Clete
Je remercie les Éditions Rivages pour l'envoi de ce nouveau titre.
Christophe Mercier (Traducteur)
James Lee Burke
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Pour la première fois, l’ami et ancien coéquipier de Dave Robicheaux tient le premier rôle. L’incontrôlable Clete Purcel retrouve sa Cadillac pillée par un gang lié au trafic de drogue. Il se sent personnellement atteint car sa petite nièce est morte d’une overdose de fentanyl. Il va partir en croisade avec son fidèle ami Robicheaux et mettre au jour une affaire autrement plus complexe et dangereuse.
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Ma chronique :
Avec Clete, James Lee Burke déplace le projecteur pour offrir à son éternel second rôle une pleine lumière. Clete Purcel, l’ex-flic impulsif, l’ami fidèle de Dave Robicheaux, devient ici le narrateur d’une intrigue haletante, sombre et rocambolesque. Nous sommes en Louisiane, à la fin des années quatre-vingt-dix, et le bayou est infesté de crapules, de mafieux, et de fantômes intérieurs.
Lorsque des truands prennent Clete pour cible, persuadés qu’il détient un mystérieux colis, l’homme vacille mais ne cède pas. Hallucinations, crises de culpabilité, accès de violence… Clete traverse le chaos comme il peut, aidé par son vieux complice Dave Robicheaux, toujours solide, même s’il reste un peu en retrait cette fois. Ce duo improbable, vétérans du Vietnam et âmes cabossées, affronte un monde à la dérive avec leur propre code d’honneur.
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est ce ton brut, rugueux, presque désarmant. Burke adopte la voix intérieure de Clete avec brio : moins réfléchi que Dave, plus instinctif, plus chaotique, mais terriblement humain. On rit, on grimace, on compatit. Et on sent que derrière la testostérone et les flingues, il y a surtout des hommes qui luttent pour ne pas sombrer.
L’auteur sublime encore ses décors du Sud, moites, colorés, trempés de bourbon et de soleil, mais c’est surtout son audace narrative qui m’a séduite. Il fallait oser donner les clés du récit à ce personnage borderline, parfois pathétique, souvent touchant.
Burke reste Burke : du polar littéraire haut de gamme, un parfum de fin du monde, et toujours cette tension entre le Bien et le Mal. Ce roman est un bel hommage à l’amitié, à la loyauté et à la complexité des âmes cabossées. Une lecture dense, immersive, qui vous colle à la peau bien après la dernière page.
Citations :
La Louisiane du Sud est paradisiaque, tant qu'on garde un œil fermé et qu'on ne s'attarde pas sur la corruption qui ,ici, est un mode de vie.
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C'est ce qui arrive quand on a été flic trop longtemps. Le monde entier se transforme en toilettes.
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