La Maison noire
Je remercie les Editions Belfond pour ce partenariat.
Yusuke Kishi
Toujours plus sombre, toujours plus dérangeant, toujours plus culte ! Après La Leçon du mal, une nouvelle plongée horrifique et jubilatoire dans les méandres de la psyché humaine, avec en arrière-plan une vision acide de la société japonaise.
Dans le cabinet d'assurances où il travaille, Shinji Wakatsuki fait figure d'employé modèle. Méticuleux, rigoureux, il traque sans relâche les incohérences dans les avis de décès. Car Wakatsuki le sait : nombre d'assurés sont prêts à faire de fausses déclarations pour obtenir un dédommagement.
Jusqu'au jour où un certain Komoda le sollicite pour un constat dans sa maison.
Sur place, le choc. Le corps d'un enfant de douze ans se balance au bout d'une corde. Suicide ? L'instinct de Wakatsuki lui dicte qu'il s'est passé autre chose dans cette demeure lugubre où flotte l'odeur de la mort.
Wakatsuki n'a jamais laissé un dossier sans réponse. Mais celui-ci pourrait bien le mener aux confins de la noirceur de l'âme humaine...
Ma chronique :
C'est mon premier livre de cet auteur et j'ai adoré avoir peur. Plus qu'un simple roman policier c'est un roman d'épouvante qui se déroule sous nos yeux ahuris. Shinji Wakatsuki travaille pour une grosse compagnie d'assurances. Il doit se rendre chez un client qui a expressément demandé à le rencontrer. En arrivant, il découvre le lieu sombre et malodorant où vit son client Monsieur Komoda. En entrant dans la maison noire, il sera le premier à découvrir « accidentellement » le corps pendu du fils de la maison. Bientôt la famille Komoda vient réclamer la prime de décès pour ce « suicide ». Wakatsuki est persuadé qu'il s'agit d'un meurtre pour toucher l'argent de l'assurance, mais comment le prouver ? Son enquête commence le menant tout droit en enfer. Le début est une lente combustion, mais peu à peu la tension s'installe et le cauchemar commence. Personne ne peut imaginer ce qui va advenir de Wakatsuki , un suspense affolant s'exerce sur vous, vous clouant au fauteuil.J'ai apprécié d'en apprendre plus sur l'enfance du personnage de Wakatsuki avec son propre rapport au suicide, son mal-être, sa culpabilité qui l'empêche d'être heureux avec sa petite amie. L'atmosphère glauque et éprouvante est bien rendue, l'inquiétude s'empare du lecteur pour ne plus jamais le lâcher. L'auteur possède un style direct et acéré pour développer les aspects psychologiques des différents personnages. En tant que française j'étais aussi intriguée par le rapport au travail s’exerçant dans cette compagnie d'assurances et j'aurai voulu lire le fameux livre regroupant toutes les arnaques à l'assurance, il y en a des corsées. Vous l'aurez compris j'ai passé un excellent moment de lecture même si je me suis sentie malmenée par un scénario incroyablement choquant et horrifique. Bonne lecture.
Citations :
D'après lui, les crimes liés aux assurances étaient très typiques des psychopathes.
Aux yeux de Wakatsuki, certains arguments pour soutenir cette théorie ne manquaient pas de bon sens. A la différence d'un crime opportuniste ou passionnel, le crime aux assurances demandait d'élaborer froidement un plan minitieux, de conserver l'intention de tuer sur une période longue, de dissimuler ses projets à son entourage...
De plus, ces crimes devaient obligatoirement prendre pour cible des personnes de la famille même du criminel...
Le plus grand danger pour la société, ce ne sont pas ceux qui souffrent de troubles mentaux évidents, mais bien eux, ceux qui voient le monde à l'aune de leur propre noirceur.































