Absolution
Je remercie les Editions de la Table ronde
Collection Quai voltaire pour cette nouvelle lecture.
-
- Traduction (Anglais) : Cécile Arnaud
Alice McDermott
Un mot de l'autrice
Alice McDermott est née à Brooklyn en 1953. Ses nouvelles ont notamment été publiées dans le New York Times, le New Yorker et le Washington Post. Elle est l’auteur de huit romans, dont cinq ont paru à Quai Voltaire. Elle vit près de Washington et occupe la chaire de littérature de l’université John Hopkins. Finaliste du Kirkus Prize et du National Book Critics Circle Award, La Neuvième Heure figure en 2017 parmi les meilleurs romans de l’année de la New York Times Book Review, du Wall Street journal de Time magazine et du Washington Post.
/image%2F0405240%2F20240702%2Fob_b3655d_capture-d-ecran-2024-07-02-155400.jpg)
Soixante ans plus tard, Patricia, désormais veuve, raconte à Rainey cette période si particulière de sa vie dans une longue lettre aux allures de confession et de réflexion sur le rôle des femmes expatriées pendant la guerre, alors qu’à l’époque son unique préoccupation était de fonder une famille à l’image de celle de son amie.
C’est une fois de plus par le détail et l’attention portée à la vie intérieure d’une femme qu’Alice McDermott saisit les enjeux de la mémoire, et accompagne son héroïne dans sa quête d’absolution.
/image%2F0405240%2F20240702%2Fob_a441fd_cover-1.jpg)
L'histoire, située en 1963, suit deux femmes américaines, Tricia et Charlene, confrontées aux bouleversements sociopolitiques de Saigon au début de la guerre du Vietnam. McDermott explore l'impact de la guerre sur leur vie et l’ambiguïté morale qui en découle à travers leurs interactions et luttes personnelles. Les personnages se débattent avec leur propre sens du bien et du mal, souvent confrontés à des frontières floues entre ces notions. Le Saigon des années 1960 sert de toile de fond riche, mettant en lumière le choc des cultures et l'impact de l'intervention américaine. McDermott peint un tableau vivant de la ville et de ses habitants, capturant la tension et l'incertitude de l'époque.
Le récit se concentre sur les expériences de Tricia et Charlene dans un pays étranger pendant une période tumultueuse, offrant une perspective unique. Leurs histoires personnelles reflètent les changements sociétaux et les défis auxquels les femmes étaient confrontées à cette époque. McDermott aborde avec sensibilité des sujets difficiles, je pense notamment à une scène poignante de fausse couche.
Tricia incarne la loyauté, l'amour et les conflits internes lorsque les valeurs personnelles sont confrontées aux réalités brutales de la guerre. Charlene, quant à elle, symbolise la quête de compréhension et le désir humain de trouver un sens au milieu du chaos. Les deux personnages, riches en profondeur et humanité, évitent les stéréotypes de « dames patronnesses ».
Le récit est structuré autour de lettres échangées des décennies plus tard entre Tricia et Rainey, la fille de Charlene. Cette correspondance permet à Tricia de réfléchir sur ses expériences et l'impact de son séjour à Saigon. Le titre suggère une exploration de la culpabilité et du besoin de pardon, les personnages cherchant l'absolution de leurs actions passées. Ce roman magnifiquement écrit offre une réflexion profonde sur la nature humaine et la quête de rédemption. Bonne lecture.


/image%2F0405240%2F20240727%2Fob_4451af_121311065.png)


























