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L'atelier de Litote

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30 juillet 2026

Fonseca

Je remercie les Editions La Table Ronde

 Collection Quai voltaire pour cette nouvelle lecture.

 
    • Traduction (Anglais) : Mona de Pracontal

Jessica Francis Kane

 

Un mot de l'autrice

 

 

Jessica Francis Kane a grandi dans le Michigan et a fait ses études à Yale. Elle est l’auteure de quatre livres. Son roman The Report (2010) a été finaliste du Center for Fiction First Novel Prize, et son roman Rules for Visiting, sélectionné pour le Joyce Carol Oates Prize, a figuré parmi les meilleurs livres choisis par Oprah Daily en 2019. Ses nouvelles et essais ont paru dans Harper’s Magazine, The New York Times, Slate ou encore Granta. Elle vit à New York et dans le Connecticut.

 

 

 
 
Présentation de l'éditeur
 
 
 
 
Jour des morts, 1952. Penelope et son jeune fils Valpy ont posé le pied à Fonseca, au Mexique, et se tiennent devant une maison aux volets clos. Partis d'Angleterre, où Penelope a laissé un mari trop porté sur l'alcool et une revue littéraire au bord de la faillite, ils ont pris le car à New York après avoir traversé l'océan. Tout cela dans l'espoir de toucher un hypothétique héritage que leur ont fait miroiter deux doñas excentriques en possession d'une fortune minière. Mais cette planche de salut en est-elle vraiment une ? Enceinte de son troisième enfant, tenant Valpy par la main, Penelope hésite à toquer, ne sachant ce qui l'attend dans cette étrange maison nommée Mirando. D'un épisode à peine évoqué dans un essai de Penelope Fitzgerald, Jessica Francis Kane a tiré un personnage plus vrai que nature - de mère tourmentée, d'artiste soutenant sa famille, de femme rêvant de liberté. Bien plus qu'un hommage, Fonseca est un monde en soi, fascinant, de même qu'une saison romancée de la vie de l'écrivaine.
 
 
 
 

 

 
Ma chronique : 
 

Avec Fonseca, Jessica Francis Kane nous entraîne sur les traces d’une période peu connue de la vie de Penelope Fitzgerald, célèbre romancière anglaise, bien avant la publication de son premier roman. Inspiré d’un épisode réel de la vie de Penelope Fitzgerald, ce roman raconte son séjour au Mexique en 1952, une parenthèse loin d’un quotidien devenu compliqué. À cette époque, elle doit faire face aux difficultés de son mari avec l'alcool, aux problèmes financiers de leur revue littéraire et à sa troisième grossesse.

Lorsqu’elle reçoit une invitation de deux sœurs Delaney, propriétaires d’un mystérieux domaine à la recherche d’un héritier, elle décide de partir avec son jeune fils Valpy. Dans le manoir de Fonseca, elle découvre un univers étrange où se côtoient des personnages excentriques, tous attirés par la possible fortune des deux vieilles dames.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance particulière de ce roman, cette parenthèse mexicaine hors du temps où l’humour côtoie la mélancolie. La maison, les habitudes surprenantes des sœurs Delaney et cette galerie de protagonistes aux motivations parfois ambiguës donnent au récit une vraie originalité. Les lettres échangées avec les enfants de Penelope Fitzgerald apportent également une dimension intime intéressante et permettent d’entrevoir la femme derrière l’écrivaine.

Pourtant, malgré ces qualités, je suis restée parfois en retrait. Le rythme très lent et l’importance accordée aux détails du quotidien ont créé une certaine distance dans ma lecture. J’aurais aimé être davantage touchée par l’évolution de Penelope et de son fils, ressentir plus intensément ce que cette expérience a pu changer en eux.

Fonseca demeure néanmoins un roman délicat et érudit, qui interroge avec finesse la création littéraire, la maternité et la capacité à se réinventer. La présence surprise d’Edward Hopper et de sa femme Jo, tant sur la couverture qu’au sein de l’intrigue, ajoute une touche inattendue. Une lecture à savourer sans précipitation, qui trouvera certainement un écho particulier auprès des admirateurs de Penelope Fitzgerald et des amateurs de romans biographiques.

 

 

Citations : 

 

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C'était la différence entre les gens qui avaient de l'argent et ceux qui n'en avaient pas ; ils ne voyaient pas tout ce qu'une somme en plus, même petite, pouvait changer.
 
 

 

Quai-Voltaire

 

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30 juillet 2026

L'Age de déplaire

Je remercie les Editions Albin Michel pour cette nouvelle lecture. 

 

 

 

 

 Abibou Diouf 

Biographie de l'auteur
 
Abibou Diouf est né en 1995 à Dakar. Après le baccalauréat, il s'installe en France pour poursuivre ses études. Diplômé d'un double master en ressources humaines et communication, il vit aujourd'hui à Paris, où il travaille comme chasseur de têtes. L'Âge de déplaire est son premier roman.

 

 

 
Présentation de l'éditeur
 
 

Et si L'Âge de déplaire était le roman de la désobéissance ?

Entre Paris et Dakar, Fadel est un homme écartelé. En France, il goûte à une liberté nouvelle ; au Sénégal, sa vie est subordonnée à la hiérarchie familiale, aux injonctions à la virilité et à la tradition. La mort de son père agit comme un déclencheur. La colère d'abord, puis l'afflux des souvenirs, et la figure obsédante d'un autre Fadel, son turandoo, son homonyme : un artiste marginal surnommé « Fadel le Fou », dont le mode d'existence défie l'ordre social. Deux hommes, un même prénom, deux destins possibles. Et une question : a-t-on le droit de devenir soi quand tout nous enjoint de rester à notre place ?

Roman du conflit et de la fracture intime, L'Âge de déplaire explore ce moment où l'on comprend que l'héritage n'est pas seulement ce que l'on reçoit, mais aussi ce que l'on choisit de transformer, de taire ou de brûler. Animé par l'urgence de dire, Abibou Diouf interroge avec justesse et courage la fabrique des masculinités, les violences symboliques exercées au nom de la tradition et le poids du silence au sein des familles sénégalaises.

 

 

 Ma chronique : 

 

Un premier roman d'une remarquable maturité. Cette lecture a été une véritable révélation tant elle aborde avec finesse des thèmes aussi forts que l'héritage familial, les traditions, le patriarcat et la difficulté de s'affranchir des rôles imposés.

Fadel vit en France depuis plusieurs années lorsqu'il apprend le décès de son père. Son retour au Sénégal pour les funérailles ravive des interrogations longtemps tenues à distance. Confronté à sa famille, aux attentes qui pèsent sur lui et à une hiérarchie profondément ancrée, il comprend qu'il ne pourra plus éviter les choix qui détermineront son avenir.

J'ai été profondément touchée par la manière dont l'auteur explore les fragilités de son personnage. Entre Paris et Dakar, Fadel se retrouve partagé entre deux visions du monde qui s'entrechoquent. Son cheminement interroge avec justesse ce que signifie être un homme lorsque la vulnérabilité semble interdite, mais aussi ce que coûte la désobéissance lorsque les traditions façonnent chaque décision.

La force du roman réside dans ses nombreuses nuances. Il ne condamne jamais de façon simpliste les héritages familiaux ; il montre combien ils peuvent être à la fois protecteurs et étouffants. Les personnages révèlent toute leur profondeur, chacun étant animé par ses doutes, ses aspirations et ses blessures. J'ai rarement ressenti le besoin de relever autant de passages tant la plume d'Abibou Diouf est riche de réflexions marquantes.

L'auteur se distingue par sa sensibilité et sa précision, laissant toute leur place aux silences, aux blessures et aux contradictions de la masculinité. Il dépeint avec justesse un univers où la fragilité n'a pas sa place et où seules la colère et la domination semblent autorisées. Fadel porte comme tant d'autres les fractures de l'exil. L'Âge de déplaire est un roman marquant sur la société sénégalaise. Chaque chapitre nourrit une réflexion sur la tradition, la liberté et les choix qui façonnent une existence.

C'est un livre qui fait réfléchir, bouscule les certitudes et invite à questionner nos appartenances. Un premier roman coup de cœur, d'une grande beauté, à lire absolument.

 

 Citations :  

 

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On a perdu le droit de se déguiser. La moindre ambiguïté est perçue comme une déviance, un crime même. Et, derrière cette chasse aux marges, se déploie un fléau plus inquiétant : l'homophobie. Ces dernières nées, des corps ont été exhumés parce qu'on estimait qu'ils ne méritaient pas de reposer dans une tombe musulmane. L'un d'eux a été jeté dans la cour de sa mère, comme un paquet indésirable. Un autre a été traîné dans la rue et brûlé, sous les applaudissements de ceux qui croyaient défendre la morale. Les vidéos ont circulé sur les réseaux. Les visages ne se cachaient même pas. Ici, on tue au nom d'Allah, au nom du bien. 

 

 


Être cadet au Senegal c’est se fondre dans le décor familial, incarner la discrétion, vivre en périphérie. On est là, sans vraiment l'être. On existe, mais à peine.Être cadet, c'est être infantilisé quand ça arrange, puis accusé de ne pas grandir. On n'a pas le droit de choisir sa voie, de se tromper, d'apprendre, d'avancer. Il faut sans arrêt répondre oui grand frère, oui grande sœur. Ne jamais penser par soi-même.Tais-toi, écoute, obéis. Voilà le programme.


Alors je me suis tourné vers d'autres récits - de femmes, de minorités, de celles et ceux qui osent raconter autrement. Parce que chanter la puissance est facile. Dire la fragilité, c'est un autre langage. Un langage nu, vrai, qui accouche parfois de poésie et de sens. C'est ce qui me tient debout, durant cette période sombre: la beauté. Je lis pour trouver des phrases qui réparent, des vers qui consolent.
Léna et moi avons cette passion en commun.

Albin michel

 

27 juillet 2026

White River

Je remercie les Editions Rivages pour l'envoi de ce nouveau titre.

 

 

 Sophie aslanides (Traductrice)

 

 

 

Ian McGuire

 

 

 

Biographie de l'auteur :
 
 
Ian McGuire est un auteur anglais, né en 1964, a Kingston-upon-Hull au Royaume-Uni.

Ian McGuire a grandi près de Hull, en Angleterre, et étudié dans les universités de Manchester et de Virginie. Il a cofondé le Centre pour la Nouvelle Écriture à l’université de Manchester et enseigne actuellement l’écriture créative à l’université de Nord Texas. Ses écrits ont été publiés dans le Chicago Review et le Paris Review. White River est son dernier roman à paraître en France.
 

 

 

 

 
Présentation de l'éditeur
 
 
Un roman captivant sur la soif de l'or et ses conséquences sanglantes, dans les paysages impitoyables du Canada au XVIIIe siècle, par l'auteur acclamé de "Dans les eaux du Grand Nord".

 

 

 

Ma chronique :

 

 

Dans White River, Ian McGuire nous plonge dans une expédition aussi fascinante que profondément dérangeante, au cœur du Canada subarctique du XVIIIᵉ siècle. Dès les premières pages, l’arrivée d’un colporteur porteur d’or déclenche une mécanique implacable : celle de la convoitise.

Magnus Norton, chef de poste ambitieux, voit dans cette découverte la promesse d’une fortune rapide. Il organise alors une expédition clandestine vers le mystérieux lac Ox. Mais très vite, ce voyage devient moins une quête qu’une lente descente vers le chaos. Le groupe, composé d’hommes rongés par leurs failles, avance dans un équilibre précaire où la moindre étincelle suffit à tout faire basculer.

L’un des passages les plus marquants, et sans doute les plus éprouvants, est l’acte de violence commis par John Shaw. À mes yeux, il constitue un véritable point de non-retour, entraînant une succession de drames qui imprègne tout le récit. McGuire explore sans détour la brutalité humaine, les rapports de domination et les fractures culturelles.

J’ai particulièrement apprécié la multiplicité des regards. Anglais, Autochtones et Inuits observent le monde à travers leurs propres croyances, chacun persuadé de détenir sa vérité. En donnant une véritable place aux peuples autochtones et inuits, l’auteur met en lumière les incompréhensions, les préjugés et les violences liées à la colonisation, sans jamais réduire ces personnages à de simples figures secondaires. Quelques touches de surnaturel, filtrées par leurs croyances, enrichissent discrètement cette fresque.

L’écriture est immersive, presque cinématographique, et les paysages se révèlent d’une beauté aussi austère que saisissante. En revanche, j’ai trouvé le rythme assez lent. Le roman privilégie les dilemmes moraux à l’action, ce qui pourra séduire certains lecteurs mais en tenir d’autres à distance. J’aurais également aimé que le quotidien de l’expédition et la rudesse du voyage soient davantage développés.

Malgré ces réserves, White River demeure un roman historique solide, sombre et ambitieux, porté par une écriture remarquable. Une lecture exigeante qui interroge avec force les ravages de la cupidité et la part d’ombre qui sommeille en chacun.

 

 

Citations :

 

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L’or vient d’un endroit qui s’appelle Ox Lake, qui se trouve à huit cents ou neuf cents kilomètres, au fin fond des Terres stériles, à deux jours de marche vers le nord de White River Crossing.

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Dans les terres gelées de "White River", l’or ne brille pas : il saigne. Et les hommes, avides ou désespérés, ne sont que des ombres sur la neige, prêtes à s’entretuer pour une lueur qui n’éclairera jamais leur âme. 

 

 

 

 

 

rivages

 

 

24 juillet 2026

Étranger à la dérive

Je remercie les Editions Rivages pour l'envoi de ce nouveau titre.

 

 Christophe Mercier (Traducteur)

 

 

 

James Lee Burke

 

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Biographie de l'auteur :
 
 
 
James Lee Burke est l’un des auteurs les plus prolifiques du roman noir américain contemporain. Deux fois lauréat du prestigieux Edgar Award, il poursuit les sagas qui l’ont rendu célèbre, celle de l’enquêteur Dave Robicheaux (héros de Dans la brume électrique» que Bertrand Tavernier a porté à l’écran) et du shérif Hackberry Holland. Unanimement loué pour le lyrisme avec lequel il évoque la nature dans ses livres, engagé dans la défense de l’environnement, Burke continue à explorer de livre en livre les ambiguïtés du bien et du mal, une quête puissante qui l’a fait comparer à Faulkner. Il partage son temps entre le Montana et la Louisiane.

 

 

 

 
Présentation de l'éditeur
 
 
Une aventure de la famille Holland au Texas, vingt-cinq ans avant Les Jaloux.
Au début des années trente, le jeune Weldon Avery Holland est confronté aux célèbres hors-la-loi Bonnie et Clyde, alors qu’ils viennent de commettre un braquage. Weldon leur tire dessus, sans avoir la certitude d’avoir atteint sa cible.
Lorsqu’on le retrouve dix ans plus tard, il vient d’échapper à la mort dans la bataille des Ardennes en sauvant la vie à son sergent et à une jeune prisonnière de guerre nommée Rosita Lowenstein. Weldon, le sergent Pine et la mystérieuse Rosita reviennent au Texas où l’industrie pétrolière est en plein développement. Entre son amour pour Rosita et le monde de rapaces qui l’entoure telle une gangrène, Weldon Holland va jouer son destin sur un coup de tête.

 

 

 

Ma chronique :

 

 

Étranger à la dérive de James Lee Burke n’est pas un simple roman : c’est une plongée intense dans une Amérique secouée par la violence et les choix moraux. Tout commence en 1934, en pleine Grande Dépression, lorsque Weldon Holland, encore adolescent, croise la route de Bonnie et Clyde. Une rencontre brève, tendue, mais déterminante, qui laisse déjà entrevoir le destin mouvementé qui l’attend.

On suit ensuite Weldon à travers les années, de la guerre en Europe aux terres pétrolifères du Texas. Aux côtés de son ami Hershel, il traverse l’horreur du conflit avant de tenter de reconstruire sa vie. C’est aussi là qu’il rencontre Rosita, une femme d’un courage remarquable, dont la présence apporte une véritable lumière au cœur d’un univers souvent impitoyable.

J'ai particulièrement apprécié la manière dont James Lee Burke façonne ses personnages. Weldon est un homme de principes, animé par une fidélité sans faille envers ceux qu’il aime. Face à lui, la cupidité, la haine et les abus de pouvoir prennent des visages multiples, rappelant que les véritables ennemis ne se trouvent pas uniquement sur les champs de bataille.

La plume de Burke reste d’une remarquable richesse. Son écriture, à la fois évocatrice et puissante, sublime les paysages texans tout en donnant une profonde épaisseur aux tourments de ses personnages. Les thèmes de la rédemption, de la guerre, de l’argent, de l’amitié et de la destruction du monde naturel s’entrelacent avec une grande justesse.

Bien plus qu’un roman noir, Étranger à la dérive est une vaste fresque familiale où l’amour, l’honneur et la conscience morale tentent de résister à la noirceur des hommes. Je referme ce roman avec la conviction d’avoir lu l’une des œuvres les plus marquantes de James Lee Burke. Un récit ample, profondément humain, qui confirme une nouvelle fois le talent exceptionnel de cet auteur.

 

 

 

Citations :

 

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Quand on vit dans une démocratie, on est persuadé que certaines choses ne vous arriveront jamais. Puis vient un jour où le bandeau est retiré, et où on découvre la nature cruelle de la vie en bas de la chaîne alimentaire.

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A Okinawa, j'ai bombardé des bateaux de pêche japonais parce qu'ils avaient des radios sur eux. Il y avait des familles sur ces bateaux. C'est ainsi que va le monde. Nous sommes des étrangers à la dérive. Nous naissons seuls et nous mourrons seuls.

 

 

 

 

rivages

 

 

23 juillet 2026

L'Adolescence du perroquet

Je remercie les Editions Albin Michel pour cette nouvelle lecture. 

 

 

 

 

 Amélie Nothomb  

Biographie de l'auteure
 
Amélie Nothomb est née à Kobé en 1967. Dès son premier roman, Hygiène de l'assassin, elle s'est imposée comme une écrivaine singulière. En 1999, elle a obtenu le Grand Prix de l'Académie française pour Stupeur et tremblement et, en 2021, le prix Renaudot pour Premier sang. Elle publie cette année son 35e roman.

 

 
Présentation de l'éditeur
 

 

 « L'amour n'est pas un dû. »

 

 

 

 Ma chronique : 

 

Comme chaque rentrée littéraire, j'attendais avec curiosité le nouveau roman d'Amélie Nothomb. Avec L'adolescence du perroquet, l'autrice délaisse les intrigues plus classiques pour offrir un récit surprenant, drôle, déroutant et profondément symbolique.

Alban hérite de Jo, un gris du Gabon aux facultés extraordinaires. Fascinant, l’oiseau apprend à communiquer, imite les sons du quotidien et tisse peu à peu un lien presque exclusif avec son maître. J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre cette relation, entre émerveillement, tendresse et complicité Puis survient l'adolescence, avec son lot de révolte, et l'équilibre patiemment construit vole en éclats.

Je dois avouer qu'en refermant le livre, mon impression était mitigée. Je l'avais lu d'une traite, mais il me manquait quelque chose. Ce n'est qu'après quelques jours que le véritable sens du roman m'est apparu. Cette histoire insolite révèle une réflexion sur la parentalité, l'éducation et ce moment où l'être que l'on a accompagné prend son indépendance, parfois avec violence. Cette idée que l'amour ne donne aucun droit sur l'autre traverse tout le récit avec justesse.

J'ai également apprécié la manière dont Amélie Nothomb poursuit sa réflexion sur le langage, déjà présente dans certains de ses précédents ouvrages. Très vite, j'ai eu l'impression que Jo faisait bien plus que répéter des mots : il semblait les écouter, les assimiler et leur donner un véritable sens. En faisant du langage l'un des fils conducteurs de son récit, l'autrice rappelle que parler ne suffit pas à aimer ni à comprendre l'autre. Cette fable aviaire prend alors tout son sens à travers la mystérieuse phrase de la quatrième de couverture : « L'amour n'est pas un dû. »

Sous son apparente légèreté, ce court roman aborde aussi des thèmes plus vastes : la liberté, le pouvoir, l'identité, le genre, la dépendance affective ou encore la difficulté d'accepter que l'autre nous échappe. Sans jamais donner de leçon, l'autrice fait émerger une réflexion philosophique et politique derrière une intrigue volontairement décalée.

 

 Citations : 

 

 

quote leftÊtre inspiré, ce n'est pas marcher sur les traces de quelqu'un. C'est être catapulté par un levier dont on ne connaissait pas l'existence.


Un oiseau qui parle ? D'abord un oiseau qui écoute. Contrairement aux humains, il parle parce qu'il écoute.


Toute personne qui vit une grande souffrance espère découvrir un lieu qui l'exonère de sa douleur.

Albin michel

 

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21 juillet 2026

Les pies parapluies

Je remercie Alice Editions pour l'envoi de ce titre.

 

 

 

Jérôme Camil

 

 

Jérôme Camil imagine et illustre des albums hauts en couleurs, loufoques, bourrés d'humour avec des chutes surprenantes qui ne laisseront pas indifférents petits et grands.

 

 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur : 

 

Quand une IA un peu trop fière d'elle-même découvre une nouvelle espèce d'oiseaux...

Nous sommes en 2050 et toute la chaîne du livre est contrôlée par l'Intelligence Artificielle ! Toute ? Non ! Quelques irréductibles auteurs et autrices résistent encore et toujours à l'envahisseur en détournant les albums écrits par l'I.A.A.A.A: L'Intelligence Artificielle Autrice d'Albums sur les Animaux.
Une dysto-pie ?
Lauréat Prix des Incorruptibles (CP) 2020-2021 : Une fin de loup
Lauréat Prix Gayant Lecture 2021 (catégore 2 à partir 6/7 ans) : PAF !
Lauréat Prix des Incorruptibles CP 2021-2022 : PAF !
Lauréat Prix Tatoulu jaune 2022 catégorie 5-6 ans : Sa majesté Versaï

 

 

 

Ma chronique :

 

 

 

 

Avec Les Pies parapluies, Jérôme Camil signe un album jeunesse aussi déroutant qu’hilarant, qui ne ressemble à aucun autre. Dès les premières pages, le ton est donné : l’auteur s’efface derrière une mystérieuse I.A.A.A.A. Comprenez : Intelligence Artificielle Autrice d’Albums sur les Animaux, censée étudier le monde avec une rigueur scientifique pour produire des documentaires irréprochables. Sauf que très vite, l’humain reprend la main… et démonte joyeusement la supercherie.

Le principe repose sur un double récit particulièrement savoureux. D'un côté, l'IA analyse avec un sérieux absurde une espèce inventée : des pies qui ne sortent jamais sans leur parapluie. De l'autre, les dessins, enrichis de commentaires signés Jérôme Camil, révèlent une réalité bien différente, pleine de maladresses, de conflits et de situations comiques. Ils démentent systématiquement les interprétations de l'IA : ce qu'elle prend pour de la tendresse n'est qu'agacement, ce qu'elle imagine être de la sociabilité relève plutôt des moqueries ou de petites vengeances.

J’ai particulièrement apprécié ce jeu permanent entre les certitudes de l’IA et ce que révèlent réellement les illustrations. L’IA surinterprète tout, confond émotions et intentions, et transforme une simple mésaventure en théorie pseudo-scientifique. Une satire fine, accessible aux enfants, mais qui fera aussi sourire les adultes.

Visuellement, l’album est une réussite. Le cadre façon interface technologique renforce l’illusion d’un regard artificiel posé sur le vivant, tandis que le trait expressif et les détails foisonnants donnent vie à un univers chaleureux et drôle.

Au-delà du rire, l’album interroge avec finesse notre rapport à l’intelligence artificielle. Il rappelle que, sans compréhension des émotions, du contexte ou du second degré, elle passe inévitablement à côté de l’essentiel.

J’ai refermé cet album avec le sourire, séduite par son inventivité, son humour et sa façon malicieuse d’aborder un sujet aussi actuel. Un album intelligent et jubilatoire, à partager dès 8 ans pour en savourer toutes les nuances. Un vrai coup de cœur.

 

 

 

 

 

Citations : 

 
 

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20 juillet 2026

Lequel de ces dix suspects est le coupable ?

Je remercie les Editions Sonatine pour ce partenariat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Biographie de l'auteur

 

 

Né en Australie, Benjamin Stevenson est stand-upper et romancier. Tous les membres de ma famille ont déjà tué quelqu'un est son premier roman à paraître en France. Les droits d'adaptation de ce livre traduit dans plus de vingt pays ont été vendus à HBO.

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur
 

 

Amateur d'Agatha Christie et des maîtres de l'âge d'or du roman policier classique, Ernest Cunningham a déjà élucidé plusieurs meurtres d'une ingéniosité redoutable. Mais l'affaire à laquelle il est mêlé cette fois dépasse tout ce qu'il a connu. Il doit en effet résoudre un assassinat en chambre close. Et pas n'importe quelle chambre : une chambre forte ! Notre héros est pris en otage avec une dizaine d'autres personnes lors d'un braquage. Personne ne peut entrer dans la banque, personne ne peut en sortir. La tension est extrême. Et s'accroît encore lorsqu'un meurtre complètement inattendu est commis au beau milieu du hold-up. Chacun des otages devient alors un suspect. À la manière d'un Hercule Poirot des temps modernes, Ernest va devoir sortir le grand jeu afin de résoudre l'énigme et trouver le coupable.

L'auteur de Tous les membres de ma famille ont déjà tué quelqu'un a encore frappé ! Avec ce meurtre en huis clos, il nous propose de mener la plus passionnante des enquêtes. Saurez-vous déceler les indices et dénouer l'affaire avant Ernest Cunningham ? Il va vous falloir ouvrir l'oeil !

 

 

 

 

Ma chronique : 

 

 

Benjamin Stevenson confirme, une fois encore, qu’il maîtrise parfaitement l’art de manipuler son lecteur. Ce quatrième tome reprend les ingrédients qui ont fait le succès de sa série : un narrateur malicieux, une intrigue à tiroirs et le plaisir de jouer avec les codes du roman policier. On retrouve Ernest Cunningham, détective bien malgré lui et écrivain un peu gauche, dans une situation improbable. Alors qu’il vient solliciter un prêt pour lancer son agence de détective privé, il se retrouve piégé dans un huis clos aussi original qu’absurde : une banque, et plus précisément… son coffre-fort.

Pris dans un braquage, il doit résoudre un meurtre alors que personne ne peut entrer ni sortir. Chaque otage devient suspect, et l'auteur brouille les pistes tout en interpellant directement le lecteur. Son écriture reste vive, son humour fonctionne toujours.

On retrouve ce qui fait le charme de la saga : cette façon de déconstruire le genre et un héros attachant dans sa maladresse. J’apprécie toujours Ernest Cunningham et son côté décalé, avec un petit air d’Hercule Poirot moderne. Pourtant, cette mécanique bien huilée finit par perdre de son effet de surprise.

Car cette fois, la magie opère moins. J’ai eu le sentiment d’une intrigue plus longue à démarrer et d’une formule qui montre quelques signes d’essoufflement. La multiplication des personnages, parfois difficiles à différencier, m’a empêchée de m’investir pleinement dans l’enquête. Là où les précédents tomes séduisaient par leur fraîcheur et leur originalité, ce nouvel opus donne une impression de répétition.

Au final, Lequel de ces dix suspects est le coupable ? reste un roman agréable, porté par l’inventivité et l’humour singulier de Benjamin Stevenson. Mais cette nouvelle enquête ne m’a pas autant convaincue que les précédentes. Une lecture plaisante, sans retrouver l’étincelle des premiers tomes.

 

 

Citations : 

 

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20 juillet 2026

Le phare de l'impossible

Je remercie les Editions Buchet - Chastel pour l'envoi de ce nouveau titre.

 

 

 

 

 

 

Biographie
 
 
Poète écossais multiprimé, Michael Pedersen est actuellement en résidence à l’université d’Édimbourg et a reçu la bourse Robert Louis Stevenson. Avec sa langue inventive qui emprunte autant aux contes qu’aux romans d’aventure, il a été encensé par des auteurs comme Kae Tempest, Bernardine Evaristo ou Ocean Vuong.

 

 

 

 

 

 
Présentation de l'éditeur
 

Sur l’île de Muckle Flugga, le point habité le plus septentrional du Royaume-Uni, se dresse le Phare de l’Impossible, un des fameux phares Stevenson. Un père et son fils le gèrent ensemble, accueillant parfois des pensionnaires, ornithologues pour la plupart. Lorsqu’un des locataires – Firth, un écrivain perdu – arrive d’Édimbourg, les limites du monde auquel le gardien et son fils, Ouse, s’accrochent commencent à s’effriter. Un bras de fer s’engage entre Firth et le gardien de phare pour gagner l’affection d’Ouse – et son avenir. Alors que les anciens et les nouveaux modes de vie se heurtent, et que l’heure des grandes décisions approche, que laisseront les marées dans leur sillage ?

 

 

 

 
 
 
Ma chronique :  
 

A l'extrême nord des Shetland, là où les légendes se nourrissent des récits de géants rivaux séduits par une sirène, Michael Pedersen installe Le phare de l’impossible dans un décor aussi hostile que fascinant. Muckle Flugga, île la plus septentrionale du Royaume-Uni, devient le théâtre d’un huis clos rugueux, battu par les vents, où la mer semble dialoguer avec les âmes. J’ai été immédiatement séduite par cette atmosphère sauvage, presque irréelle.

Au tournant du XXe siècle... , et la figure de Robert Louis Stevenson traverse le roman apporte une touche de merveilleux qui renforce la dimension contemplative du récit. Sur cette île isolée vivent un père prisonnier d'un deuil qu'il ne parvient pas à dépasser, figure autoritaire et brisée, et son fils Ouse, jeune esprit créatif qui trouve refuge dans la lecture, le tricot et d’étranges conversations avec le fantôme de Stevenson. L’arrivée de Firth, ornithologue et poète désabusé, vient fissurer cet équilibre fragile. Voyant en Ouse un talent à révéler, il s’engage dans une lutte silencieuse contre le père, pour offrir à l’enfant une autre destinée.

Si la psychologie des personnages peut parfois sembler appuyée, la véritable force du roman réside dans son atmosphère. L'île finit par s'imposer comme la véritable force du récit : une terre rude, imprégnée de traditions, de whisky et de solitude, où les éléments semblent épouser les émotions des personnages. J’ai particulièrement apprécié cette lenteur exigeante, qui invite à habiter les silences autant que les événements.

Au cœur de ce texte, c’est l’émancipation qui se joue. Ouse, progressivement, s’extrait de l’ombre paternelle pour envisager un ailleurs, incarné par Édimbourg. Entre poésie, dureté et éclats d’espérance, Pedersen livre un roman contemplatif sur la création, la transmission et le courage de choisir sa propre voie. Une lecture âpre mais profondément lumineuse.

 

 

 

Citations :
 

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Tôt un autre matin, le plus tôt que Firth se soit levé, il repère Ouse à quatre pattes, en train d'admirer une goutte de pluie suspendue à un ajonc. Dès qu'il s'est éloigné, Firth s'empresse de prendre sa place, pour avoir un aperçu de cette perle qui l'a subjugué à ce point. Il découvre l'île entière, le ciel et le soleil plus haut, reflétés à l'intérieur ; un minuscule paysage féérique, compacte dans une boule à neige naturelle. Contempler cet univers en miniature est une expérience mystique. Ouse lui-même est mystique, conclut Firth, puis il fait tomber la goutte de pluie d'une pichenette, pour prouver que ce n'est pas une illusion. Il se sent aussitôt affreusement mal, telle la divinité qui a accidentellement inventé l'enfer, après une querelle avec un ange qui avait repoussé ses avances.


C'est une chose étrange que de se trouver sur une île déserte, surtout cette Out Stack ; une sensation comme Firth n'en a jamais éprouvé. Les voilà uniques passagers sur cet affleurement antédiluvien, le dernier débarcadère de l'Écosse avant l'Arctique. Ce lieu n'a cependant rien d'un refuge ; il repousse les visiteurs - gardé par des rochers qui rodent sous la surface, prêts à frapper, une expérience tectonique qui a mal tourné. Le voyageur intrépide qui parvient à traverser ces mâchoires agressives n'est récompensé que par une arrivée sur un terrain trompeur. La roche est noircie et d'une froide humidité, vieille et fâchée de l'être. Sa boue se fait bourbier, ses crevasses fatales. Il n y a pas grand-chose qui puisse pousser là. Les vagues aussi protestent contre l'existence même de cet amas rocheux - elles s'acharnent, source d'un mal de crâne constant. Et il est impossible d'appeler à l'aide, de lancer un SOS - si la situation dégénère ici, il n'y a guère de remède.

 

 

 

 

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16 juillet 2026

Minjung

Je remercie les Editions Flammarion pour l'envoi de cette nouvelle lecture.

 

Photo : Pascal Ito © Flammarion

 

 

Ian Manook

 

Biographie de l'auteur
 
 
Traduit en dix langues, Ian Manook est notamment l'auteur de la trilogie Yeruldelgger, pour laquelle il a reçu le Grand Prix des lectrices de ELLE, le prix SNCF du polar et le prix Quais du Polar.
 
 

 

 
Présentation de l'éditeur

 

 
Cent quarante mille enfants coréens vendus dans le cadre d’un trafic humain géré et financé par l’État.
Des dizaines de milliers de "minjungs" traités en parias par la dictature et raflés pour présenter au monde une Corée étincelante lors des J.O. de Séoul en 1988.
Deux immenses scandales dont Gangnam va devoir affronter les séquelles, bien des années plus tard.
Pas seulement comme ex-flic et ex-mafieux, mais surtout comme survivant. C’est dire s’il va ajouter à sa férocité d’enquêteur déjà ingérable toute la rage et la détermination d’une victime.
Ceux qui ont été complices de ces atrocités inhumaines n’ont aucune clémence à attendre de lui.
Encore une fois, dans un pays qu’il aime, Manook pointe sa plume là où ça fait mal…
 
 

 

 
 
Ma chronique :
 

Second tome de la trilogie débutée avec Gangnam, récompensé par le Prix Méditerranée Polar, Minjung nous entraîne au cœur d’une Corée du Sud loin des images lisses et colorées que l’on peut parfois imaginer. Dans ce thriller sombre et percutant, l’auteur dévoile un pays marqué par les blessures du passé, où les secrets d’État et les fantômes des anciennes dictatures ressurgissent avec violence.

Ce roman signe le retour de Gangnam, ancien inspecteur aux méthodes peu conventionnelles, capable d’évoluer entre les règles officielles de la police et les codes plus troubles des milieux mafieux qu’il connaît bien. Accompagné de Chin Su, une inspectrice aussi extravagante qu’efficace, il va se retrouver au cœur d’une affaire aux ramifications insoupçonnées.

Tout commence avec Jeanine, une Coréenne adoptée par un couple français, qui revient sur sa terre natale pour comprendre les circonstances de sa naissance. Sa quête de vérité va révéler un scandale glaçant : celui d’un vaste système d’adoptions illégales où des milliers d’enfants auraient été traités comme de simples marchandises, avec la complicité de structures officielles.

Ian Manook aborde des thèmes d’une grande noirceur : trafic humain, exploitation, maltraitances et camps de travail où des personnes marginalisées furent enfermées pendant des années. Derrière l’image moderne de la Corée du Sud se cachent des pages douloureuses de l’Histoire que l’auteur met en lumière avec force.

Malgré la violence des faits évoqués, l’écrivain apporte sa signature grâce à un mélange d’humour noir, de sarcasme et de personnages hauts en couleur. Cette ironie n’efface jamais la gravité du propos, mais donne au récit une tonalité unique.

J’ai beaucoup aimé cette immersion dans une Corée complexe, fascinante et loin des clichés. Entre enquête haletante, révélations bouleversantes et protagonistes marquants, Minjung est un thriller captivant qui dépasse le simple divertissement. Ian Manook signe un roman engagé et saisissant… Vivement la suite pour connaître le dénouement de cette trilogie !

 

 

 
Citations :
 

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La nouvelle mode des Hongdae boys. Ils jouent les beaux gosses branchés pleins aux as et aux bonnes manières pour draguer les étrangères, puis ils les sautent pour les afficher à leur tableau de chasse. Ils gagnent même des points en fonction de leur proie.

_________________________________

 

C’est un délice absolu dans la nuit printanière éclairée de lampions, sur cette petite terrasse plantée à flanc de colline, au-dessus du Han majestueux moiré de reflets de lune, avec cette bande de petits vieux d’ici, peut-être bien ensemble depuis les bancs de l’école primaire, à vivre d’un bonheur tout simple dans leur petit bout de pays bien à eux.

 

flammarion

 

16 juillet 2026

Bou et la baguette magique

Je remercie L'Allée des Loupiotes pour ce nouvel album.

 

 

 

À propos des autrices

 

 

Julie Jaumot est autrice et illustratrice. Diplômée en Arts Plastiques et Visuels (agrégée en pédagogie des arts), elle explore depuis plus de vingt ans les chemins de la créativité. Tour à tour enseignante, accompagnatrice pédagogique et animatrice d'ateliers d'art-thérapie pour adultes, elle est autrice et illustratrice de plusieurs albums jeunesse, dont les histoires mêlent intime, poésie et illustrations vibrantes. Elle est l'autrice des ouvrages Bou et le chemin des fleurs, et Bou et la fête d'hiver (Allée des Loupiotes).

llustratrice lyonnaise, Windy a étudié à l'ENAAI (Savoie) avant de travailler à l'Atelier de Cinéma d’Animation d'Annecy (AAA). Elle se consacre ensuite à la création de petits personnages, peuplant de mystère et de rêverie un univers graphique onirique singulier.

 

 

 

 

C’est l’été. Accompagnée de ses parents et de son inséparable compagnon à quatre pattes, Papillotte, Bou part à la mer. Là-bas, entre le murmure des vagues et la caresse du sable chaud, elle le voit, déposé par l’écume : un morceau de bois flotté, d’un blanc de nacre, tordu par le sel et le temps. Pour Bou, aucun doute : c’est elle. Sa baguette magique ! Elle l’agite vers le ciel, essaie de transformer les galets en trésors, les nuages en barbe à papa.

 

 

 

Ma chronique : 

 

 

Dans ce nouvel album signé Julie Jaumot et Windy, Bou revient avec toute la fraîcheur et la sensibilité qui la caractérisent. J’ai retrouvé avec plaisir cette héroïne attachante qui regarde le monde avec des yeux émerveillés. Cette fois, cap sur l’été et le bord de mer, où elle séjourne avec ses parents et son fidèle compagnon, Papillotte. Les journées s’écoulent au rythme des jeux sur la plage, des petits trésors dénichés au bord de l’eau et des promenades bercées par le bruit des vagues. Le décor est posé : celui de vacances simples, lumineuses, presque suspendues.

C’est au détour d’une balade que tout bascule. Bou découvre un morceau de bois flotté, poli par le sel et le temps, différent de tous les autres. Dans son regard d’enfant, il ne fait aucun doute : elle tient enfin sa baguette magique. Aussitôt, l’imaginaire s’emballe. Les galets pourraient devenir des trésors, les nuages de la barbe à papa… mais rien ne se passe comme prévu. La magie, elle, reste silencieuse.

Ce léger désenchantement n’alourdit jamais le récit. Au contraire, il ouvre un espace plus doux, plus intime. À travers l’échec de ses sortilèges, Bou traverse une petite déception, vite apaisée par la tendresse et la présence rassurante de Papillotte. Ce moment de repli devient une clé : comprendre que la magie ne réside pas forcément dans la transformation spectaculaire du réel, mais dans le regard que l’on pose sur lui.

L’album séduit par son atmosphère estivale enveloppante, presque sensorielle. Les illustrations, baignées de lumière, restituent avec justesse la chaleur du sable et le mouvement des vagues. J’ai eu un véritable coup de cœur pour une double page, d’une grande poésie que je vous laisse découvrir. Chaque page invite à ralentir, à observer, à ressentir.

Au-delà de son apparente simplicité, cette aventure parle avec délicatesse de confiance en soi, d’imagination et de petites désillusions qui font grandir. Bou continue de toucher par sa curiosité, sa sincérité et son courage discret. Un album tendre et lumineux, qui rappelle que la magie existe, mais qu’elle ne prend pas toujours la forme que l’on attend.

 

 

 

 

 

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