Cache-cache
Je remercie les Editions Albin Michel pour l'envoi de cette nouvelle lecture.
Søren Sveistrup
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Un, deux, on va jouer à un jeu
Tout commence par une innocente comptine que chantent les enfants lorsqu’ils jouent à cache-cache...
Trois quatre, je vais te battre comme plâtre
Pour soudain tourner au cauchemar...
Cinq, six, il faut que le jeu finisse.
Et réveiller le souvenir d’un passé sanglant.
Après Octobre, le maître du thriller danois Søren Sveistrup revient avec un scénario fracassant qui confronte le duo d’enquêteurs Mark Hess et Naia Thulin à l’une des affaires les plus complexes et les plus glaçantes de leur carrière.
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Ma chronique :
Un drame oublié refait surface. En 1992, lors d’une sortie scolaire, un enfant découvre un corps au détour d’un jeu de cache-cache. Des années plus tard, au Danemark, une série de meurtres réveille ce souvenir enfoui. Chaque victime reçoit d’abord des photos d’elle, puis des messages étranges inspirés d’une comptine. Avant de disparaître.
Parmi ces affaires, celle de Caroline, la fille de Marie Holt, tuée deux ans plus tôt dans des circonstances similaires. Harcelée par un inconnu, la jeune femme n’avait jamais obtenu justice. Quand un nouveau meurtre survient, la peur et l’espoir se mêlent à nouveau.
J’ai retrouvé avec plaisir les inspecteurs Naia Thulin et Mark Hess, déjà présents dans Octobre. Leur duo, toujours juste et complémentaire, se reforme au cœur d’une intrigue sombre, mais somme toute assez classique. Le tueur en série, les indices épars, les traumas du passé : tous les codes du thriller nordique sont là, bien orchestrés, mais sans véritable surprise.
Au-delà du suspense, Cache-cache explore aussi la peur intime d’être observé et traqué jusque dans son quotidien. Les photos reçues à son insu, les messages intrusifs, créent une angoisse moderne, presque universelle. J’ai trouvé cette idée du harcèlement particulièrement frappante : derrière la mécanique du thriller, Sveistrup touche à la vulnérabilité humaine.
Le style reste efficace, la lecture fluide, les chapitres courts. Pourtant, les 700 pages se ressentent. Le rythme s’alourdit au fil des redites : les victimes se succèdent selon un schéma identique (photo, message, disparition), pour moi, la mécanique finit par tourner à vide.
C’est seulement dans les cinquante dernières pages que le roman retrouve sa force. Là, tout s’accélère. La résolution, haletante, bien menée, vient redonner du souffle à l’ensemble. J’ai refermé le livre avec un mélange de lassitude et de satisfaction. Cache-cache est un polar solide, parfois long, souvent redondant, mais sauvé par une fin percutante.
Citation:
Les policiers sont constamment sollicités et parfois dépassés par de nouvelles affaires pendant que les cold cases prennent la poussière dans l'attente d'un miracle, jusqu'à n'être plus qu'un chiffre dans des statistiques déprimantes.
Elle colle le visage à la fenêtre et regarde dehors. D'abord, elle ne voit rien, puis elle voit scintiller derrière la vitre la lame de la hache qui s'abat sur son visage.
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