles, les questions de pouvoir, de naissance et de loyauté composent un échiquier politique complexe.
Le récit repose sur plusieurs points de vue, notamment ceux de Sen, héritier banni qui n'a jamais renoncé à laver le nom de sa famille, et de Rui, simple fille de la terre, dont le chemin croise le sien au fil d'événements qui les dépassent tous les deux. Ce choix permet d’observer les bouleversements depuis différentes strates de la société. J’ai aimé voir les conséquences des décisions des puissants sur ceux qui les subissent, et découvrir des personnages confrontés à des choix difficiles entre vengeance, devoir et bien commun.
En revanche, cette richesse a parfois été un frein. La multitude de personnages, de noms, de familles et de factions m’a demandé beaucoup d’attention, et certains points de vue manquent parfois de profondeur. Le démarrage m’a également semblé assez lent, l’intrigue prenant véritablement de l’ampleur dans la seconde moitié.
Malgré ces réserves, les derniers chapitres ont réveillé ma curiosité, notamment avec l’importance grandissante de la mythologie et des forces surnaturelles. Un premier roman ambitieux, dense et prometteur, qui m’a surtout donné envie de voir jusqu’où Tamaki emmènera cet univers.
Citations
Les anciens disaient que le passé ne disparaissait jamais ; peut-être avaient-ils raison. Il vit encore en nous, pensa-t-il. Chaque jour apporte son lot de fantômes. Chaque jour, les blessures se rouvrent.
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Libère toi des murs de ton propre esprit. Ne pense pas car tout est fugace et rien n'est réel. C'est notre esprit qui nous apporte de la souffrance et notre esprit l'absorbe en nous. Sors de ton esprit. Trouve la vérité
Jesuso Ortiz est un designer, illustrateur et photographe espagnol. Il adore mener des expériences, ce qui l’a conduit à ouvrir plusieurs comptes Instagram sur lesquels il s’adonne à différents exercices de style. Grâce à ses illustrations qui mêlent dessins et photo-graphies de fleurs, fruits et objets du quotidien, il invite ses deux cent trente mille abonnés à plonger dans son univers où les poires deviennent des pandas, les kiwis des parapluies et les roses des éléphants.
Louna Demir
Pour Louna Demir, la liberté a le goût d’un fruit mûri sous le soleil.
Elle en sent le parfum dès qu’elle joue les équilibristes lors des ateliers de cirque pour enfants qu’elle anime, quand elle milite pour le droit des femmes ou encore lorsqu’elle réalise son fameux entremets pêche verveine.
Avec Le goût de la liberté elle publie son premier album.
Présentation de l'éditeur :
Quel goût a l'amitié ? Elle peut être... douce comme les pétales d'une fleur quand on rit aux éclats. Explosive comme l'orage quand elle gronde ou aussi duveteuse que la laine d'un mouton quand on en prend soin !