l'atelier de Litote

23 avril 2018

Bastien & Raphaël

 

Je remercie les Editions du Panthéon pour ce SP.

Matthieu Aubin

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Biographie de l'auteur

Passionné de littérature depuis son plus jeune âge, Matthieu Aubin lie brillamment cette appétence à l'écriture. Un talent qui se libère souvent dans le calme d'une nature tant appréciée, lui apportant inspiration et sérénité.

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Présentation de l'éditeur

Raphaël a quinze ans. Et comme la plupart des jeunes de son âge, il aime la musique, les jeux vidéo et par-dessus tout, les filles. Seulement un jour sa vie bascule, il tombe amoureux d’un garçon.

 

Ma chronique : 

 

Un très beau récit qui touche un sujet sensible, l’homosexualité.  Bastien & Raphaël  sont deux jeunes adolescents qui vont découvrir leur attirance en se rencontrant pour la première fois au collège. C’est un texte relativement court 112 pages, plein de fraicheur où l’on retrouve les soucis que peuvent avoir les ados à l’intérieur d’une classe. Mais ici le problème est bel et bien celui de l’homophobie sous toutes ses formes. Cela ressemble à un parcours du combattant, Raphaël va vivre le rejet de sa famille  heureusement que parmi elle se trouve quelques personnes qui sauront le soutenir comme sa grand-mère et sa grande sœur. Puis il y aura des agressions physiques dans la rue. Et encore au sein même du lycée, des insultes, des rumeurs, de l’agressivité et de l’humiliation. On comprend tout de suite les enjeux et on ne s’étonne plus de voir de très jeunes garçons penser au suicide sous de telles conditions de vie. Matthieu Aubin nous dresse ici une histoire touchante et très proche de la réalité même si l’écriture et le style manque de maturité, il n’empêche en rien l’intensité du propos. Bonne lecture.

 

 

panthéon

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Zaune

Je remercie les Editions Archipoche pour ce SP.

Jean-Hugues Oppel

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Biographie de l'auteur

Oppel est né à Paris en 1957. Ex-opérateur par intermittence pour le cinéma et la télévision, il poursuit actuellement son œuvre littéraire en noir pour tous les âges.

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Présentation de l'éditeur

La Zone. Un territoire au-delà du périphérique. Des pavillons entassés, des achélèmes tristes et des parkings sans printemps. Des usines et des humains en ruines. Des loubards, des flics et des malfrats. Un gros paquet de blanche et des dollars en coupures de sang. Et Zaune, la rouquine. Qui n'a pas 24 heures pour sauver son frère Bernard, un toxico victime des jeux d'argent, poursuivi par deux tueurs pour récupérer un kilo d'héroïne et un paquet de fric qu'il a subtilisés au dealer en chef. Zaune prend les choses en main. Aidée de deux animateurs de MJC, elle escamote Nanard" aux yeux des flics et des truands qui n'en reviennent pas d'une telle audace. Début d'une traque infernale, ponctuée de violence et de souffrance...À quoi bon ? Pour donner un sens à sa vie. Si cela a encore une signification dans la banlieue qui bascule."

Quatrième de couverture

La Zone. Un territoire au-delà du périphérique. Des pavillons entassés, des achélèmes tristes et des parkings sans printemps. Des usines et des humains en ruines. Des loubards, des flics et des malfrats. Un gros paquet de blanche et des dollars en coupures de sang. Et Zaune. La fille cuivre et or. Qui n'a pas vingt-quatre heures pour sauver son frère. Pour donner un sens à sa vie. Si cela a encore une signification dans la banlieue qui bascule.
Ma chronique :

Un style très particulier, incisif, allant droit au but et pour tout dire percutant. La description des cités, « des achélèms », des petits caïds et des flics corrompus nous plonge dans une réalité glauque. On  est dans une de ces banlieues parisienne où il y a de plus en plus de no mans land et de zone de non droits. C’est le quotidien de Zaune  très belle jeune femme rousse pleine de répondant et de son frère camé, Nanar, quelle fera tout pour sauver. Même mère mais pères différents, absents tous deux. Le récit commence et se termine par une partie de poker qui n’est pas sans rappeler le sens de la vie tantôt on gagne, le plus souvent on perd, les coups de bluff s’enchaînent. C’est un roman noir et sombre et pourtant les deux personnages qui m’ont le plus touchés ont été les deux animateurs de la MJC , les éducs qui s’occupent depuis des années de la jeunesse perdue et qui sauront être d’un grand secours à Zaune. Ils apportent un espoir et une force, des personnes sur lesquelles ont peut compter en toutes circonstances ? Alors en peu de pages, l’auteur nous donne un condensé de violence, de réalisme avec des dialogues forts et une histoire qui pourrait sembler banale si elle n’était pas malheureusement si terrible. J’ai vraiment bien accroché au style de l’auteur lorsqu’il se sert de phrases courtes voir de quelques mots seulement à la façon d’un coup de poing pour nous faire comprendre le côté percutant et rapide et excitant de l’action. Et de l’action il y en a , un fameuse course poursuite digne d’un fast and furious , avec des scènes tellement visuelles que je les imaginais sans peine sur le grand écran. Un livre à découvrir car il sort des sentiers battus et surtout j’ai eu l’impression d’être entraînée dans une course à toute allure qui ne laisse pas le temps au lecteur de poser son livre une minute. Bonne lecture

Citation : 
Son embauche n'a pas révolutionné les données corrigées en fonction des variations saisonnières. Il y fraise et meule des pièces détachées sans entrain. A sympathisé avec Frank à la fin du premier mois sur le zinc. arrosage de la paye. Première cuite indexée sur le coût de la vie, ça crée des liens.
Blanchard salue le cerbère qui a une bosse sous l'aisselle gauche, une autre à hauteur de l'estomac et une troisième dans la braguette. 357 Magnum sous le bras, Mauser recalibré 12/12 Choke à la ceinture et érection de taille raisonnable dans le pantalon; l'homme feuillette une revue cochonne pour tuer le temps.
Zaune est belle, belle, belle à couper la respiration, mais elle parle comme un charretier ivre

 

la litote

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20 avril 2018

Rêves de trappeur

Je remercie XO Editions pour ce SP.

Rock et Kathryn Boivin

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Biographie de l'auteur

Kathryn et Rock Boivin sont parents de deux grands enfants. A plus de soixante-cinq ans, ils vivent toujours dans le Yukon et leur passion pour le Grand Nord est toujours aussi intense.

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Présentation de l'éditeur

" Je m'en fiche de gagner de l'argent, de faire carrière... Je veux connaître le grand frisson dans l'immensité des glaces, je veux vivre comme un trappeur, de chasse et de pêche, courir sur les pistes, naviguer sur les rivières et me sentir en accord avec la nature. Et ce que je recherche avant tout, c'est la vérité des gens. Dans le grand froid, par moins quarante, qu'on soit riche, pauvre, indien, noir ou vert, on est tous sur un pied d'égalité. "

Ce jeune homme assoiffé d'aventure, c'est Rock, un Québécois fort en gueule et grand admirateur de Davy Crockett. À dix-huit ans, il lâche tout, ses études, son confort, et part dans le Yukon, sur les traces des pionniers et des chercheurs d'or si chers à Jack London. 

Au début des années quatre-vingt, sa route croise celle de Kathryn, une Calamity Jane qui tient tête à tous les machos qui l'entourent. Elle a quitté la Colombie-Britannique pour venir travailler sur des engins gigantesques dans une mine d'or. La rencontre de deux personnalités hors du commun. 

Follement amoureux et portés par les mêmes rêves, la même quête d'absolu et de liberté, Kathryn et Rock répondent à l'appel de la forêt et décident de vivre au cœur du " bush ", dans le Grand Nord canadien, selon la tradition des " coureurs des bois ". 

L'incroyable histoire des derniers trappeurs du Grand Nord canadien.
Une leçon d'humilité et d'harmonie avec la nature.


Kathryn et Rock Boivin sont parents de deux grands enfants. À plus de soixante-cinq ans, ils vivent toujours dans le Yukon et leur passion pour le Grand Nord est toujours aussi intense. 

Préface de Nicolas Vanier

Source: Amazon

 

 

Ma chronique : 

 

 

Êtes-vous prêt à embarquer dans le grand nord canadien ? C’est ce que nous propose le témoignage de Rock et Kathryn Boivin qui font sans doute partie des derniers trappeurs du Yukon. Après une préface signée Nicolas Vannier, on va suivre le début des aventures de ce couple dès les années 1978. Leur volonté farouche de vivre à l’écart des hommes et de la société pour être au plus proche de la nature et des grands espaces. Ce couple sort des sentiers battus pour écrire leur propre histoire. On y côtoie  toute une faune sauvage, loups, caribous, carcajous et autre martes mais aussi un côté spirituel, une pointe de chamanisme et de belles aurores boréales. Leur connexion avec la nature, son immensité est porteuse d’espoir. C’est magnifiquement écrit, en duo en alternant les souvenirs entre lui et elle. Points de vue et regards différents en fonction des sensibilités qui s’expriment et celui qui pleure n’est pas celui qu’on croit.  A suivre leur trace dans la neige, on s’y croirait et ce voyage  m’a énormément dépaysé, une sorte de retour aux sources, où l’on voit bien les risques énormes à vivre dans des contrées qui sont hostiles à l’homme ne serait-ce que par les températures hivernales. Alors, je suis restée en admiration devant cette force de caractère, cette adaptation et cette volonté à vivre là-bas. Les anecdotes sont nombreuses et c’était un plaisir de lire leur amour pour leur chien de traineau. Construire soi-même sa propre cabane en rondin, n’est certainement pas donné à tout le monde mais  après les difficultés, ils parviennent à vivre dans leur propre foyer et je suis certaine que cela prend une autre valeur quand on fait les choses soi-même.  Un livre qui suit le courant littéraire du nature writing avec la force du témoignage en plus. Je pense qu’il y a matière à poursuivre avec un second tome car celui-ci se termine trop vite et comme Kathryn nous dit qu’elle a tenu soigneusement un journal, je ne désespère pas de trouver un jour une suite. Un bon moment de lecture.

 

 

 

 

 

Citation : 

Ce que j'apprends sur les pièges à collet me chagrine. Ils retiennent l'animal par la patte. Alors les proies mettent parfois plusieurs jours avant de mourir si le trappeur est empêché par la neige de relever les pièges. Bon Dieu, à quoi ça sert de les faire souffrir ? Je dis à Gary que je refuse d'utiliser ces instruments de torture. Il m'explique qu'il existe des dispositifs à assommoir ou à ressort, plus modernes, qui tuent les animaux sur le coup. Ça, d'accord, je veux bien chasser de cette façon. Ce n'est pas plus méchant que les crocs d'un loup qui tranchent la gorge d'un bébé caribou. Heureusement, les pièges à collet, à la fin des années quatre-vingt, seront interdits au Canada. Seuls les pièges modernes sont autorisés aujourd'hui. La police ne plaisante pas avec ça...


 

Je suis un petit point minuscule perdu dans cet immense paysage blanc. Le son ouaté de mes skis contre la glace m'apaise. Je savoure la caresse du vent sur mon visage, j'admire les sommets qui découpent le bleu du ciel entre les arbres. J'avance comme un automate, sans prêter attention à mes gestes. Ces moments d'évasion me font plonger dans mes souvenirs, je pense à ma famille, à mon père. Je lui adresse une prière dans le silence de mes pensées.


 

Dans l'après-midi, nous passons devant une carcasse d'élan, les résidus de sa boîte crânienne, son squelette à peu près entier, sa fourrure en lambeaux. Je reste plantée devant ce spectacle morbide, comme hypnotisée. Tout autour je remarque dans la neige de nombreuses traces animales et des crottes pleines de poils. L'attaque d'une meute de loups, je suppose. Avant de mourir, l'élan a dû vendre cher sa peau dans la bagarre. Leur gueuleton terminé, les loups ont poursuivi leur chemin, cédant leur place aux martres, aux corbeaux et aux mésangeais. Cette image de mort évoque cruellement notre propre condition au milieu de ce paysage radical. Nous ne valons pas plus que cette carcasse. Nos cadavres découverts par l'une de ces bêtes seraient aussitôt dévorées. La nature se moque de nos états d'âme, à nous les humains, de notre rapport aux temps, de nos calculs, de nos projections. Nous faisons désormais partie intégrante du monde sauvage. Et cela me rend humble, m'oblige à relativiser la dureté de notre existence, à prendre de la distance.

 la litote

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19 avril 2018

Le Nom des étoiles

Je remercie les Editions Gallmeister pour cette nouvelle lecture.

Pete Fromm 

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Biographie de l'auteur

Pete Fromm est né en 1958 dans le Wisconsin et a d'abord été ranger avant de se consacrer à l'écriture. Il a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles qui ont remporté de nombreux prix et ont été vivement salués par la critique. Indian Creek, récit autobiographique, a été son premier livre traduit en français. Pete Fromm vit dans le Montana.

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Présentation de l'éditeur

Confortablement installé avec les siens à Great Falls, une ville paisible du Montana, Pete Fromm a depuis longtemps troqué sa tenue de ranger contre celle de père de famille. Il pensait que ses expériences dans les espaces sauvages des Etats-Unis appartenaient définitivement au passé. Jusqu'à ce qu'on lui propose de s'installer un mois au coeur de la Bob Marshall Wilderness afin de surveiller la croissance d'oeufs de poissons. Comment refuser pareille occasion de renouer avec ces grands espaces qui font partie intégrante de son être ? Plus de vingt ans après son séjour à Indian Creek, voici donc Pete Fromm au seuil d'une nouvelle aventure en solitaire. Entre souvenirs d'enfance, anecdotes de ranger et confessions d'un père désireux de transmettre son amour de la nature à ses enfants, Pete Fromm confie avec une incroyable sincérité son parcours de vie et nous fait partager ses échappées dans les grands espaces américains.
Ma chronique : 

Une belle suite d’Indian Creek, la plume de l’auteur nous entraine sans concession  tout au long le livre dans une exploration de son identité maintenant qu’il est aussi père et il se demande  quelle place tient encore le désert dans sa vie. Pete part pour un contrat d’un mois à surveiller l’éclosion d’œufs de poissons, dans une nature encore sauvage où il doit faire de nombreux kilomètres  à pieds tous les jours. Il va tenter de vivre au mieux avec cette solitude qu’il aime et qu’il recherche tout en étant éloigner de ses deux garçons, qu’il avait rêver d’emmener avec lui dans cette aventure.

L’Amérique avec un grand A, comme j’en rêvais, description d’une nature comme à son premier jour dangereuse, mortelle et si attirante. Le parcours d’un homme de l’Ouest Pete Fromm. Ce livre est à la fois une réflexion sur ce que nous sommes pour nos parents, nos enfants et nous-mêmes. Sans oublier la façon dont les autres nous façonnent. Beaucoup de questionnement sur notre passage sur terre et sur notre mort inéluctable. Un témoignage d’une belle authenticité qui révèle une introspection sur  une période d’un mois avec des retours en arrière de ce qui ont été les grands moments dans la vie de cet homme. J’ai beaucoup apprécié le style de l’auteur même si les références typiquement américaine n’ont pas toutes fait sens pour moi, la traduction m’a permis d’apprécier les descriptions et le côté quasi lyrique de cette nature grandiose. J’avis l’impression de marcher dans ses pas et d’y être. On sent que tout peut basculer à tout moment, que la rencontre avec un grizzly peut signifier votre fin, qui est la proie, qui est le chasseur ? En nous révélant sa profonde humanité, il a réussi à me faire entrapercevoir la mienne. Bonne lecture.

 

 

Citation : 
Nage si nécessaire. Tu sais nager. Sors tout ruisselant à l’autre bout, redresse-toi, avec l’eau qui ruisselle des jambes de ton pantalon, qui clapote dans tes chaussures foutues. Ça gêne qui ? Essaye de ne pas hurler, de ne pas libérer cette sauvagerie que tu sens monter en toi, cet élan inconnu, insoupçonné, que tu ne comprends pas encore, à douze ans, et auquel tu aspireras jusqu’à la fin de tes jours. Rends-toi compte ensuite que tu n’as aucune raison de le retenir, qu’il n’existe ici aucune règle, aucun scrupule. Donc tu hurles, tu cries comme un dingue, tu jettes un coup d’œil en direction de tes frères et tu te rends compte qu’ils te dévisagent, qu’ils rient comme des possédés, qu’ils n’arrivent pas à croire que tu cries, alors ils s’y mettent eux aussi. Tu peux à peine courir, à peine tenir debout, à peine respirer tellement tu es euphorique.
En fait, dès que je restais trop longtemps quelque part, l’envie de partir commençait à me démanger. Jamais exprimée, jamais formulée – il fallait simplement que je bouge. Ailleurs, il y avait plus, tellement plus, des choses que je n’avais jamais vues, entendues, ressenties ou même rêvées. Avec tout ça, comment pouvait-on rester sans bouger ?

gallmeister

la litote

 

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Espèces de patates

 Je remercie les Editions Marmaille & Compagnie pour ce livre

 

 CSIL 

Csil est directrice artistique et illustratrice de livres pour enfants.
Née en 1977 dans les Ardennes, c’est tout naturellement qu’elle s’est dirigée dans l’image et la communication.
Après l’obtention d’un diplôme national supérieur d’expression plastique en 2001, elle intègre une agence de communication.
Depuis toujours, elle cultive avec passion son goût pour l’illustration. Dans son travail, traits et couleurs nouent l’émotion au rêve pour faire vivre les histoires.
La légèreté singulière de ses illustrations sert la profondeur des propos. Son fil graphique lui a permis de se révéler et collaborer avec des auteurs tels que Alice Brière-Haquet ou encore Séverine Vidal

Olivier POG

Né en 1977, Pog est un touche à tout. Issu d’études en arts appliqués (bac F12, prépa ENSC CACHAN Arts Appliqués, puis Licence Arts Plastiques), il en garde le goût des concepts. Il aime développer des projets avec des binômes aux quatre coins d’internet. Venu à l’écriture par le biais de la chanson, il se concentre pour le moment à l’écriture d’albums jeunesse, mais s’intéresse aussi aux autres médias et reprend les pinceaux à l’occasion. Ses inspirations se situent du côté des enfants eux-mêmes, des petites choses de la vie, de la BD, du cinéma et de la chanson française. Il vit à Bréteil (35).

 

Christine Séjean

 Christine Séjean est graphiste freelance. Elle intervient dans de nombreux domaines : création d’identités visuelles, design de site internet, travaux d’édition, typographie, faire-part ou invitations. « Espèces de patates » est son premier album chez Marmaille & Compagnie.

Source : ICI

 

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Présentation de l'éditeur

Des patates plus délurées les unes que les autres : en frites, en purée ou même pourries, vive la patate !

Dans ce monde peuplé de patates on découvre des personnages tous plus extravagants les uns que les autres : Astropatate qui voyage dans l'espace, la pomme de terre en robe de chambre un peu déprimée, Spiderpatate le super-héros, Billy la patate le bandit de l'Ouest... Frites, vapeur, chips ou même pourries, ces patates vont nous en faire voir de toutes les couleurs ! 

L'illustratrice, Csil, a déjà publié chez Marmaille & Compagnie l'album à succès "Le Vilain défaut" qui a reçu de nombreux prix littéraires, dont le prix de la Citoyenneté.

 Ma chronique : 

 

Espèces de Patates est notre best seller à la maison, il plaît à la fois qux enfants mais aussi à la maman que je suis. J’ai adoré lire ce livre aux petits, d’une part j’ai trouvé la mise en page avec toutes sortes de polices différentes attrayantes et avec un côté vintage très esthétique et surtout j’ai apprécié les touches d’humour dispensées çà et là pour notre plus grand plaisir à lire avec plusieurs niveaux de lecture.

 

Alors avec ce livre nous faisons un grand tour de la patate, sous toutes les coutures. Allant de la pomme de terre nouvelle à la vieille patate toute ratatinée avec des germes partout. Il existe de nombreuses variétés de patates ainsi qu’une infinité de façon de les préparer. De quoi se donner des idées du côté cuisine, ou des envies du côté plantation !

 

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Afin de faire vivre le livre et de s’amuser encore plus, je me suis mise à la recherche de tissus et le croirez-vous à la couture. J’ai fabriqué 3 patates coussins pour les enfants qui peuvent s’amuser avec en même temps qu’ils suivent l’histoire. Leur personnage préféré étant le shérif patate. Un grand bravo à CSil, Pog et Christine Sejean pour leur extraordinaire créativité. Un texte qui nous emporte au pays des super patates, des patates en robe de chambre, des patates vapeurs et encore bien d’autres sans oublier les frites. Le code couleur est aussi simple qu’efficace : jaune, noir et blanc et un peu de rose aux joues. Bonne lecture.

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la litote

 

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18 avril 2018

Aquarium

Je remercie les Editions Gallmeister pour cette nouvelle lecture.

DAVID VANN

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Biographie de l'auteur

DAVID VANN est né en 1966 sur l’île Adak, en Alaska. Son premier roman, Sukkwan Island, a reçu le prix Médicis étranger 2010 et a été traduit en dix-huit langues dans plus de cinquante pays. Il a depuis publié cinq autres romans et un récit, Dernier jour sur terre. David Vann partage désormais son temps entre l’Europe et la Nouvelle-Zélande.
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Présentation de l'éditeur

Caitlin, douze ans, vit avec sa mère dans un modeste appartement d’une banlieue de Seattle. Afin d’échapper à la solitude et à la grisaille de sa vie quotidienne, chaque jour, après l’école, elle court à l’aquarium pour se plonger dans les profondeurs du monde marin, qui la fascine. Là, elle rencontre un vieil homme qui semble partager sa passion pour les poissons et devient peu à peu son confident. Mais la vie de Caitlin bascule le jour où sa mère découvre cette amitié et lui révèle le terrible secret qui les lie toutes les deux à cet homme.
Ma chronique : 

En lisant le pitch d’Aquarium, je ne peux pas dire que je me suis sentie très à l’aise ? Une petite fille de 12 ans qui passe tout son temps libre à L’Aquarium en compagnie d’un vieux monsieur qu’elle croise là-bas. Brrrrr cela me donnait déjà le frisson… Pas vous ? Dieu merci l’histoire n’a pas suivi le chemin que je tentais désespérément d’éviter mais pour autant c’est resté extrêmement sombre, juste comme j’aime en fait. Des secrets de famille, des non-dits, des blessures psychiques, bon c’est du lourd on est quand même en train de lire du David Vann. Mais je ne rechigne jamais à savoir combien de temps je tiendrai la tête dans le four ou si ma piscine est assez profonde pour m’y noyer. Je ne vais absolument pas entrer dans les détails de l’intrigue parce que c’est juste un livre que vous devez lire sans arrière pensée de ce qui pourrait arriver et que de toute façon je ne serai pas à la hauteur  du talent de l’auteur. Ce que je peux vous dévoiler en revanche c’est que c’est pas mal déprimant mais … pendant que vous êtes dans le noir le plus profond celui que l’on trouve au fond de l’océan, il y a des éclats de lumière si douce et si magnifique comme vous n’en n’avez jamais lu. Alors je ne veux pas forcément retourner dans un David Vann tout de suite et pourtant que j’ai aimé ce livre. Je ne peux que vous encourager à sortir de cette fameuse zone de confort dont tout le monde parle pour aller explorer vos profondeurs. Ok j’avoue que vous pourriez avoir besoin de vos kleenex ou d’un verre de cabernet ou tout simplement de solitude pour vous remettre du grand huit émotionnel que vous venez de vivre… dans l’Aquarium. Bonne lecture.

 

 

Citation

 Tout est possible avec un parent. Les parents sont des dieux. Ils nous font et nous détruisent. Ils déforment le monde, le recréent à leur manière et c'est ce monde-là qu'on connaît ensuite, pour toujours. C'est le seul monde. On est incapable de voir à quoi d'autre il pourrait ressembler.


Le pire, dans l'enfance, c'est de ne pas savoir que les mauvais moments ont une fin, que le temps passe. Un instant terrible pour un enfant plane avec une sorte d'éternité, insoutenable.


Le vieil homme se tourna alors vers moi, s’agenouilla, un geste qui paru douloureux. Il prit mes mains dans les siennes. Une peau froide et humide, rêche. Ecoute, dit-il. Tu commences juste. Tu as une longue vie qui t’attend. Moi, il ne m’en reste qu’un peu. D’autres hommes se mettront à genoux devant toi, plus tard, ils t’offriront leur vie, mais je t’offre davantage. Offrir la fin d’une vie, c’est bien plus, et mes raisons sont bien plus pures. Je t’aime plus qu’aucun homme ne t’aimera jamais. J’essayai de retirer mes mains, mais il tint bon. Il y aura des périodes difficiles. Déroutantes. Tu ne seras pas contente. Mais souviens-toi juste que je t’aime et que je ferai n’importe quoi pour toi, à partir d’aujourd’hui.

gallmeister

la litote

 

 

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17 avril 2018

Black Mamba - Le Mamba Noir: Suivi de Mariposa - Le Papillon

Je remercie les Editions du Panthéon pour ce SP.

Harald Bredlow

Biographie de l'auteur

Harald Bredlow est un véritable citoyen du monde, un globe-trotteur impénitent, un amoureux des peuples, des langues et des cultures. Germanophone, anglophone et parfaitement francophone, il a étudié les lettres et la philosophie à la Sorbonne, à Hambourg, et autres hauts lieux, poursuivant ses humanités en voyageant sur les cinq continents.

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Présentation de l'éditeur

Une aide-soignante est retrouvée morte sur son lieu de travail. Convaincu qu’il s’agit d’une overdose, le médecin-chef de l’hôpital « Les Pins » décide de faire appel au capitaine de police, François de Fleurville. Habitué à ce type d’intervention, il est appuyé par le gendarme Lespine, l’adjudante-chef Jennifer et l’intarissable journaliste Joséphine. Une escouade hors pair dont les découvertes ne tarderont pas à les désorienter...

 

Ma chronique : 

 

 

Un livre lu en quelques heures à peine. Un roman policier agréable qui serait plus proche de la nouvelle avec ses 112 pages. D’ailleurs il y a plusieurs histoires en une,  Black mamba et Mariposa – Le papillon. Une lecture divertissante  et légère même si l’on rencontre des morts, des serpents, un éléphant et un tigre ! J’ai apprécié l’ingéniosité de l’auteur  c’était fascinant, le moment où j’ai pris conscience du fait que les deux récits sont relier l’un a l’autre. J’ai aimé la façon dont l’auteur s’y prend pour faire de cette connexion un moment fort.  Alors certes la vérité n’est pas forcément celle à laquelle on s’attendait, mais j’ai découvert très tôt, trop tôt la chute  de Black Mamba et c’est bien dommage. Il m’a manqué plus de pages, plus de profondeur psychologique des personnages et pour tout dire une intrigue plus corsée. Un polar divertissant et original de part sa forme, qui m’a laissé un peu sur ma faim. Bonne lecture.

 

 

 

 

 

Citation : 

 

« -Bonsoir, mon capitaine, excusez-moi de vous déranger si tard. Mais il y a un mort, ou plutôt une morte à l’hôpital «  Les Pins ». Non, ils n’ont pas loupé une opération. C’est un accident, ou un suicide ou un crime, je ne sais pas. Le médecin-chef n’a pas voulu m’en dire davantage. Il a seulement insisté pour que je vous téléphone et pour que vous veniez aussi vite que possible. »

 

panthéon

la litote

 

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Corrosion

Je remercie les Editions Gallmeister pour cette nouvelle lecture.

JON BASSOFF 

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Biographie de l'auteur

JON BASSOFF est né en 1974 à New York. Prof d’anglais dans un établissement où il est connu comme “l’écrivain dérangé”, il vit aujourd’hui dans le Colorado avec sa femme et ses deux enfants. Son deuxième roman, Les Incurables sort en France en 2018.

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Présentation de l'éditeur

Un vétéran d’Irak au visage mutilé tombe en panne au milieu de nulle part et se dirige droit vers le premier bar. Peu après, un homme entre avec une femme, puis la passe à tabac. L’ancien soldat défiguré s’interpose, et ils repartent ensemble, elle et lui. C’était son idée, à elle. Comme de confier ensuite au vétéran le montant de l’assurance-vie de son mari qui la bat. Ce qu’elle n’avait pas réalisé, c’était qu’à partir de là, elle était déjà morte.
Ma chronique : 


Ce n'est pas tous les jours que l’on peut lire un roman noir  "psycho". Avec corrosion, j’ai enfin compris ce cela pouvait être. C’est bien plus que seulement bon c’est décapant et torride, il y a de la perversité et c’est dérangeant, c’est sombre et beau à la fois bref cela ne m’a pas laissée indifférente. Une rencontre avec une femme va le faire pencher définitivement du côté obscur en passant par la violence extrême et  la dépravation absolue. Jon Bassoff nous emporte dans un sombre duel entre Joseph Downs, vétéran de la guère d’Irak, défiguré et incontestablement perturbé pour ensuite  se concentrer sur la fragilité de la psyché de Joseph après avoir été trahi et en seconde partie on découvre l’histoire de Benton Faulks un adolescent solitaire et brisé par la mort de sa mère et la folie de son père. On verra aussi ce que peut devenir une obsession pour une femme plus âgée lorsqu’elle n’est pas payée en retour. La terrible et lente descente aux enfers de Benton  dans une sorte de folie qui nous ferait presque penser que son père est sain d’esprit atteint un pic lorsque Benton se met à réaliser ses fantasmes de soldat super-héros et à ce moment là c’est vraiment horrible. Il ne faudrait pas oublier non plus le rôle du prédicateur masqué au terrible secret.

J’ai adoré le moment où j’ai pris conscience de la connexion entre les deux récits. C’est vraiment quelque chose qui me fascine, cette ingéniosité de l’auteur, la manière dont il s’y prend pour jouer avec ses personnages et relier petit à petit les fils entre eux pour tisser un motif qui tournerait sur lui-même.

C’est la première fois que je lis un livre aussi noir et perturbant, il m’a fallu un certain temps pour entrer dedans et m’habituer à l’étrangeté de la situation mais une fois que j’y suis arrivée, je n’ai pas pu m’arrêter de lire la suite. C’est ce qui explique qu’il m’a fallu quelques jours de pause avant d’écrire cette chronique, un temps de digestion nécessaire. Bonne lecture.

 

Citation : 

Et le garçon, huit ans, peut-être neuf, des épis dans les cheveux, souriant maladroitement, loin d’imaginer le futur, loin d’imaginer la mort et le désespoir qui l’entoureraient pour le restant de ses jours, loin d’imaginer la maladie qui allait détruire sa mère, la corrosion de son corps, la corrosion de l’esprit de son père, la corrosion de son âme à lui.


C'est bon de pouvoir parler.
Ca aide à exorciser ses démons, tu vois? Si tu gardes tout à l'intérieur... 
Bref, on se retrouve le mercredi soir à 7 heures.
A l'Américan Légion. Comme je vois les choses, personne peut comprendre un soldat comme un soldat.


 Le dernier jour d’un chrétien est, mes amis, son plus beau jour, un jour de triomphe et d’exaltation, un jour de liberté et de consolation, un jour de repos et de satisfaction ! Et, inclinant la tête, baissant la voix, le Pasteur dit : Et maintenant, prions.

Et j’inclinai la tête, tout comme les autres, mais je ne priai pas même une seconde. Au lieu de quoi, je pensais à quel point tout ça était un ramassis de conneries, jusqu’au dernier mot...

gallmeister

la litote

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13 avril 2018

Les sanglots de Pierre

Je remercie City Editions pour cette nouvelle lecture.

Dominique Faget 

Dominique Faget

 

 

 

Biographie de l'auteur

Dominique Faget vit en Gironde où elle situe le cadre de ce roman. Elle est l'auteur de trois autres ouvrages, notamment Celui qui ne meurt pas, un best-seller qui a remporté le Prix VSD du Polar.

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Présentation de l'éditeur

Hortense règne d’une main de maître sur le domaine de La Louvière. Cette femme indomptable et forte a connu des années difficiles. La Grande Guerre lui a volé son mari, le grand amour de sa vie, et son fils aîné est mort lors de la Seconde guerre mondiale.

En cet été 1955, elle aurait mérité que sa vie soit enfin douce et tranquille... Mais tout est compliqué par les manigances de son petit-fils qui projette de transformer le domaine familial en maison d’hôtes. Sans compter également ces meurtres qui se produisent dans le voisinage.

Est-ce un fou qui a décidé de semer la terreur dans la région  ? À la Louvière, Hortense pressent qu’il s’agit d’autre chose et que certains secrets du passé risquent de remonter à la surface et de bouleverser de nombreuses existences...


Quand la vengeance attend son heure…
Ma chronnique : 

Plus qu’un simple roman policier, il s’agit surtout d’une vengeance qui prend une tournure implacable et violente. La narration s’installe dans un va et vient temporel et géographique ce qui rend l’intrigue palpitante. On va être amené à revivre la terrible période de la rafle du Vél’ d’Hiv et des déportations. On suivra en 1942 l’histoire de Robert et Hannelore et les frères jumeaux de celle-ci David et Nathan. Le jour de la rafle Nathan va se sacrifier pour sauver sa sœur enceinte, son beau-frère et son frère, leur permettant de s’échapper et de tenter de rejoindre l’Espagne. Parallèlement on se retrouve après guerre en 1956 dans un vignoble au cœur du Bordelais à La Louvière avec la famille Beaulieu de Chayssac. Depuis quelques jours des crimes horribles ont lieux sur des notables et autre habitant du village, que l’on perçoit rapidement comme punitif. La tension s’installe et monte crescendo, les descriptions de la vie du camp de Birkenau nous plonge dans une réalité écœurante et petit à petit on comprend où l’auteur veut nous amener. C’était très plaisant d’alterner un chapitre « dur » et un chapitre « doux », la plume de Dominique Faget sait parfaitement capter la douceur de la vie dans le Bordelais.

Les cheveux blonds de la jeune femme cascadèrent sur ses épaules quand elle leva les yeux au ciel et soupira.

-Comme on est bien, merveilleusement bien !

La réponse de son interlocuteur fusa comme un coup de poignard.

-Mon frère a été arrêté par la Police Française et je ne sais pas dans quelle geôle il se trouve actuellement ! Ma sœur risque de perdre son enfant ! Nous sommes en fuite et nous risquons notre vie à chaque instant parce que les Allemands peuvent nous capturer ! Alors comment pouvez-vous dire qu’on est bien !

 

J’ai beaucoup apprécié de lire toutes les citations déposées comme les cailloux du petit poucet en tête de chapitre, elles étaient fort bien trouvées. Un livre qui mèle la vengeance, les secrets et la trahison.

Combien de tragédies survenues durant de sombres périodes de l’histoire furent ainsi honteusement occultées.

Citation : 

Les cheveux blonds de la jeune femme cascadèrent sur ses épaules quand elle leva les yeux au ciel et soupira.

-Comme on est bien, merveilleusement bien !

La réponse de son interlocuteur fusa comme un coup de poignard.

-Mon frère a été arrêté par la Police Française et je ne sais pas dans quelle geôle il se trouve actuellement ! Ma sœur risque de perdre son enfant ! Nous sommes en fuite et nous risquons notre vie à chaque instant parce que les Allemands peuvent nous capturer ! Alors comment pouvez-vous dire qu’on est bien 


 

 

Combien de tragédies survenues durant de sombres périodes de l’histoire furent ainsi honteusement
occultées.

city éditions

la litote

 

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12 avril 2018

Midwinter

Je remercie les Editions du Quai Voltaire pour ce SP.

Fiona Melrose

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Biographie de l'auteur

Née à Johannesburg, Fiona Melrose a eu plusieurs carrières, notamment dans l'analyse politique pour des O.N.G. et le secteur privé. Elle vit aujourd'hui en Afrique du Sud. Midwinter a été sélectionné pour le Baileys Women's Prize for Fiction 2017. Johannesburg, son deuxième roman, paraîtra à Quai Voltaire en 2019.

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Présentation de l'éditeur

Landyn Midwinter et Vale, son fils, agriculteurs dans le Suffolk, sont des hommes du terroir. Les temps sont durs, et face à la concurrence des grandes entreprises ils doivent lutter pour garder leur propriété, leur gagne-pain et leur héritage. Mais un combat plus profond et plus brutal est à l'oeuvre en arrière-plan : un face-à-face à propos de l'horrible mort de Cecelia, épouse et mère adorée, dix années auparavant en Zambie ; un passé que tous deux ont refusé d'affronter jusque-là. Lors d'un hiver particulièrement éprouvant, Landyn et Vale se débattent avec leurs souvenirs et leur douleur, remuant ce qui reste de leur fragile unité familiale sans cesse menacée d'éclatement. Tandis que Vale prend des décisions de plus en plus désespérées, Landyn se réfugie auprès de sa terre et de ses bêtes. Dans une langue à la fois sensible, orale et elliptique, les récits de Landyn et de Vale alternent pour raconter à la fois le Suffolk et la Zambie. Un va-et-vient temporel et géographique remarquablement construit. Midwinter est un roman naturaliste et poétique qui traite de la culpabilité et des occasions perdues, de la relation entre ces deux hommes aussi fragiles que leur quotidien est rude. Un premier roman polyphonique, sombre et magistral.
Ma chronique : 

Quel livre magnifique, j’ai beaucoup aimé me laisser emporter par le récit que Fiona Melrose nous propose. Nous sommes dans un petit village de campagne isolé et glacial du Suffolk. L'histoire d'un père et son fils qui ne se remettent ni l'un ni l'autre d'un événement traumatique vécu il y a une dizaine d'année. La famille Pa, Ma et leur fils Vale, agriculteurs au bord du gouffre quitte l’Angleterre pour tenter d’écrire une nouvelle page dans un nouveau pays. Grace à des mesures gouvernementales, ils vont partir en Zambie apprendre aux africains, leurs techniques agricoles. Malheureusement cela va très mal se terminer puisque Ma sera assassinée et qu’ils retourneront en Angleterre avec cette douleur en eux sans être capable de mettre des mots dessus. Parallèlement à cela Vale et son meilleur ami Thomas quittent le port un soir bien éméchés et rien ne sera plus comme avant. L’alternance des temps et des lieux nous invite à la réflexion de la Zambie au Suffolk notre cœur balance. La symbolique est aussi très présente sous la forme d’une renarde qui apporte un soutien inespéré à Pa quasiment un sens à sa vie. La relation entre ce père et ce fils est faite de  regret, de culpabilité, de non-dits et de souvenirs et puis il y a toute cette douleur qui s’exprime d’autant plus fortement que l’on sent que leur vie est âpre et rude. Une sorte de désespérance que rien ne vient égayer si ce n’est la nature et encore. L’hiver a une place très importante, le froid, la neige et les étendues glacées. L’écriture est splendide quasi poétique par moment  et la description de ces hommes taiseux m’a bien souvent émue.  Alors certes, certain diront qu’il n’y a pas beaucoup d’action et qu’il ne se passe pas grand-chose mais de mon côté j’ai vraiment apprécié cette mélancolie et ce calme. La relation aux animaux est très forte et magnifiquement écrite avec une scène terrible c’était juste ce qu’il fallait pour s’ouvrir aux ressentis des personnages même si cela m’a tiré quelques larmes, l’émotion fait partie du plaisir. C'est fort, puissant et très beau, à éviter quand même si on n'a pas le moral. Bonne lecture.

Citation:

Il y avait un bon bout de chemin à parcourir jusqu’au bois et c’était dur d’avancer dans l’humidité. La campagne était superbe. La moindre feuille était fumante de froid. Des toiles d’araignées avaient gelé, ainsi que chaque brindille et chaque broussaille. Poteaux, charrues et arbres tombés à terre étaient tous recouverts de neige et le ciel promettaient encore. Un troupeau d’oies sauvages a traversé le ciel en route vers chez elles. La lumière du jour allait disparaître sous peu, même s’il faisait encore assez clair pour que je trouve mon chemin. Le froid me râpait la gorge et mon souffle s’est accéléré à cause de l’effort de la marche. Je sentais tous les ennuis de ces derniers jours assis dans mon corps et près d’en partir. Le gel traversait mes grosses chaussures et mes orteils se rétractaient un maximum pour y échapper. Le froid pouvait y entrer comme la moisissure dans une botte de foin. Au début on le remarquait à peine, puis une fois qu’il était installé, c’était trop tard. Rien à faire pour l’éliminer. Il n’y avait que de l’acier là-haut dans cette brume et ces nuages, je le savais.

 
quai voltaire

la litote

 

 

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