Surfacing
Je remercie les Editions Héloïse d'Ormesson pour l'envoi de cette nouvelle lecture.
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Clea Koff
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2003, Los Angeles. Un corps est retrouvé lors d'un chantier sur le campus de l'Université de Los Angeles. Craignant qu'il s'agisse de fragments archéologiques liés à un rituel Native American, le directeur fait appel à l'agence 32/1 : la séduisante Jayne Hall et sa meilleure amie Steelie Lander. Cette agence st spécialisée dans l'identification des cadavres et plus particulièrement des victimes de génocides. Tout à la fois médecins légistes, anthropologues et enquêtrices, les deux amies gardent de leurs missions au Kosovo et au Rwanda un souvenir brûlant.
Pourtant, le corps du jeune étudiant, en réalité mort il y a moins de deux ans, n'a rien d'un vestige. Eric Ramos et Scott Houston, du FBI, vont être cosaisis – c'est alors qu'un second cadavre est découvert.
Joignant leurs forces, les deux équipes se mettent sur la trace d'un tueur dont l'obsession pour la " pureté de la race " l'a entraîné dans une spirale de théories conspirationnistes fatale. Jayne Hall se va se retrouver dans la ligne de mire d'un assassin.
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Ma chronique :
J'apprécie particulièrement lorsqu'un thriller transcende les conventions du genre en ajoutant une dimension plus profonde. Dans Surfacing, l’anthropologie forensique et les thèmes sociaux tels que l’identité et les dérives idéologiques m’ont vraiment captivée. L’utilisation par l’auteure de ses propres expériences professionnelles pour enrichir l’intrigue m'intéresse particulièrement. Ce réalisme permet une immersion dans un domaine peu connu, ajoutant ainsi une authenticité à l’histoire. Le personnage central, Jayne Hall, qui ressemble à un alter ego de l’auteure, est une anthropologue judiciaire marquée par ses missions sur les charniers du Kosovo et du Rwanda pour le Tribunal Pénal International. Le roman débute avec la découverte du squelette d’un jeune homme sur le campus de l’Université de Los Angeles en 2003. L’enquête aborde des questions sociales complexes, notamment le métissage et les dérives idéologiques. L'intrigue s'articule autour d'un tueur dont l'idéologie extrémiste devient le catalyseur d'une réflexion plus large sur les problèmes sociétaux contemporains. Au-delà d'une simple enquête criminelle, le récit explore les ramifications des théories du complot et du suprémacisme racial dans notre société. La quête meurtrière du criminel, motivée par une conception déformée de la "pureté raciale", sert de prisme pour examiner les courants idéologiques radicaux qui gangrènent certains segments de la population. Cette trame narrative permet à L'auteure d'aborder des sujets d'une troublante actualité tout en maintenant la tension propre au thriller. Les personnages sont bien construits, et la psychologie de Jayne en fait une figure complexe, à la fois forte et vulnérable. J'ai été fascinée par cette exploration d'un domaine peu connu, tout en étant invitée à réfléchir aux questions d’actualité soulevées. Surfacing n’est pas qu’un simple divertissement, c’est une œuvre qui éclaire les zones d’ombre de notre société et m'a tenue en haleine jusqu’à la dernière page. Un incontournable pour ceux qui, comme moi, recherchent rigueur scientifique, émotion et authenticité. Bonne lecture.
Citations :
- Les deux étudiants qui ont disparu du club sont ceux dont les noms n'ont pas de consonance ethnique.
Steelie la corrigea immédiatement:
- Ils ont une consonance ethnique, mais probablement européenne.
- On ne peut pas utiliser le mot « ethnique » au sens où tout le monde I'utilise: pour signifier « non-Blanc »?
Steelie fronça le nez et Jayne sourit. Elle connaissait déjà la suite.
- Au mieux, cet usage prive les Blancs de leurs ancêtres, répondit Steelie. Au pire, c'est une extension linguistique de l'hégémonie de la blancheur comme fondement de la personnalité.
En réalité, en tant qu'anthropologue, je ne peux pas utiliser « ethnique » pour signifier « non-Blanc ».
Des restes humains. Il y avait eu d'autres moments de silence comme celui-ci, avant ou après avoir creusé, et qu'importe le pays. Ils avaient tous la même épaisseur, les sépultures transcendant la géographie et les frontières: partout dans le monde, les morts ne parlaient qu'un seul et même langage. D'un geste de la main, elle voulut chasser les mouches.
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