de Matt Dixon

 

Illustrateur et artiste conceptuel indépendant, il passe ses journées à jongler entre crayons, pinceaux et stylo — une passion qui l’accompagne depuis toujours. Enfant, dès 1980, il créait ses premières images en ASCII sur son Commodore VIC-20. Depuis, il n’a jamais cessé d’explorer le numérique.

Sa carrière a véritablement décollé en 1988, quand il signe ses premières illustrations pour un jeu vidéo. Il a ensuite travaillé plus de dix ans comme artiste senior dans l’un des plus grands studios indépendants britanniques, sur des licences mythiques : Disney, Pirates des Caraïbes, Spyro the Dragon, Crash Bandicoot ou encore Harry Potter.

Depuis 2007, Matt est freelance et accompagne éditeurs et studios dans leurs projets d’illustration et de concept design, aussi bien pour le papier que pour le numérique.

 

 

 

Présentation de l'éditeur

 

Les robots de Matt Dixon ne sont pas de simples machines. Dès la première image, ils captent notre regard et suscitent une empathie immédiate. Leur silhouette parfois cabossée, leurs grands yeux ronds et naïfs, et leur démarche hésitante ou rêveuse composent un langage universel, celui des émotions humaines.

Page après page, Dixon joue avec la tendresse, la nostalgie et la lumière, créant des scènes qui oscillent entre le familier et l’étrange, le quotidien et l‛inattendu. Ses robots évoluent dans des paysages tantôt baignés d‛une douce mélancolie, tantôt traversés d’éclats d’émerveillement.
Leur monde n’est jamais figé : il invite à la contemplation autant qu’à l’imaginaire. On les suit dans leurs errances romantiques, on s’attendrit de leurs maladresses, et bientôt on se surprend à reconnaître dans leurs gestes nos propres élans, nos doutes et nos joies. Car, derrière le métal et les boulons, Dixon nous tend un miroir discret mais bouleversant : ce robot... c’est nous.

 

 

Ma chronique :

 

Quel ouvrage singulier, à la fois poétique et empreint d’une douce nostalgie. Dans cet univers silencieux, peuplé uniquement de machines, toute présence humaine semble avoir disparu. Est-ce un monde post-apocalyptique ? Rien n’est affirmé, mais tout le suggère. Quelques objets abandonnés, de rares traces de vie, et surtout une impression persistante de solitude.

Cet album sans texte déroute autant qu’il fascine. J’ai été surprise par cette absence totale de narration traditionnelle. Contrairement à beaucoup d’ouvrages du même genre, il ne suit pas de structure classique. Il ne raconte pas vraiment une histoire, mais propose plutôt une suite d’images, comme une galerie, où chaque robot exprime une émotion différente. Une courte bande dessinée ouvre le livre, puis viennent des planches pleines, presque contemplatives, comme autant de tableaux à observer.

Ces robots, avec leurs formes rondes, leurs yeux simples et expressifs, dégagent une innocence touchante. Derrière leur apparente simplicité se cache une profonde humanité. Ils errent, explorent, cherchent. Dans l’une des premières scènes, un petit robot tente d’interagir avec son environnement inerte avant de trouver un arbre, qu’il enlace comme une évidence. Ce geste, à lui seul, m’a particulièrement émue. Il évoque notre lien fondamental à la nature, refuge ultime dans un monde vidé de chaleur.

La force de ce livre réside aussi dans ce qu’il demande au lecteur. Sans texte pour guider la compréhension, chacun construit son interprétation. J’ai aimé cette liberté, cette invitation à ralentir et à vraiment regarder. Elle en fait un support précieux pour les jeunes lecteurs comme pour les adultes.

Au-delà de sa douceur visuelle, Robots interroge notre époque. Dans un monde saturé de technologies et de connexions, Dixon met en lumière une solitude diffuse, presque invisible. Ses créatures de métal deviennent alors le miroir discret de nos propres existences. Un ouvrage sensible et atypique, qui invite à observer, ressentir et réfléchir.