Je remercie les Editions Denoël pour ce premier partenariat

Collection Sueurs Froides 
Parution : 18-10-2018

Trad. de l'anglais (Australie) par Héloïse Esquié


 

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 Paul Howarth 

 

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Biographie de l'auteur : 

Paul Howarth est né et a grandi en Grande-Bretagne avant de s’installer à Melbourne. Il a vécu en Australie pendant plus de six ans, a obtenu la double citoyenneté en 2012 et vit maintenant à Norwich, au Royaume-Uni, avec sa famille. Il a obtenu une maîtrise du programme de création littéraire de l'Université d'East Anglia en 2015, le cours le plus prestigieux du genre au Royaume-Uni, et a reçu la bourse Malcolm Bradbury.

 

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Présentation de l'éditeur

Australie, Queensland, 1885. Une vague de sécheresse conduit la famille McBride au bord de la ruine. Leur terre est stérile, leur bétail affamé. Lorsque la pluie revient enfin, la famille pense être tirée d'affaire. Mais le destin en a décidé autrement. Un soir en rentrant chez eux, Billy et Tommy, les jeunes fils McBride, découvrent leur famille massacrée. Billy soupçonne immédiatement leur ancien vacher aborigène. Les deux garçons se tournent vers John Sullivan, leur riche et cruel voisin, pour qu'il les aide à retrouver le coupable. Malgré les réticences du jeune Tommy, Sullivan fait appel à la Police aborigène, menée par l'inquiétant inspecteur Edmund Noone. Les frères McBride vont alors être entraînés dans une chasse à l'homme sanguinaire à travers l'outback désertique. Témoin impuissant des ravages que laisse la petite troupe dans son sillage, Tommy ouvrira les yeux sur le vrai visage de la colonisation australienne.

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Ma chronique :

Apprêtez-vous à suivre une histoire fascinante, l’histoire de deux frères  dont la personnalité et le caractère vont se révéler  lors d’un évènement tragique tout cela dans les années 1885 où la sécheresse fait rage dans le Queensland australien.

En découvrant que leurs parents ont été sauvagement assassinés et que leur petite sœur est entre la vie et la mort, Billy (16 ans) et Tommy (14 ans) vont chercher de l’aide auprès de leur voisin le plus proche John Sullivan. Ce grand propriétaire terrien dont leur père ne voulait pas entendre parler, va pourtant les recueillir. Cet homme qui n’a aucun sens moral fait venir une brigade de policiers autochtones menée par l’effrayant Noone pour enquêter et diriger  la chasse à l’homme qui s’annonce.

L’out back australien est aride et sec, ce paysage est parfait comme décor à ce qui va advenir, il forme les gens qui y sont nés, la sécheresse, le feu, les tempêtes de sable qui peuvent ravager les animaux comme les hommes, on sent ici une nature indomptable et rude. Une nature avec laquelle les aborigènes étaient en paix avant que l’homme blanc ne vienne tout détruire sur son passage. On peut faire le parallèle avec le génocide amérindien aux Etats-Unis et celui des aborigènes en Australie, il ne fait pas bon être la cible des envahisseurs et la « dispersion » des peuples autochtones est un thème important abordé dans ce livre. Cependant le personnage central, celui pour lequel votre cœur va battre à l’unisson c’est le jeune Tommy, un jeune garçon droit dans sa tête avec de belles valeurs qui va être amenés à vivre des situations horribles et inhumaines. Si jeune et contraint à grandir brutalement, il connaîtra la culpabilité, le doute mais rien ne l’empêchera de mener sa quête de vérité pour moi  il reste un héros.

Noone est aussi un personnage qui m’a impressionné mais pas pour les mêmes raisons. Il est terriblement noir et possède une faculté unique à sonder le cœur et l’âme des gens, il sera le seul à voir la vrai valeur de Tommy. Il est celui qui commande toutes les exactions et attention aux âmes sensibles car il y a des scènes choquantes. On se demande comment l’avenir radieux de l’Australie à pu se construire sur de tels actes de barbaries génocidaires. Il est rare de trouver des romans abordant ce thème et cette fiction historique est magnifiquement traitée et bien écrite. J’espère que je ne brosse pas un portrait trop noir de cette œuvre car ce qui en ressort c’est le lien très fort d’une famille malgré tout.

 

Citation  : 

quote leftUn homme ne devrait avoir à répondre à personne. Il devrait faire son chemin tout seul dans le monde. Tu comprends ce que je te dis ? Être esclave d’un salaire, c’est pas tellement plus enviable que d’être un Aborigène. Dans les deux cas, on est à la botte d’un autre salopard. L’important, c’est la liberté. Renonce pas à ta liberté, Tommy. À aucun prix. 


 

Ces indigènes, de ce que j’en ai vu, on leur a donné toutes les opportunités, mais ils refusent toujours de changer. Le travail, l’éducation : on a tout fait pour les civiliser, mais ils ont la sauvagerie dans le sang. J’ai même entendu dire qu’ils mangent leurs propres enfants, pour l’amour du ciel. Et pourtant ils sont tout autour de nous, on les fait entrer dans notre maison !

Denoel

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