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Je remercie les Editions Les Arènes pour l'envoi de cette nouvelle lecture.

Patrick Delperdange

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Biographie

Patrick Delperdange est né en 1960. Il vit et travaille à Bruxelles. Il est l'auteur de Coup de froid, un roman noir paru chez Actes Sud, ainsi que de Chants des gorges, publié en 2005 par Sabine Wespieser Éditeur, roman qui a remporté le Prix Rossel, prix littéraire le plus important de Belgique francophone.
Il a également publié plusieurs ouvrages en littérature jeunesse (la trilogie L'œil du Milieu et Ishango chez Nathan, Julien d'Ombres chez Gallimard, Comme une Bombe et Tombé des nues chez Mijade). Patrick Delperdange est par ailleurs scénariste de bande dessinée. 
Dernier ouvrage paru : Si tous les dieux nous abandonnent, Série Noire, Gallimard, 2016.
Pour en savoir un peu plus :
http://patrickdelperdange.be

 

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Présentation de l'éditeur

Un roman noir rural dans la lignée des grands maîtres américains.

 

Assise sur une chaise en plastique, au bord de la chaussée, Lila attend le client. Quand Julien, fils de bonne famille, débarque avec ses amis elle comprend que les choses vont mal tourner. Sam et Danny traversent la campagne à la recherche d’un refuge. Ils ont quitté le foyer qui hébergeait Danny,  après ce que ce dernier a fait au gars qui l’importunait. Sans doute ce pays est-il maudit. Une odeur âcre monte des champs abandonnés. Des  bêtes sortent des bois, guettant leurs proies. Les enfants renient leurs parents. Ces pauvres âmes, c’est nous. Des chiens errants en quête d’éternité, pleins de lâcheté et de courage.

 

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Ma Chronique : 

 

Patrick Delperdange nous propose un polar rural et plus précisément un polar noir rural. Les vies de plusieurs personnages vont venir se télescoper de manière plus où moins brutale, à ce contact ils rencontreront le personnage le plus attachant à mon goût, le seul à porter autre chose que de la noirceur en lui, le jeune Danny, demi-frère de Sam le manchot à peine échappé du dernier foyer pour SDF. Il y a Lila prostituée et sa fille Cassandre, un groupe de fils à papa tordu et pervers, un paysan du cru violent et barjo, des vieux qui veulent se substituer aux forces de l’ordre et deux flics pourris et incompétents, tout cela mis bout à bout commence à faire un sacré charivari.

J’ai lu ce livre d’une traite et je ne me suis a aucun moment ennuyée, bien au contraire malgré les situations désespérées, j’ai trouvé la force et la volonté des personnages admirables. La situation décrite est infernale et très noire mais Lila, Sam et Danny n’ont pas l’air désespéré, ils ont une belle énergie autant dans l’acceptation du destin qui s’acharne sur eux que dans la façon qu’ils ont trouvé  d’y répondre en prenant leur destin à bras le corps. L’écriture  est vive et la plume acérée pour être au plus prêt de ses personnages atypiques. J’ai aussi aimé le décor rural dans lequel se déroule l’intrigue. Rien de plus banal qu’un petit village provincial avec ses fermes abandonnées, sa maison bourgeoise, ses bois dans lesquels tout peut arriver, son église, sa grotte sacrée, bref un petit village tout ce qu’il y a de bien propre sur lui. Pourtant quand la tempête va se déchaîner, on a le sentiment d’un huis-clos dont les personnages sont prisonniers à jamais, personne n’en sort. L’eau, la pluie et la rivière ont une place importante et donnent  à l’ensemble un air d’apocalypse. Comme je vous le disais le personnage de Danny est celui qui donnera au récit toute son humanité et l’espoir que tout n’est pas à jeter dans l’homme. La fin reste ouverte et lorsque la dernière page est venue, j’étais déçue que cela se termine déjà, j’aurai bien continué à cheminer auprès de ces laissés pour compte qui ont su trouver une place dans mon cœur. Bonne lecture.

 

 

Citation : 

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 Ils avancèrent à pas mesurés, Sam en tête, toujours dégoulinant de flotte et de boue, et qui commençait à frissonner sérieusement. Il se préparait à servir un petit discours d’explication à la première personne qui se montrerait. Mais ils n’eurent par à fournir la moindre excuse à qui que ce soit.

Dès qu’ils eurent mis le pied dans la bâtisse, ils comprirent qu’elle n’était plus habitée. Tout au moins par des hommes, car les rats avaient pris possession des lieux. Les rongeurs détalèrent à l’arrivée des deux intrus, à part un gros individu,  qui, moustaches dressés, jeta un regard peu amène à Sam et à Danny, plantés sur le seuil.

 

les arènes

 

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