L'atelier de Litote

23 mars 2019

L'Inconnu

Je remercie les Editions Belfond pour l'envoi de ce nouveau titre.

 

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Éric Cherrière

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Un mot de l'auteur

Éric Cherrière est réalisateur, scénariste et écrivain. Il est l'auteur de Je ne vous aime pas (Le Cherche Midi, 2010, prix du Polar de la prison de la Santé). Il a également écrit et réalisé deux longs-métrages, Cruel, Grand prix du polar de Cognac 2016, et Ni dieux ni maîtres, dont la sortie en salle est prévue en 2019.

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Présentation de l'éditeur

Les plus grandes familles françaises sont réunies au château Dragan pour un double mariage célébrant les unions d'héritiers de la sphère politique et financière. Les invités appartiennent tous au monde des puissants. Tous sauf un. L'Inconnu. Qui n'a pour seule richesse que sa haine. 
Une des deux mariées, fille du ministre de l'Intérieur, est enlevée. Neuf mois plus tard, elle est retrouvée plongée dans le coma et sur le point d'accoucher. 

Plusieurs années après, une nouvelle vague de crimes vise les mêmes familles... Et l'enfant né de ce drame se trouve irrémédiablement mêlé à l'enquête. 

Dans cet ample roman où s'affrontent le mal et l'innocence, la fureur et la tendresse, à travers le face-à-face singulier d'un monstre et d'une petite fille, Éric Cherrière explore une société prisonnière de la violence et revisite la lutte des classes.

 

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Ma chronique : 

 

C’est un coup de cœur, ce livre c’est de la dynamite, je suis rentrée à fond dedans. L’inconnu est un personnage incroyable qui ne peut que faire vibrer.  Le scénario est osé et il faut reconnaître qu’écrire un thriller sur fond de lutte des classes c’était une très bonne idée.

 

Lors de la célébration d’un double mariage de la haute société, sont réunis trois grandes familles représentant toutes les arcanes du pouvoir, l’industrie, la politique et la police. On navigue parmi les plus grosses fortunes de France. Seul parmi les invités, un inconnu.  Une des jeunes mariées, enceinte est enlevée, elle sera retrouvée 9 mois plus tard dans le coma prête à accoucher.  Des années plus tard, les mêmes familles semblent visées et cet enfant miraculé se retrouve au centre du drame.

 

Le personnage de l’inconnu est celui pour lequel  j’ai ressenti attirance et répulsion , il devient la personne à abattre mais semble toujours insaisissable. L’auteur en fait une sorte de héros punissant les ultras riches et laissant plusieurs gens du petit peuple en vie.  C’est là toute la force de ce roman qui dans un contexte de crise fait que le peuple voit en lui un justicier vengeur. On assiste à la description des familles de la haute bourgeoisie, chez les quelles ont sent une fin de vie, un temps révolu. Tout le côté historique de ces familles sous la forme d’écrits retrouvés était juste parfait et donne du sens au mot tradition. Les rencontres avec la France profonde font un contraste détonnant. Lorsque sévit l’inconnu c’est avec un déchaînement de violence inouïe qui nous laisse KO et songeur. J’avais hâte de découvrir les motivations profondes de toute cette barbarie  et je n’ai pas été déçu à vous de découvrir ce livre qui m’aura bouleversé et fait profondément réfléchir à la construction de notre société. Bravo  pour ce roman violent certes mais mené avec un regard sans concession sur la dérive des puissants. Bonne Lecture.

 

 

 

Citation : 

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Les années de prison n’ont pas abattu l’Inconnu, elles l’ont régénéré. De son corps, qui était déjà celui d’un athlète, il a fait une arme. De son mental en acier, une centrale nucléaire de sang-froid. Il sait où et comment il va frapper. Il en a les moyens. Il fera très mal et il se pourrait qu’il devienne un héros, rejoignant les êtres légendaires rencontrés au creux des pages des livres de la prison.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’ømbre de la baleine

Je remercie les Editions Calmann-Lévy pour l'envoi de ce nouveau titre.

Camilla Grebe

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Biographie de l'auteur

Camilla Grebe est déjà célèbre en Suède pour sa série de polars écrite avec sa soeur. Un cri sous la glace, son premier livre en solo, paru en 2017 aux éditions Calmann-Lévy, a connu un très beau succès dès sa sortie tout en devenant un phénomène mondial.

 

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Présentation de l'éditeur

  LA NOUVELLE STAR DU POLAR SUÉDOIS
NOUS PLONGE DANS DES EAUX BIEN SOMBRES…
 
Quand des cadavres de jeunes hommes échouent sur les côtes de l’archipel de Stockholm, la jeune flic Malin et son supérieur, Manfred, sont missionnés pour résoudre ce sombre mystère. Hélas, chacun est plus vulnérable que d’habitude : Malin est très enceinte, et Manfred meurtri par le terrible accident qui a plongé sa petite fille dans le coma.
En parallèle, nous rencontrons Samuel, adolescent rebelle, dealer à mi-temps, élevé par une mère célibataire aussi stricte que dévote. Sa vie bascule quand celle-ci jette à la poubelle des échantillons de cocaïne que le baron de la drogue de Stockholm lui a confiés.
Alors que Samuel trouve une planque idéale sur la petite île de Marholmen, où il est embauché par la jolie Rachel pour devenir l’auxiliaire de vie de son fils Jonas, Malin et Manfred font fausse route. Mais toute leur enquête change de cap le jour où la mère de Samuel signale enfin sa disparition…
Une triple narration redoutable qui confirme à nouveau le talent exceptionnel de Camilla Grebe pour tisser des intrigues complexes. Fausses pistes et retournements incroyables côtoient une réflexion passionnante sur la fragilité de l’adolescence et de la filiation. Un grand cru, pour une grande dame du polar, désormais couronnée du très prestigieux Glass Key Award.
 
 
Camilla Grebe est l’auteure d’Un cri sous la glace, son premier livre écrit en solo, paru en 2017 aux éditions Calmann-Lévy, grand succès dès sa sortie tout en devenant un phénomène mondial. Le Journal de ma disparition, paru en 2018, vient de remporter l’immense Glass Key Award, récompensant le meilleur polar scandinave. L’Ombre de la baleine est sur la liste des meilleures ventes en Suède depuis sa parution. Camille Grebe sera présente en France à l’occasion de Quais du Polar 2019.

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Ma chronique : 

 

Un roman qui nous est vendu comme un polar scandinave et c’en est un, sans conteste mais c’est aussi bien d’autres choses tout d’abord, il y a un côté quasi mystique et poétique avec l’analogie de Jonas pris dans le ventre de la baleine, c’est aussi un roman psychologique qui joue avec  les liens familiaux et bien entendu il a une portée dramatique qui nous entraîne dans une intrigue profonde et sans promesse de retour. L’action se déroule dans l’archipel de Stockholm où l’on retrouve en mer les corps fracassés et enchaînés de plusieurs jeunes hommes. Pour mener l’enquête un du de choc en la personne de Malin, enceinte et de son chef Manfred rongé d’inquiétude face au coma de sa petit fille. Il y a aussi un autre couple détonnant, celui de Samuel et de sa mère qui le cherche partout car il semble avoir disparu. Samuel a trouvé la cachette idéale en travaillant pour Rachel, il prend soin de Jonas son fils handicapé suite à un accident.

 

L'histoire avance vite au fil des chapitres nommés du prénom des différents personnages narrateurs. J’ai ressenti beaucoup d’empathie pour Samuel qui  semble faire mauvais choix sur mauvais choix avec une petite voix off toujours dévalorisante, que chacun d’entre nous a surement du entendre une fois dans sa vie. La relation mère/fils est tout sauf satisfaisante mais malgré tout en sent qu’il y a beaucoup d’amour entre eux, même s’il n’est pas démonstratif et cela donne de l’espoir. L’histoire personnelle de anfred vient se greffer à l’intrigue et ajoute une touche de tension supplémentaire mais l’on reste encore une fois sur le fil tendu du lien parent/enfant et c’est la même chose avec le couple que forment Rachel et Jonas. Tous ces duos sont des personnages essentiels à l’histoire alors que les liens s’entrecroisent et que l’intrigue prend une dimension de plus en plus dangereuse, on assiste à des retournements de situations épiques. Bonne lecture.

 

 

Citation : 

 

 

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J’entends ma mère s’affairer dans la cuisine. Quelle plaie, ma daronne ! Non seulement elle me rebat les oreilles avec ses injonctions – cherche du boulot, va à l’agence pour l’emploi, range la vaisselle et j’en passe – mais en plus elle se fait de la bile du matin au soir. Et son anxiété pénètre en moi ; tout mon corps me démange comme si des fourmis se promenaient sous ma peau.
On dirait qu’elle n’a pas pigé que je suis adulte. J’ai fêté mes dix-huit ans le mois dernier ; pourtant, elle continue de me couver comme une mère poule, à vouloir contrôler mes moindres mouvements, comme si j’étais sa mission sur cette Terre. Ça me rend dingue.

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21 mars 2019

Raisons obscures

Je remercie XO Editions pour l'envoi de cette nouvelle lecture.

 

Coupdecoeurlogoshort

 

 Amélie Antoine

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Un mot de l'auteur

Amélie Antoine est née en 1984. Elle vit à Lille avec sa famille. Raisons obscures est son sixième roman.

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Présentation de l'éditeur

Deux familles ordinaires à l'heure de la rentrée scolaire. 
Deux familles où chacun masque et tait les problèmes pour ne pas inquiéter les autres. 
Chez les Kessler, la mère a retrouvé son premier amour. 
Chez les Mariani, le père est mis à l'écart dans son entreprise. 

Deux familles où règnent les secrets. 
Où, sans que personne ne s'en aperçoive, un enfant est 
progressivement démoli par un autre. Harcelé, rabaissé, moqué au quotidien. 
Détruit dans le silence et l'aveuglement le plus complet. 

Deux familles où, en apparence, tout va bien. 
Jusqu'à ce que tout déraille... 
Pour des raisons obscures. 

Un roman sur les non-dits, les faux-semblants, et ce regard que, parfois, l'on ne sait plus toujours porter autour de soi. 

Une chronique implacable sur le harcèlement, le silence des victimes, la cécité des proches, servie par une écriture puissante et cinématographique.

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Ma chronique : 

 

Ce livre est mon coup de cœur en ce début d’année. Il m’a donné de puissantes émotions et de violents frissons. Amélie Antoine signe avec Raisons obscures, un livre remarquable traitant d’une thématique malheureusement commune mais écrite avec un tel talent que l’on a le sentiment de laisser tomber la fiction pour entrée dans une terrible réalité, celle des faits divers tels qu’on peut les découvrir dans le journal de 20 h. le livre est scindé en deux partie , la première partie nous présente deux familles celle des Kessler et celle des Mariani. On va apprendre à les connaître, leur joie, leur peine, les difficultés qu’ils peuvent rencontrer au travail ou dans leur vie de couple, leurs enfants, leurs caractères… Toute cette première partie m’a paru sinon ennuyeuse, au moins une phase d’observation sociale et familiale, de deux familles en 2016/2017. Rien de particulier à leur propos, des familles comme on peut en croiser tous les jours. Pourtant dès le premier chapitre on sait que quelque chose de grave est arrivé.

 

L’alchimie particulière de ce livre commence vraiment à la seconde partie et là, je suis restée scotchée dès les premières lignes. Il faut dire que j’ai suivi le conseil de mon amie Séverine de ne pas lire la quatrième de couverture et oh combien j’ai eu raison. Le choc, la claque que dis-je la déflagration  aurait-été réduite à néant. Ce livre est bouleversant, il vous emporte sans qu’on ait rien demandé dans les méandres de ce que l’être humain peut avoir de pire. Sur le fond l’histoire est terrifiante. Pourtant c’est dans la forme, la construction narrative que j’ai pris le plus de plaisir. J’ai aimé pouvoir vivre les situations en parallèle grâce aux marqueurs de temporalité. Vivre les situations du point de vue des adultes et aussi du point de vue des enfants, c’était vraiment un plus. Ce que vivent les uns, ce que ressentent les autres, un livre à lire vous l’aurez compris SANS la quatrième de couverture sous peine de le gâcher ce qui serait dommage car la surprise est un élément déterminant. Bonne lecture.

 

 

Citations : 

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 La pitié, c’est la cerise sur le gâteau de la cruauté, rien de plus. La pitié, c’est juste une façon pathétique de gérer la culpabilité qu’on commence à ressentir, la culpabilité d’avoir fermé les yeux, de n’avoir rien fait dès le début.


 

Un peut-être, c'est un oui. Un peut-être, c'est toujours le début d'un oui.


 

Tout lui manque, en permanence. Où que sa mémoire se pose, il en arrive toujours à la même conclusion : ils avaient tout pour être heureux.

 

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