Beback
Je remercie les Éditions Rivages
pour l'envoi de cette nouvelle lecture.
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Danielle Thiéry
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Danielle Thiéry s’essaie à la série New York Made in France avec un roman situé dans le quartier du Madison Square Garden.
France, 2009. Dans un petit village de Bourgogne, Diane, ex-flic et autrice de polar, assiste aux obsèques de son père Gus, fruit des amours illégitimes d’une jeune paysanne et d’un « Sammy », un soldat américain. Après la cérémonie, elle aperçoit une voiture garée devant le cimetière toutes portières ouvertes, puis découvre le corps du gardien empalé sur une des grilles. Alors qu’elle remonte dans sa voiture pour appeler la police, elle trouve une fillette cachée entre les sièges ! L’enfant ne dit que quelques mots d’anglais. L’ancienne flic va se retrouver mêlée à une enquête qui la touchera de près et l’emmènera jusqu’à New York.
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Dès les premières pages de Beback, j’ai su que je tenais là un polar à part. Danielle Thiéry, fidèle à son art, mêle enquête policière, drame intime et mémoire familiale dans un roman aussi haletant qu’émouvant. Diane, ex-flic devenue autrice, revient dans son village natal de Bourgogne pour enterrer son père, fils illégitime d’un soldat américain et d’une paysanne. Elle pensait clore un chapitre de sa vie, mais rien ne se passe comme prévu. Elle va surtout ouvrir une boîte de Pandore.
Très vite, l’ambiance tourne à l’étrange : un meurtre brutal, un corps empalé sur une grille, et surtout cette fillette cachée dans la voiture de Diane. Une enfant mutique, qui ne parle que quelques mots d’anglais, au regard fuyant mais aux gestes étonnamment assurés… de boxeuse. Et là, tout bascule. Avec Hanna, l’histoire prend une profondeur inattendue. À ses côtés, Diane reprend malgré elle son rôle d’enquêtrice. Dès lors , les indices mènent à Paris, puis à New York, sur les traces d’une parentèle enfouie, marquée par la boxe, les silences familiaux et des liens troubles avec la mafia.
Mais ce qui m’a le plus touché, c’est le passage situé en 1918. Cette incursion dans la Grande Guerre, dans la vie brisée d’une jeune femme et de son "Sammy" de passage, donne au roman une profondeur rare. Elle éclaire le présent de Diane, lui donne du poids, de la douleur et de la vérité.
Hanna, avec ses blessures d’enfant abandonnée, incarne à merveille ce thème cher à l’autrice. Et comme toujours, Danielle Thiéry fait preuve d’une précision remarquable dans l’authenticité des scènes d’enquête – normal, me direz-vous, quand on sait que l’autrice a été commissaire. Le rythme est maîtrisé, les personnages vibrants, l’intrigue solidement charpentée.
Beback n’est pas seulement un polar efficace : c’est un roman profondément humain, une quête d’identité bouleversante. Une enquête comme un crochet en pleine mâchoire : rapide, brutale, et qui laisse des traces. À lire, à ressentir, bonne lecture !
Louise… Le prénom roule sur sa langue, glisse dans sa gorge, l’emplit tout entier. Il n’a pas eu le temps de lui dire son nom : John, John Capitano. Elle l’appelait Bibac, sans doute parce que, chaque fois qu’il la quittait pour rejoindre le camp, il répétait « I’ll be back » comme un mantra pour qu’elle comprenne qu’il reviendrait. Et là, il ne sait pas comment faire pour qu’elle sache qu’il l’aime et qu’il n’est pas un salaud. Il faut qu’il trouve le moyen de lui envoyer une lettre.
Il tressaille, comme frappé en plein cœur.
Louise ! Il ne connaît même pas son nom de famille.

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