Hurlements
Je remercie les Editions Sonatine pour ce partenariat.
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Alma Katsu
Alma Katsu est née à Fairbanks, en Alaska, et vit aujourd'hui dans
les montagnes de Virginie-Occidentale. Elle est l'autrice de trois récits
d'horreur, tous nommés au Bram Stoker Award. Hurlements est son premier roman à paraître chez Sonatine Éditions.
Trop tard pour faire demi-tour...
Connaissez-vous l’expédition Donner ? C’est le nom donné à un convoi de 87 pionniers américains partis rejoindre la Californie pendant la fièvre de l’Ouest. À leur arrivée, ils n’étaient plus que 47. Comment la moitié du groupe a-t-elle disparu ? Plus important encore, comment l’autre moitié a-t-elle survécu ? En s’emparant de cette histoire vraie, Alma Katsu délivre un récit d’horreur jubilatoire, où l’appréhension imprègne peu à peu le réel jusqu’à basculer dans l’angoisse la plus parfaite.
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Ma chronique :
Hurlements réinvente, l’histoire tragique de l’expédition Donner en y ajoutant une dimension surnaturelle et horrifique qui intensifie le drame. L’auteure mêle habilement faits historiques et fiction, ce qui crée un climat à la fois oppressant et intrigant. La menace invisible qui plane sur les membres du convoi devient centrale, et j’ai ressenti cette incertitude omniprésente tout au long du récit.
Au cœur de cette histoire, il y a Tamsen Donner, un personnage aussi mystérieux qu’envoûtant. Elle est soupçonnée par les autres d'être une sorcière, et très vite, elle devient le centre de toutes les suspicions, perçue comme la source des malheurs qui s’abattent sur l’expédition. Entre les rations qui s’épuisent, les querelles qui explosent, et la disparition inquiétante de plusieurs membres du groupe, je me suis retrouvée plongée dans une angoisse latente. J’ai senti les pionniers pris au piège entre les conditions climatiques extrêmes et la peur d’une présence maléfique qui semble les traquer dans l’ombre.
Ce qui m’a le plus marquée, c’est la manière dont le roman distille l’horreur de façon progressive. Il instaure un climat de tension où l’on se demande si le danger viendra de l’intérieur ou de l’extérieur du groupe. Les épreuves qu’ils traversent m’ont paru aussi bien physiques que psychologiques : les chaleurs accablantes, les neiges qui emprisonnent bêtes et hommes, et surtout cette faim dévorante. Plus les disparitions et les présages sinistres se multiplient, plus l’angoisse m’a semblé monter crescendo, enveloppant les personnages dans une atmosphère d’effroi omniprésent.
Le dénouement m'a semblé trop rapide et condensé, il atténue l'impact émotionnel et réduit des semaines de souffrance à quelques pages. De plus, l’explication surnaturelle, trop détaillée, affaiblit le mystère soigneusement construit tout au long du récit. Malgré cela, Hurlements reste, à mes yeux, une relecture glaçante et originale de cet épisode sombre de l’histoire américaine. Il capture parfaitement la terreur que peut inspirer une nature hostile et met en lumière la fragilité humaine face à l'inconnu.
Citations :
Les femmes se devaient de toujours sourire, un art dans lequel Tamsen excellait au point de parfois s'en inquiéter.
Tamsen Donner contemplait la longue ligne de chariots s’étendre sur la plaine jusqu’à disparaître. Celui qui avait eu l’idée d’appeler ces chariots des « goélettes des prairies » avait l’esprit fin. Les bâches ressemblaient à des voiles de navires, éclatantes de blancheur sous la clarté matinale. On aurait pu prendre les épais nuages de poussière soulevés par les roues des chariots pour des vagues qui ondoyaient sous les bateaux miniatures, toutes voiles dehors sur une mer désertique.
– Je crois que vous ne m’avez pas écouté, madame.
Je ne crois pas aux monstres, dit Stanton. Seulement aux hommes qui se comportent comme eux.
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